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BMC : « Le Bitcoin (BTC) utilise 60 % d'énergie renouvelable »

ven 21 Oct 2022 ▪ 20h00 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le Bitcoin Mining Council regroupe 51 mineurs représentants 45 % de la puissance de calcul du réseau Bitcoin. Résumé de son dernier rapport trimestriel.

mining btc

Le mining de BTC : 60 % d’énergie renouvelable

Le rapport du BMC souligne que le Bitcoin « utilise une quantité insignifiante de l’énergie mondiale (0,16 %) ». Sa part dans les émissions de CO2 est encore plus négligeable (0,10 %). La raison étant que l’électricité utilisée par les mineurs de BTC provient à près de 60 % d’énergie renouvelable.

La puissance de calcul allouée à la sécurisation du réseau Bitcoin s’est envolée de 73 % d’une année sur l’autre. Cependant, sa consommation d’énergie n’a augmenté que de 41 %.

Cet écart s’explique par une augmentation de 23 % de l’efficience énergétique des machines de mining. La « loi » de Moore prédit en effet que la densité de transistors dans microprocesseurs double tous les deux ans grâce aux progrès technologiques.

Les machines de mining utilisent aujourd’hui des puces en 5 nm et, d’ici à 2027, des puces en 1.4 nm si l’on en croit le leader mondial TSMC.

La « loi » de Moore et le fait que la récompense versée aux mineurs soit réduite de moitié tous les quatre ans (halving) freinent considérablement la consommation d’énergie du bitcoin.

Ce qui nous permet de dire en passant que la sécurité du réseau Bitcoin ne dépend pas seulement de la quantité d’énergie injectée. Elle est aussi fonction des avancées technologiques des semi-conducteurs servant à générer des hash (Proof-of-Work).

Si bien que le BMC estime que la quantité d’électricité requise pour maintenir le niveau de sécurité actuel du réseau Bitcoin sera divisée par 24 d’ici à huit ans.

Évidemment, si la valeur du bitcoin est multipliée par 24 dans le même temps, la consommation d’électricité stagnera. En effet, plus le BTC s’apprécie et plus il devient profitable de brancher davantage de machines.

Au vu de ces chiffres, nous sommes très loin de faire « bouillir les océans ». Sans parler du fait que le Bitcoin est la meilleure technologie pour éteindre les torchères de méthane et ainsi participer à la lutte contre le réchauffement climatique. Plus d’informations ICI.

Par ailleurs, le mineur Ben Gagnon a souligné durant la présentation du rapport que l’efficacité énergétique des machines augmentera de 40 % ce trimestre. Les nouveaux antiminers S19 XP arborent une efficacité énergétique de 21.5 watts par Terahash, contre 29.5 W/Th pour son prédécesseur S19 Pro.

Le BMC n’a pas manqué de remarquer que l’ethereum vient d’abandonner la course au hashrate et que le Bitcoin fait désormais la course en tête. La puissance de calcul combinée de Google, Amazon et Azure représente moins de 1 % de celle des mineurs de bitcoins (qui utilisent des ASIC |Application-Specific Integrated Circuit| spécialement dédiés à l’algorithme SHA-256).

Le bitcoin stabilise les réseaux électriques

Ce rapport trimestriel fut complété par une présentation de Romain Nouzareth sur l’utilité du mining de bitcoins pour solidifier des réseaux électriques.

Le grand challenge des énergéticiens est de pouvoir encaisser les pics de consommation. Ces derniers les obligent à maintenir de nombreuses centrales électriques économiquement non rentables, mais nécessaires pour éviter le blackout lors des pics.

Dit autrement, la demande d’électricité n’est pas constante au cours du temps. À l’échelle quotidienne, les pics de consommation ont lieu en début de matinée et en soirée. L’explication est simple : ces moments sont ceux pendant lesquels les gens sont chez eux.

Le weekend est moins gourmand en énergie puisque les industries tournent généralement au ralenti. À cela s’ajoute le facteur climatique responsable de pointes saisonnières. En hiver (chauffage), mais aussi l’été pendant des périodes caniculaires (climatisation).

Romain Nouzareth explique :

« Nous sommes la seule industrie numérique au monde qui peut arrêter de consommer de l’électricité sur demande. Ce n’est pas le cas des data centers de Google ou d’Amazon qui doivent fonctionner en permanence.

Par exemple, au Québec, où nous exploitons 20 mégawatts d’énergie, nous arrêtons nos machines principalement durant les pics hivernaux. Lorsque la population a besoin de se chauffer parce qu’il fait froid, l’énergéticien peut nous demander d’arrêter nos machines de mining. Nous le faisons pendant un certain nombre d’heures chaque année, essentiellement en hiver.

C’est un excellent moyen pour l’énergéticien de vendre des électrons qu’il ne vendait pas auparavant. Prenons un exemple : vous êtes une municipalité de 20 000 foyers et vous avez accès à 100 MW d’énergie. Vous ne voulez jamais utiliser votre réseau à 100 % [il faut une marge en cas de très gros pics]. Vous allez donc le faire passer à 80 mégawatts. En été, la municipalité utilisera une puissance de 60 mégawatts et en hiver, parce qu’il fait froid, 80 mégawatts.

Avant d’avoir des mineurs de bitcoins sur ce réseau, l’énergéticien vendait 60 mégawatts en été et 80 mégawatts en hiver. Avec nous sur le réseau, il pourra vendre une quantité plus proche de 80 mégawatts tout le temps. Cela signifie plus de revenus pour la municipalité et l’énergéticien [qui pourra investir cet argent pour remplacer ses sources d’énergie carbonée par des sources d’énergie renouvelable]. »

Bien entendu, au Québec, l’essentiel de l’énergie est d’origine hydraulique (barrages au fil de l’eau). Le mining n’engendre pas d’émissions de CO2 supplémentaires.

Terminons en rappelant que les mineurs sont incités à s’installer là où l’électricité est la moins chère. Et cette électricité est forcément issue d’un surplus d’énergie renouvelable. Qu’on se le dise, le bitcoin est un atout pour la transition énergétique !

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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