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BRICS+ : La Russie détient 2336 tonnes d’or, la Chine 2298

20h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Les nations du bloc BRICS+ possèderaient plus de 6000 tonnes d’or, soit 17,4 % des réserves officielles mondiales, d’après une évaluation d’EBC Financial Group. La Chine et la Russie pourraient concentrer environ trois quarts de ce stock. Dans une analyse distincte, UBS projette que l’once atteindrait 5200 dollars d’ici juin 2027. Ces chiffres expliquent l’intérêt grandissant pour le métal jaune, cependant ils ne permettent pas d’élaborer une relation directe entre les acquisitions des BRICS+ et la projection de l’institution financière suisse.

Au centre d’une immense salle de réserves, une balance industrielle monumentale oppose deux plateaux remplis de lingots d’or appartenant à des membres de l’alliance des BRICS+. À gauche, le plateau de la Russie affiche uniquement 2336, avec le drapeau russe derrière. À droite, le plateau de la Chine affiche 2298, avec le drapeau chinois. La balance penche très légèrement du côté russe. Au premier plan, un analyste observe l’aiguille avec les yeux écarquillés, surpris par la proximité du résultat.

En bref

  • Les BRICS+ détiennent plus de 6 000 tonnes d’or, soit 17,4 % des réserves officielles mondiales.
  • La Russie et la Chine concentrent près de 74 % des réserves d’or du bloc.
  • Les banques centrales renforcent leurs achats d’or dans une logique de diversification des réserves.
  • UBS vise 5 200 dollars l’once d’ici juin 2027, soutenue par plusieurs facteurs monétaires et économiques.
  • Les achats des BRICS+ participent à la demande d’or sans expliquer à eux seuls la prévision d’UBS.

La Russie et la Chine dominent les réserves du BRICS+

Tandis que l’or vient d’atteindre un sommet de six semaines, l’évaluation de 17,4 % vient d’une analyse réalisée par EBC Financial Group publiée en avril dernier. Elle est liée aux réserves d’or détenues par les banques centrales des pays du bloc BRICS+, et non la totalité de l’or disponible dans le monde entier.

Les deux premières places sont occupées par la Russie et la Chine au sein de l’alliance. Les deux nations pourraient représenter ensemble près de 74 % de ses réserves, selon les informations communiquées par l’analyste d’EBC Michael Harris.

Les données compilées se présentent comme suit :

  • La Russie possèderait 2336 tonnes d’or ;
  • La Chine détiendrait 2298 tonnes ;
  • Les réserves de l’Inde atteindraient 880 tonnes ;
  • L’ensemble du BRICS+ dépasserait 6000 tonnes, soit 17,4 % du stock officiel mondial.

En 2019, ce stock s’élevait à 11,2 %, selon le rapport d’EBC. Ainsi, l’écart avoisine 6,2 points de pourcentage en sept ans.

Cette comparaison demande cependant une réserve méthodologique. Le bloc des BRICS s’est agrandi depuis 2019 accepte désormais plus de pays. La synthèse disponible n’indique pas si l’EBC a calculé à nouveau le chiffre historique avec une composition constante. Une partie de l’évolution apparente proviendrait donc de l’intégration de nouveaux pays, en plus des acquisitions effectivement réalisées.

Les statistiques officielles contiennent aussi un décalage. Le World Gold Council rassemble essentiellement les déclarations des banques centrales et les données du Fonds monétaire international. Ses fichiers mensuels affichent près de deux mois de retard, auxquels il faut ajouter les délais de certains pays.

L’or progresse dans les réserves sans évincer le dollar

L’augmentation des stocks du bloc BRICS+ s’intègre dans un mouvement général. Les banques centrales ont acquis 1000 tonnes d’or en moyenne par an au cours des quatre dernières années, contre près de 500 tonnes pendant la décennie précédente, d’après le World Gold Council.

L’or procure de nombreux avantages aux gestionnaires des réserves. Il ne relève pas de la solvabilité d’un pays émetteur. De plus, il peut être gardé directement dans les coffres d’une banque centrale. Il permet également de procéder à la diversification d’un portefeuille exposé aux devises et aux obligations souveraines.

Cette manœuvre ne signifie pas autant que les banques centrales délaissent automatiquement le dollar. Une augmentation des réserves d’or ne prouve ni une diminution correspondante des avoirs américains ni la création future d’une monnaie commune aux BRICS.

Les prévisions révèlent cependant un désir de diversification. Dans une enquête publiée en juin 2026, le World Gold Council précise que 74 % des répondants projettent une réduction raisonnable ou importante de la part du dollar dans les réserves mondiales dans les cinq prochaines années. Par ailleurs, 89 % estiment que les avoirs officiels en or vont augmenter au cours des douze prochains mois.

UBS prévoit une once à 5 200 dollars d’ici juin 2027

La banque suisse UBS pense que l’or se rapprocherait de 5200 dollars l’once durant les douze mois suivants son rapport du 25 juin, ce qui positionne cet objectif autour de juin 2027. Cette prévision représente un scénario de marché, et non un prix garanti.

L’institution bancaire invoque trois principaux soutiens : un probable assouplissement monétaire des États-Unis en 2027, un affaiblissement futur du dollar et la pérennité des acquisitions des banques centrales. UBS projette que ces dernières achèteront entre 750 et 1000 tonnes d’or par an.

La Banque admet cependant des risques à court terme. Une évolution des taux réels ou une consolidation du dollar augmenterait le coût d’opportunité relatif à la possession d’or. Dans son analyse officielle, UBS pourrait envisage ainsi une progression comprise entre 3850 et 4000 dollars avant un redémarrage.

L’objectif des 5200 dollars s’appuie donc sur une association de facteurs monétaires, économiques et géopolitiques. Les acquisitions de l’alliance BRICS+ peuvent soutenir la demande, toutefois ils ne représentent qu’une petite partie de ce scénario.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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