Ethereum : Glamsterdam reporté après des risques détectés sur 13 contrats
Des chercheurs d’Ethereum utilisent désormais des agents d’intelligence artificielle pour analyser les effets inattendus de Glamsterdam sur les contrats existants. Cette initiative intervient après le report du test prévu sur Hoodi, mais elle ne signifie pas que le problème est déjà résolu.

En bref
- Ethereum reporte le test de Glamsterdam sur Hoodi après la découverte de risques techniques.
- ChainSecurity identifie au moins 13 contrats susceptibles d’être affectés par la mise à jour.
- Des agents IA épaulent les chercheurs pour détecter d’autres conséquences imprévues.
- Les équipes coordonnent leurs analyses afin de renforcer la sécurité des contrats existants.
- Ethereum étend cette approche à Hegota pour anticiper les risques de ses futures mises à jour.
Treize contrats exposés entraînent le report du test
La répétition générale de Glamsterdam sur Hoodi devait avoir lieu le 26 octobre. Les développeurs l’ont finalement reportée après la découverte de risques associés aux propositions EIP-8037 et EIP-8038, qui modifient la manière dont Ethereum facture certaines opérations liées à la création de données sur la blockchain.
La société suisse ChainSecurity a identifié au moins 13 contrats déjà déployés dont le fonctionnement pourrait être perturbé. Le problème apparaît lorsqu’un contrat appelle un autre programme et manque de gas, l’unité qui sert à mesurer et facturer les calculs sur Ethereum. Dans certains cas, une opération normalement annulée pourrait laisser des effets permanents ou empêcher une tentative ultérieure d’aboutir.
Les principaux éléments connus montrent que le déploiement reste suspendu :
- Le test de Glamsterdam sur Hoodi, prévu le 26 octobre, est reporté ;
- Les risques concernent les propositions EIP-8037 et EIP-8038 ;
- ChainSecurity a repéré au moins 13 contrats potentiellement affectés ;
- Aucune perte financière liée à ces failles n’a été signalée ;
- Ethereum n’a annoncé ni nouvelle date pour Hoodi ni calendrier définitif pour le réseau principal.
Glamsterdam avait déjà été activé sur Sepolia le 6 octobre. Hoodi devait constituer la deuxième et dernière phase de test avant une éventuelle arrivée sur le réseau principal. Le report ne représente donc pas l’abandon de la mise à jour, mais une pause destinée à mesurer ses conséquences sur les applications existantes.
Les utilisateurs d’Ethereum n’ont aucune action urgente à effectuer. Les modifications contestées ne sont pas actives sur le réseau principal et les vulnérabilités ont été découvertes avant le déploiement final.
Des agents IA coordonnent l’analyse des contrats
Des chercheurs d’Eth Labs et de la Fondation Ethereum utilisaient séparément des agents IA pour examiner les contrats susceptibles d’être affectés. Après avoir découvert qu’ils suivaient une approche similaire, ils ont créé un dépôt GitHub servant de tableau de communication à leurs systèmes automatisés.
Ces agents peuvent parcourir de grandes quantités de code, simuler différents comportements et signaler des contrats dont le fonctionnement dépend des anciennes règles du gas. Leur mission porte notamment sur les « effets de second ordre », c’est-à-dire des conséquences indirectes qui n’apparaissent pas immédiatement dans la proposition technique.
Derek Chiang, membre d’Eth Labs, a comparé cette méthode à celle employée par des agents malveillants lors d’un incident ayant touché Hugging Face. Il a déclaré au sujet du tableau de coordination :
Il s’avère que le même modèle est aussi utile pour les bons agents.
Cette formule ne doit cependant pas conduire à présenter l’IA comme l’auteur du sauvetage. ChainSecurity a détecté les risques qui ont provoqué le report. Les agents interviennent désormais pour élargir l’analyse, rechercher d’autres contrats concernés et aider les spécialistes humains à examiner davantage de scénarios.
Chiang reconnaît également que le problème a été identifié très tard, ce qui a contraint les équipes à réagir dans l’urgence. Selon lui, les concepteurs de protocoles devraient analyser beaucoup plus tôt les dysfonctionnements que leurs mises à jour pourraient introduire.
Ethereum teste un nouveau modèle d’audit continu
L’expérience pourrait modifier la manière dont Ethereum prépare ses prochaines évolutions. Les audits traditionnels reposent sur des équipes humaines, des outils automatisés et des périodes de test. Les agents IA ajoutent une capacité d’exploration permanente, avec plusieurs systèmes capables de partager leurs résultats et de répartir les tâches.
Le dispositif a déjà été étendu à l’EIP-8198, surnommée « Quick Slots ». Cette proposition, envisagée pour la mise à jour suivante appelée Hegota, cherche à raccourcir le temps entre les blocs. Une deuxième plateforme de coordination a été ouverte afin d’en examiner les conséquences avant que son développement n’atteigne une phase avancée.
Cette utilisation précoce pourrait éviter de reproduire la situation de Glamsterdam. Elle comporte toutefois ses propres limites. Un agent peut produire de faux signaux, mal interpréter le fonctionnement d’un contrat ou négliger une interaction importante. Chaque alerte doit donc être reproduite, comprise et validée par des chercheurs humains.
Une étude publiée en 2026 sur la sécurité des contrats Ethereum a montré que des agents avancés pouvaient détecter, corriger, mais aussi exploiter des vulnérabilités de bout en bout. Cette double capacité renforce leur intérêt pour les audits tout en imposant des environnements contrôlés et une surveillance stricte.
Le prochain test de Glamsterdam dépendra désormais des conclusions de cette analyse. Le véritable progrès ne réside donc pas encore dans une mise à jour réparée, mais dans l’apparition d’un modèle où humains et agents IA examinent ensemble les risques avant qu’ils n’atteignent le réseau principal.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.