A
A

Crypto en Chine : Vers une répression accrue et intransigeante ?

jeu 04 Jan 2024 ▪ 4 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
Regulation Crypto

Les cryptos n’ont pas droit de cité en Chine. Le géant asiatique affiche depuis des années une politique de répression voire de bannissement des activités en lien avec ces actifs. Cette stratégie trouve écho chez certains juristes chinois. Ceci suggère que l’hostilité de la Chine vis-à-vis des cryptos a encore de longs jours devant elle.

Des pièces de cryptos et le drapeau de la Chine

Des juristes chinois appellent à resserrer l’étau contre la crypto

Récemment, le Legal Daily, publication juridique officielle de l’État chinois qui parait depuis 1957, s’est exprimé sur les cryptos. Il s’est inquiété de l’exploitation de ces dernières comme moyen clandestin d’exécution d’actes de corruption.

Le journal juridique chinois a en effet souligné la nécessité d’une répression rigoureuse de la crypto, véhiculant en quelque sorte, la position du gouvernement chinois sur ces actifs. Ceci, conformément à la lutte contre les nouvelles formes de corruption qui émergent dans le pays.

Le numéro du 1er janvier du Legal Daily contient justement un commentaire de Zhao Xuejun, professeur associé à la faculté de droit de l’université du Hebei. Dans cette parution, évidemment supervisée par le Parti communiste chinois (PCC), l’universitaire affirme que les cryptos sont devenues des « canaux cachés » pour la corruption.

Zhao Xuejun souligne la facilité avec laquelle les cryptos et autres actifs numériques, emmagasinés dans des dispositifs de « stockage à froid », sont transportables à l’étranger. Ceci, afin d’y être échangées ou remboursées. Mo Hongxian, professeur à la faculté de droit de l’université de Wuhan, soutient quelque peu ce point de vue.

L’expert a explicitement cité le bitcoin (BTC) en précisant que l’anonymat et la traçabilité complexe des cryptos facilitent intrinsèquement les activités illégales et criminelles. De fait, Mo Hongxian a insisté sur le fait que les transactions impliquant des monnaies virtuelles doivent requérir l’attention de la justice.

Le Legal Daily a publié un article qui appelle au renforcement de la législation sur les cryptomonnaies pour prévenir les risques de corruption

L’article du Legal Daily, une apologie de la répression crypto en Chine ?

L’idée générale véhiculée par l’article du Legal Daily, c’est la nécessité d’un renforcement du cadre juridique et réglementaire. L’objectif étant de lutter contre les nouvelles manifestations de la corruption en Chine.

Au fond, il appelle à l’élargissement du champ d’application des délits de corruption. Il souhaite également une surveillance accrue dans les domaines susceptibles de connaître des formes émergentes de corruption, notamment les cryptos.

Il faut souligner que cet appel intervient à la suite d’une récente mise en garde du parquet populaire suprême et l’Administration d’État des changes contre les cryptos. Ces deux organismes d’État ont en réalité alerté les fonctionnaires contre l’utilisation du stablecoin Tether comme intermédiaire dans les transactions de change impliquant le yuan, jugeant de telles actions illégales.

Il est intéressant de noter que malgré sa position stricte à l’égard des cryptos, la Chine a adopté la technologie blockchain à des fins de vérification d’identité. En outre, la monnaie numérique de la banque centrale e-CNY, qui en est encore à sa phase pilote, a connu un développement notable.

En juin 2023, les transactions en yuans numériques, bien que limitées géographiquement, avaient déjà dépassé 250 milliards de dollars en Chine. Ces actifs numériques se sont par ailleurs étendus aux ventes internationales de marchandises. Tout ceci révèle une dichotomie dans l’approche de la Chine à l’égard des cryptos et de leurs technologies sous-jacentes.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.


A
A
Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.