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Crypto : Ethereum sous pression face aux 420 000 ETH de Lazarus

12h00 ▪ 12 min de lecture ▪ par Evans S.
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Ethereum fait face à une menace après le piratage de Binance. Les hackers nord-coréens détiendraient plus de 420 000 ETH, soit près d’un milliard de dollars aux cours observés fin octobre. Ces fonds pourraient être revendus sur le marché crypto, alors que la liquidité reste fragile. Binance a toutefois reconstitué 95 % des actifs touchés, et plusieurs indicateurs techniques laissent entrevoir un possible rebond.

Un immense réservoir contenant 420 000 ETH menace de céder au-dessus de traders crypto inquiets.

En bref

  • Les pirates de Binance contrôlaient plus de 420 000 ETH selon le bilan de TRM Labs du 30 octobre.
  • Une liquidité réduite et des écarts de prix plus importants augmentent le risque d’une correction.
  • Binance annonce avoir reconstitué 95 % des actifs concernés au 1er novembre 2026.

Ethereum sous la menace de 420 000 ETH

Le piratage de Binance continue d’inquiéter les investisseurs crypto. Après le vol historique de plusieurs milliards de dollars sur la plateforme crypto, les enquêteurs surveillent maintenant les actifs que les pirates pourraient revendre.

Le montant est important : plus de 420 000 ETH, auxquels s’ajoutent 18 270 BTC. Ces cryptos représentaient ensemble environ 2,4 milliards de dollars lors de notre analyse du 30 octobre. Leur particularité réside dans l’absence d’un émetteur central capable de les bloquer directement.

Les pirates pourraient donc les déplacer vers différents portefeuilles crypto, les échanger contre d’autres actifs ou tenter de les convertir en liquidités. L’attaque du 29 octobre avait touché les portefeuilles de Binance sur dix blockchains. Environ 6,36 milliards de dollars ont été dérobés, principalement en une vingtaine de minutes.

TRM Labs attribue l’opération au groupe TraderTraitor, associé à la Corée du Nord. Le FBI a également désigné cette unité nord-coréenne comme responsable du vol. Pour Ethereum, la principale inquiétude concerne désormais les mouvements des fonds. Une vente de plusieurs centaines de milliers d’ETH pourrait provoquer une pression importante si elle intervient rapidement sur les plateformes d’échange.

Les carnets d’ordres n’absorbent pas toujours facilement de tels volumes. Il faut néanmoins distinguer les avoirs des pirates des quantités effectivement mises en vente. Les 420 000 ETH constituent une réserve potentiellement mobilisable, pas un ordre de vente confirmé.

Les attaquants peuvent aussi conserver une partie des fonds pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Au moment de notre analyse 31 octobre, Ethereum affichait une baisse légèrement supérieure à 3 % sur la semaine. Le marché crypto avait donc jusqu’ici encaissé une partie du choc sans liquidation généralisée attribuable à ces avoirs.

Les pirates ont transformé des stablecoins en Ethereum

L’origine des 420 000 ETH mérite quelques explications. Une partie provient directement des portefeuilles compromis de Binance. TRM Labs a identifié environ 200 630 ETH dérobés sur le réseau Ethereum, en plus de nombreux autres tokens.

Mais les pirates ont également cherché à convertir les stablecoins volés. Tether, Circle, Ripple et World Liberty Financial ont rapidement gelé une partie des actifs transférés vers les adresses suspectes. TRM Labs estime à environ 2,67 milliards de dollars la valeur des stablecoins immobilisés. En incluant une intervention sur Arbitrum, le total atteignait près de 2,7 milliards au moment de son premier bilan.

Les attaquants avaient anticipé cette réaction. Environ 325 millions d’USDT ont été échangés contre 122 300 ETH par l’intermédiaire d’UniswapX et d’autres services de négociation décentralisés. Le prix implicite de cette conversion atteignait environ 2 650 dollars par ETH, alors que le marché évoluait entre 2 300 et 2 350 dollars.

Les pirates ont donc accepté des conditions particulièrement défavorables pour récupérer rapidement de l’ether. Une autre opération a concerné Aave. Un portefeuille associé à l’attaque y a déposé 60 millions d’USDT en garantie, puis emprunté environ 19 760 ETH.

Le mécanisme permet normalement à un utilisateur d’obtenir des cryptomonnaies sans vendre immédiatement ses actifs. Dans cette affaire, il offrait un autre avantage aux attaquants : transformer l’exposition à des stablecoins susceptibles d’être gelés en ETH librement transférables sur le réseau principal.

Tether peut immobiliser les USDT concernés. Il ne dispose pas du même pouvoir sur les ETH déjà empruntés. Aave a ensuite suspendu les marchés affectés. Ces conversions ont participé à l’accumulation des centaines de milliers d’ETH suivis par les enquêteurs. Elles expliquent également pourquoi les chiffres des fonds initialement volés et des avoirs restants ne correspondent pas exactement. Les pirates n’ont pas simplement conservé les actifs tels qu’ils avaient été dérobés. Ils ont modifié la composition de leur portefeuille crypto.

Le manque de liquidité inquiète le marché crypto

Une quantité importante d’ETH disponible à la vente ne suffit pas, à elle seule, à provoquer un effondrement. Les conditions de marché comptent aussi. Un analyste observe une faible profondeur des carnets d’ordres et des écarts entre les meilleurs prix acheteurs et vendeurs pouvant être cinq fois plus importants.

Ces écarts, appelés spreads, augmentent le coût des transactions crypto lorsque la liquidité se raréfie. Un investisseur qui cherche à vendre une quantité importante d’ETH peut alors être obligé d’accepter des prix progressivement plus faibles pour trouver des acheteurs.

Le phénomène devient plus marqué lorsque plusieurs vendeurs interviennent simultanément. Certains analystes envisagent ainsi une pression sur Ethereum pendant novembre et décembre. La crypto ETH pourrait continuer à sous-performer le bitcoin si les ventes s’intensifient.

Ce scénario reste une hypothèse. Les réserves disponibles sur les plateformes avaient déjà fortement diminué avant le piratage. En septembre, les réserves d’Ethereum sur les exchanges étaient tombées à 14,88 millions d’ETH, selon les données de CryptoQuant rapportées par Cointribune.

Environ 6,42 millions d’ETH avaient quitté ces plateformes depuis juillet 2025. Une partie des tokens avait rejoint des portefeuilles privés, des services institutionnels et des contrats de staking. Le staking immobilisait alors environ 43,1 millions d’ETH, soit 35,91 % de l’offre.

Ces chiffres historiques permettent de mesurer le poids des 420 000 ETH. Ils représentent environ 2,8 % des réserves détenues par les plateformes en septembre. Une comparaison utile, même si ces réserves ne correspondent pas à la liquidité réellement disponible dans les carnets d’ordres.

Les achats et les ventes ne se concentrent pas non plus sur une seule plateforme. Les pirates peuvent fragmenter leurs mouvements pour limiter leur visibilité ou rechercher de meilleurs prix auprès d’intermédiaires. Une distribution progressive aurait des conséquences très différentes d’une vente immédiate.

Binance annonce avoir reconstitué 95 % des actifs

Pendant ce temps, Binance poursuit ses opérations de récupération et de reconstitution. Le 31 octobre, la plateforme crypto annonçait avoir remplacé environ 90 % de la valeur des actifs touchés par le piratage. Le chiffre est passé à 95 % dans sa communication du 1er novembre. Binance affirme avoir mobilisé plus de 6,34 milliards de dollars pour couvrir les pertes. Ces ressources proviennent notamment de ses fonds propres, de son fonds de protection SAFU et d’une partie de son fonds d’assurance des contrats à terme.

La plateforme utilise également les marchés traditionnels et les transactions de gré à gré pour acheter les actifs manquants. Les réserves correspondant au BTC, à l’ETH, à l’USDT, au BNB, au SOL, à l’USDC, au XRP, à l’USD1, au RLUSD et au ZEC sont annoncées comme intégralement reconstituées.

Les 5 % restants concernent principalement des tokens moins liquides. Ces actifs peuvent prendre davantage de temps à acquérir, notamment lorsque les volumes disponibles ne suffisent pas pour réaliser de gros achats sans modifier fortement les prix.

Binance prévoit aussi une reprise progressive des retraits le 1er novembre, avec une première phase programmée entre 6 heures et 9 heures UTC. Le calendrier comprend notamment Ethereum, Bitcoin, Solana, BNB Chain et plusieurs autres réseaux.

L’exchange crypto précise que les dépôts restent ouverts et que les utilisateurs ne supporteront pas financièrement les pertes. Il faut cependant éviter une confusion fréquente.

La reconstitution des réserves ne signifie pas que les pirates ont restitué 95 % des cryptomonnaies dérobées. Binance remplace les actifs manquants grâce à ses propres ressources et à ses mécanismes de protection.

Les cryptomonnaies encore contrôlées par les attaquants restent donc un risque distinct. Les rachats effectués par Binance peuvent soutenir la demande sur certains marchés. Leur impact dépend toutefois des quantités acquises directement sur les plateformes et de celles négociées hors marché.

Les acheteurs espèrent un rebond d’Ethereum

Malgré cette menace, certains investisseurs crypto continuent de rechercher des occasions d’achat. Un indicateur attire leur attention : le RSI d’Ethereum. Le 31 octobre, l’indice de force relative est entré en zone de survente pour la première fois depuis juin. Le RSI mesure la vitesse et l’ampleur des variations récentes du cours. Une lecture inférieure à 30 est généralement considérée comme un signe de survente.

Cela peut signaler qu’une baisse a été particulièrement rapide et que les vendeurs commencent à perdre de leur vigueur. Mais l’indicateur ne garantit pas une remontée. Lors des corrections importantes, le RSI peut rester faible pendant plusieurs séances. Les investisseurs doivent donc observer aussi les volumes et la capacité du cours à retrouver ses précédents niveaux de soutien.

L’engagement financier de Binance apporte un autre argument aux acheteurs. La plateforme a annoncé prendre en charge les pertes, tandis que les principaux actifs touchés sont désormais annoncés comme intégralement couverts.

Cette situation pourrait rassurer une partie des investisseurs inquiets de la solidité financière de l’exchange crypto. Les risques de nouvelles ventes n’ont cependant pas disparu. Une partie des fonds dérobés circule déjà entre différentes adresses. Les enquêteurs surveillent notamment les transferts vers les protocoles d’échange, les ponts interblockchains et les intermédiaires spécialisés.

Ces mouvements ne prouvent pas systématiquement qu’une vente a eu lieu. Un transfert peut servir à regrouper les actifs, à les répartir entre plusieurs portefeuilles ou à préparer d’autres opérations. Les analystes devront donc distinguer les déplacements internes d’une véritable conversion en monnaie stable ou en liquidités. La situation reste ouverte.

Les prochains transferts des hackers seront décisifs

Ethereum aborde novembre avec deux forces opposées. Les pirates disposent d’une quantité importante d’ETH difficile à immobiliser. Une vente massive pourrait accentuer la pression sur un marché dont la liquidité apparaît fragilisée.

En face, Binance continue de reconstituer ses réserves et certains indicateurs techniques suggèrent qu’une partie des ventes récentes pourrait avoir été excessive.

Les deux phénomènes peuvent coexister. Une reprise temporaire du cours ne ferait pas disparaître les 420 000 ETH contrôlés par les attaquants. De la même manière, leur présence dans des portefeuilles suspects ne signifie pas qu’ils seront tous vendus. La surveillance des transactions on-chain reste donc essentielle.

Les prochaines publications de Binance devraient également apporter des précisions sur les fonds récupérés, les actifs remplacés et les résultats de son enquête technique. Pour l’instant, les mouvements observés ne permettent pas d’annoncer une liquidation imminente de 420 000 ETH.

Le marché crypto a déjà montré une capacité de résistance après l’attaque, notamment du côté du bitcoin. Cointribune a d’ailleurs constaté que le piratage de Binance avait fait reculer le BTC sans provoquer d’effondrement généralisé. Ethereum devra maintenant absorber les éventuelles ventes des pirates tout en conservant suffisamment d’acheteurs pour stabiliser son cours.

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Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.