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Bitcoin suit la liquidité mondiale à 87 %, selon Raoul Pal

8h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Le marché des actifs numériques continue d’alimenter le débat sur les facteurs qui influencent réellement les prix. Pour Raoul Pal, fondateur de Real Vision et ancien gestionnaire de fonds chez Goldman Sachs, la réponse ne se trouve pas dans les annonces ou les fondamentaux traditionnels. Selon lui, Bitcoin évolue principalement au rythme de la liquidité mondiale. Cette analyse, qu’il défend depuis plusieurs mois, s’appuie sur une forte corrélation entre la masse monétaire disponible et les performances des marchés financiers.

Illustration représentant Bitcoin porté par une vague de liquidité mondiale, avec un indicateur de corrélation de 87 % évoqué par Raoul Pal.

En bref

  • Raoul Pal affirme que Bitcoin présente une corrélation de 87 % avec la liquidité mondiale.
  • Selon lui, le Nasdaq affiche une corrélation encore plus forte de 97 % avec les conditions de liquidité.
  • Les analyses de Keyrock montrent un décalage d’environ huit mois entre les émissions de dette américaine et les performances de Bitcoin.
  • Raoul Pal estime que l’expansion des liquidités par les banques centrales reste la principale condition pour atteindre son objectif de 450 000 dollars.
  • Michael Saylor considère également que les flux de capitaux remplacent progressivement le cycle des halvings comme moteur du marché du Bitcoin.

Bitcoin évolue avant tout selon la liquidité mondiale

Raoul Pal affirme depuis plusieurs mois que les conditions de liquidité constituent le principal moteur des marchés financiers. Dans un post diffusé sur X, il explique que Bitcoin présente une corrélation de 87 % avec la liquidité mondiale. Il ajoute que le Nasdaq affiche une corrélation encore plus élevée, à 97 %, ce qui illustre, selon lui, le poids des flux monétaires sur les actifs financiers. Il a écrit :

Le Bitcoin présente une corrélation de 87 % avec la liquidité mondiale. Le Nasdaq affiche une corrélation de 97 %. Cela révèle une réalité dont la plupart des gens ne se rendent jamais compte. Ces actifs ne s’échangent pas réellement en fonction des résultats financiers, de l’actualité ou de l’événement marquant de la semaine. Ils suivent l’évolution de la masse monétaire dans le système.

Raoul Pal, fondateur de Real Vision. Source : X / @RaoulGMI

La liquidité mondiale correspond au volume total d’argent disponible dans le système financier. Les observateurs l’évaluent notamment à partir des bilans des banques centrales, de l’agrégat monétaire M2 mondial et de la progression du crédit bancaire. Pour Raoul Pal, ces éléments influencent davantage les prix que les résultats financiers, les événements médiatiques ou les actualités hebdomadaires.

Cette lecture conduit à considérer les marchés sous un angle macroéconomique. Les mouvements des actifs refléteraient alors principalement l’évolution de la masse monétaire disponible plutôt que des facteurs propres à chaque secteur.

Une thèse renforcée par les travaux de Keyrock

Les analyses de Keyrock vont dans le sens de cette approche, même si elles utilisent une méthodologie différente. Le teneur de marché spécialisé dans les cryptomonnaies a développé un modèle intégrant un décalage d’environ huit mois entre les émissions de bons du Trésor américain et les rendements de Bitcoin.

Pour établir cette relation, Keyrock utilise un indicateur de liquidité nette. Celui-ci correspond au bilan de la Réserve fédérale, auquel sont soustraits les soldes de trésorerie du Trésor ainsi que les opérations de prises en pension. L’objectif consiste à mesurer la part des liquidités qui atteint effectivement les marchés financiers.

Selon cette approche, les effets des injections de liquidités ne se manifestent pas immédiatement. Les variations observées aujourd’hui reflètent souvent des conditions monétaires mises en place plusieurs mois auparavant. Cette temporalité explique pourquoi les mouvements de marché peuvent sembler déconnectés de l’actualité immédiate.

Une position déjà défendue depuis plusieurs mois

Les déclarations récentes de Raoul Pal prolongent une analyse qu’il présentait déjà au mois de mai sur Real Vision. À cette période, il estimait que Bitcoin affichait une corrélation proche de 90 % avec la masse monétaire mondiale.

Il expliquait également que le refinancement cyclique de la dette mondiale oblige les banques centrales à injecter régulièrement de nouvelles liquidités afin d’éviter un risque systémique. Selon lui, ce mécanisme se répéterait environ tous les quatre ans, créant un environnement favorable à l’expansion des bilans des banques centrales.

Cette lecture constitue aussi la base de son objectif de prix de 450 000 dollars pour Bitcoin. Toutefois, il précise que cette projection dépend directement d’une augmentation importante des liquidités mondiales avant la fin de l’année. Sans cette évolution monétaire, son scénario perdrait une partie de son fondement.

Le Nasdaq et les flux de capitaux prennent une place centrale

L’un des chiffres les plus marquants avancés par Raoul Pal concerne la corrélation de 97 % entre le Nasdaq et la liquidité mondiale. Une telle proximité suggère que les grandes valeurs technologiques et Bitcoin réagiraient aujourd’hui aux mêmes conditions macroéconomiques plutôt qu’à des catalyseurs spécifiques.

Cette analyse remet en question l’idée selon laquelle le marché dépend principalement des cycles de halving, de la rareté de l’offre ou encore des annonces liées à l’adoption des cryptomonnaies. Dans cette perspective, les flux de capitaux deviendraient progressivement le principal moteur des performances.

Michael Saylor partage une lecture comparable. Le président exécutif de Strategy estime que le cycle traditionnel de quatre ans lié aux halvings n’est plus le modèle dominant. Il considère désormais que les entrées de capitaux dans les ETF, l’accumulation par les trésoreries d’entreprise, les réserves souveraines et les conditions de liquidité mondiales jouent un rôle plus déterminant. Selon lui, au cours de la prochaine décennie, la trajectoire de Bitcoin dépendra davantage des flux de capitaux que du rythme d’émission des mineurs.

Les données présentées par Raoul Pal restent néanmoins incomplètes sur le plan méthodologique. Il ne publie ni l’ensemble des données utilisées ni les calculs détaillés permettant de vérifier ces corrélations. De leur côté, les travaux de Keyrock montrent également que la relation entre le BTC et la liquidité mondiale varie au fil du temps et présente un décalage important. Les prochains mois permettront donc d’observer si l’évolution des bilans des banques centrales confirme ou non cette lecture macroéconomique des marchés.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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