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Crypto : La BCE entre sur le marché des obligations tokenisées

11h11 ▪ 5 min de lecture ▪ par Evans S.
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La Banque centrale européenne prépare ses premiers investissements directs dans des titres tokenisés. Une petite partie de ses fonds propres sera placée dans des obligations et autres titres libellés en euros, principalement émis par des États de la zone euro, des agences publiques et des institutions européennes. Les montants et la date des premiers achats ne sont pas encore fixés. Les règlements passeront par Pontes, la nouvelle infrastructure lancée par l’Eurosystème le 21 septembre. Pour la finance crypto institutionnelle, la BCE ne se contente donc plus d’observer la tokenisation : elle veut désormais l’utiliser elle-même. 

Des obligations européennes sont transformées en tokens crypto au sein d’une infrastructure blockchain institutionnelle.

En bref

  • La BCE veut placer une petite partie de ses fonds propres dans des titres tokenisés.
  • Les premiers actifs visés seront principalement des obligations publiques et supranationales en euros.
  • Les transactions seront réglées en monnaie de banque centrale via Pontes.

Crypto : la BCE devient elle-même investisseur dans la tokenisation

La décision concerne le portefeuille de fonds propres de la BCE. Celui-ci ne fait pas partie de la politique monétaire : il sert notamment à générer des revenus permettant de couvrir une partie des dépenses de fonctionnement de l’institution.

Cette fois, une petite portion sera dirigée vers des actifs enregistrés sur des infrastructures DLT. La BCE avait déjà préparé le terrain. Les premiers investissements ne porteront pas sur Bitcoin, ether ou d’autres cryptomonnaies.

La BCE vise des titres libellés en euros émis par les gouvernements de la zone euro, les autorités régionales, les agences publiques et les institutions supranationales européennes. Le changement concerne donc la technologie utilisée pour émettre et négocier ces actifs, pas leur nature économique.

L’institution veut aussi acquérir une expérience concrète : exécution des ordres, règlement, gestion des systèmes et suivi du portefeuille.

Le montant reste inconnu. Le directoire décidera après les travaux préparatoires, en fonction notamment du nombre de titres tokenisés réellement disponibles sur le marché européen.

Pontes règle les actifs tokenisés en monnaie de banque centrale

Pontes est entré en service le 21 septembre. Son rôle est assez précis : permettre aux banques et infrastructures financières éligibles de régler des transactions sur des actifs tokenisés avec de la monnaie de banque centrale. La plateforme relie les environnements DLT aux services TARGET de l’Eurosystème.

Un titre peut donc circuler sur une infrastructure blockchain tandis que son règlement monétaire passe par les rails de la banque centrale.

C’est une question que la BCE suit depuis longtemps. Elle avait déjà expliqué que la tokenisation pouvait rendre la finance plus efficace tout en créant de nouveaux risques, notamment si les marchés se fragmentent entre plusieurs réseaux incompatibles.

Pontes doit justement éviter qu’un marché européen tokenisé dépende uniquement des stablecoins ou des dépôts bancaires tokenisés pour la partie paiement.

La différence avec l’euro numérique destiné au grand public est nette. Pontes concerne les transactions financières de gros entre acteurs éligibles. L’euro numérique de détail suit un autre calendrier, avec un pilote prévu à partir du second semestre 2027.

Pour le secteur crypto, le choix de la BCE est surtout intéressant par sa forme. L’institution reprend certaines briques utilisées depuis des années dans les marchés blockchain, tout en conservant la monnaie centrale au cœur du règlement.

La tokenisation européenne quitte peu à peu le laboratoire

La BCE avait déjà testé la DLT. Désormais, elle veut détenir elle-même les actifs. Cette évolution arrive alors que l’Europe cherche à développer un marché de titres tokenisés suffisamment grand pour intéresser banques, fonds et émetteurs traditionnels. Pontes constitue la première étape. Le projet Appia doit aller plus loin en dessinant une architecture européenne plus complète pour la finance tokenisée.

Le mouvement était visible depuis plusieurs mois. Fin août, Isabel Schnabel appelait déjà les banques centrales à prendre davantage position sur la blockchain et les marchés tokenisés. Le marché reste néanmoins petit face à la finance traditionnelle. Cela explique aussi la prudence de Francfort : petite allocation, titres publics ou supranationaux, règlements en monnaie de banque centrale et aucun montant annoncé pour l’instant. La BCE n’effectue donc pas un virage vers les cryptomonnaies. Elle teste plutôt l’utilisation de technologies issues de l’écosystème crypto pour une partie très classique de la finance : acheter une obligation, la régler puis la conserver dans un portefeuille. Cette fois, elle le fera avec son propre argent.

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Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.