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De Haïti à la Syrie : Les succès des paiements on-chain incitent le PNUD à élargir l’usage de Stellar

10h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Les expérimentations de la blockchain dans l’aide internationale franchissent une nouvelle étape. Après plusieurs projets pilotes menés dans différents pays, le PNUD estime que cette technologie peut désormais soutenir un plus large éventail de programmes humanitaires et de développement. Les résultats obtenus sur le terrain, notamment en Haïti et en Syrie, ont convaincu l’agence d’étendre l’utilisation des paiements on-chain grâce à un nouvel accord avec la Stellar Development Foundation. Cette évolution marque une progression concrète de la blockchain dans les opérations menées par les Nations Unies.

Illustration du PNUD utilisant Stellar pour développer les paiements on-chain en Haïti et en Syrie dans le cadre de programmes humanitaires.

En bref

  • Le PNUD étend l’usage des paiements on-chain avec Stellar après des projets pilotes concluants dans cinq pays.
  • En Syrie, la blockchain a réduit les coûts de distribution des paiements de 10 % à 2 %.
  • En Haïti, les paiements ont continué malgré une panne du réseau cellulaire, démontrant la résilience du système.
  • Un groupe consultatif sur la blockchain accompagnera désormais le déploiement de cette technologie dans les programmes du PNUD.
  • Les stablecoins gagnent du terrain comme solution pour les transferts internationaux et l’accès aux services financiers dans les régions peu bancarisées.

Les paiements on-chain ont démontré leur efficacité dans cinq pays

Après une longue phase d’expérimentation, le Programme des Nations Unies pour le développement a tiré un bilan positif de ses initiatives blockchain menées sur le terrain. Ces travaux, conduits pendant seize mois en Haïti, en Syrie, au Kenya, au Guatemala et en Gambie, ont conduit le PNUD à signer un nouvel accord avec la Stellar Development Foundation afin d’étendre l’utilisation de son infrastructure blockchain. En parallèle, d’autres initiatives sont déjà en préparation en Colombie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’objectif consiste désormais à intégrer davantage les paiements reposant sur la blockchain dans les programmes de terrain.

Les essais ont livré plusieurs résultats concrets. En Syrie, un programme « Argent contre travail » a enregistré les paiements sur une plateforme numérique, faisant passer les coûts de distribution de 10 % à seulement 2 %. En Haïti, un projet pilote a continué à fonctionner malgré une panne du réseau cellulaire. Ces expériences montrent que les infrastructures blockchain peuvent maintenir la continuité des opérations, même dans des environnements où les réseaux traditionnels rencontrent des difficultés.

Ces premiers retours ouvrent la voie à un déploiement plus large. Les bureaux nationaux disposeront progressivement d’un processus leur permettant d’utiliser ces solutions dans davantage de programmes. Cette approche vise à renforcer la résilience des opérations tout en réduisant les coûts associés aux paiements destinés aux bénéficiaires.

Le PNUD prépare un déploiement plus large de la blockchain

Le PNUD considère que cette première phase valide l’intérêt de la blockchain pour ses missions de développement. L’agence souhaite désormais mettre en place un cadre opérationnel afin que ses bureaux nationaux puissent adopter cette technologie plus facilement. Cette évolution traduit une volonté de dépasser les simples expérimentations pour intégrer ces outils dans des programmes à plus grande échelle.

Le mois dernier, le PNUD a également lancé un groupe consultatif consacré à la blockchain lors de la conférence Proof of Talk organisée à Paris. Cette initiative doit accompagner les futures orientations de l’organisation dans l’utilisation de cette technologie. Les travaux du groupe ne se limiteront pas aux paiements numériques, puisqu’ils porteront aussi sur les infrastructures publiques numériques et l’amélioration des systèmes publics.

À travers cette stratégie, le PNUD entend explorer plusieurs usages de la blockchain au service du développement. Les enseignements tirés des projets pilotes serviront de base aux prochains déploiements. L’objectif reste d’adapter ces solutions aux réalités locales tout en garantissant une mise en œuvre cohérente dans les différents bureaux de l’organisation.

Les stablecoins gagnent en importance dans les transferts internationaux

L’élargissement de ces initiatives s’inscrit dans une dynamique plus large autour des réseaux blockchain et des stablecoins. Ces technologies sont de plus en plus utilisées pour faciliter les transferts transfrontaliers, notamment dans les régions où l’accès aux services bancaires reste limité. Elles offrent une alternative pour effectuer des paiements et transférer des fonds avec davantage de continuité.

Cette tendance se retrouve également dans le secteur privé. Ripple a récemment pris une participation dans la fintech africaine Flutterwave afin de favoriser l’adoption de son stablecoin RLUSD et du XRP Ledger en Afrique. L’Amérique latine attire aussi les acteurs du secteur, qui ciblent plusieurs corridors de transferts en Argentine, en Bolivie, en Colombie et au Venezuela. Ces initiatives illustrent l’intérêt croissant pour les infrastructures numériques dans les marchés émergents.

Graphique comparant les principaux corridors de transferts de fonds vers l’Amérique latine en 2025, avec les volumes en milliards de dollars et leur évolution annuelle.
Les principaux canaux de transfert de fonds en Amérique latine. Source : Cointelegraph.

L’ancienne sous-secrétaire générale de l’ONU, Vera Songwe, estime que « les stablecoins dépassent désormais le seul cadre des transferts de fonds ». Selon elle, ils facilitent l’accès aux services financiers numériques dans des régions où les solutions bancaires traditionnelles demeurent peu accessibles. Elle rappelle qu’« en Afrique, environ 650 millions de personnes ne disposent pas d’un compte bancaire ». D’après ses déclarations, un smartphone permet d’accéder à des stablecoins, d’épargner dans une monnaie moins exposée à l’inflation et de renforcer l’inclusion financière.

Le PNUD prévoit désormais de s’appuyer sur les enseignements de ses projets pilotes pour généraliser progressivement ces solutions dans ses programmes, avec le soutien de l’infrastructure blockchain de Stellar. Si cette nouvelle étape confirme les résultats observés en Haïti, en Syrie et dans les autres pays concernés, l’utilisation de cette technologie pourrait prendre une place plus importante dans les opérations humanitaires et de développement de l’organisation, notamment pour sécuriser et optimiser les paiements à destination des bénéficiaires.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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