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Elon Musk lance enfin X Money… mais Elizabeth Warren y voit déjà un risque majeur

20h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Elon Musk accélère son offensive dans la finance. Depuis le 27 juillet, X Money n’est plus un simple test réservé à quelques utilisateurs. Le service de paiement est désormais accessible aux abonnés Premium et Premium+ aux États-Unis. Avec un rendement annuel de 6 %, une carte Visa, des transferts instantanés et une couverture FDIC pouvant atteindre 10 millions de dollars, X affiche des ambitions qui dépassent largement le secteur des paiements. Cette montée en puissance place déjà le réseau social sous le feu des régulateurs américains.

Une sénatrice s’offusque contre le lancement du système de paiement X Money d’Elon Musk.

En bref

  • X Money sort de sa bêta réservée aux utilisateurs Premium+ et s’ouvre à l’ensemble des abonnés Premium aux États-Unis.
  • Le service propose un rendement annuel (APY) de 6 %, un cashback de 3 %, des transferts P2P instantanés et gratuits, ainsi qu’une carte de débit Visa (virtuelle ou en métal).
  • Grâce à un partenariat avec Cross River Bank, les dépôts sont couverts par l’assurance FDIC jusqu’à 10 millions de dollars par compte.
  • Déjà actif dans 41 États, X Money fait face à l’opposition de la sénatrice Elizabeth Warren, qui alerte sur les risques pour le système financier et dénonce une « dérogation suspecte » dans la loi sur les stablecoins.

L’infrastructure de X Money se dévoile

Le service bancaire et de paiement de X franchit une étape majeure en s’ouvrant désormais à l’ensemble des abonnés payants américains, abandonnant le cadre strictement privé qui prévalait depuis son lancement initial en bêta restreinte fin juin. L’offre globale repose sur un ensemble d’avantages financiers et d’outils monétaires intégrés :

  • Un compte de dépôt et transferts P2P : il s’agit d’un système de paiements entre utilisateurs sans frais et sans limites au sein de l’application ;
  • Un rendement annuel (APY) de 6 % : il est accessible immédiatement pour les abonnés Premium+, et conditionné au virement direct du salaire pour les abonnés Premium standard ;
  • Une carte de débit Visa dédiée : disponible immédiatement au format virtuel dans Apple Wallet, ou sous la forme d’une carte physique personnalisée en métal arborant le nom d’utilisateur ;
  • Des avantages commerciaux : un cashback de 3 % sur l’ensemble des achats par carte, l’absence totale de frais sur les transactions à l’étranger et un bonus d’inscription de 15 $.

Pour garantir la liquidité et la conformité de ces opérations, X s’appuie sur une architecture partenariale initiée en janvier 2025 avec le géant bancaire Visa. Les transferts s’exécutent en temps réel via le réseau Visa Direct, concrétisant la feuille de route stratégique que l’ancienne dirigeante de la plateforme, Linda Yaccarino, a qualifié alors « d’une nouvelle étape décisive pour l’application universelle ». Ainsi, la conservation et la gestion des fonds déposés par les utilisateurs sont quant à elles confiées à Cross River Bank, un établissement réglementé.

Grâce à un mécanisme de balayage de trésorerie qui répartit les capitaux sur un réseau d’institutions partenaires, la couverture d’assurance de la FDIC se trouve étendue jusqu’à un plafond de 10 millions de dollars par compte, surpassant largement la limite légale standard fixée à 250 000 $. La firme a d’ores et déjà formalisé le lancement de cette offre sur ses propres canaux en publiant le message : « votre argent, sur le réseau le plus puissant au monde ».

Des pressions réglementaires et l’opposition politique au Capitole

Bien que X Money dispose désormais de licences de transmetteur d’argent dans 41 États américains ainsi que dans le district de Columbia, le service se heurte toujours au refus d’autorisation de juridictions financières majeures telles que New York et le Massachusetts. Cette progression territoriale incomplète s’accompagne d’une offensive politique directe menée par la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui a adressé des mises en garde explicites concernant les ambitions bancaires de la firme d’Elon Musk.

Exprimant ses inquiétudes quant aux risques pesant sur la protection des consommateurs, la sécurité nationale et la stabilité des marchés, la sénatrice a directement interpellé la direction dans un courrier officiel. Ainsi, elle a affirmé : « si la façon dont vous avez géré X donne le moindre indice sur la manière dont vous gérerez X Money, les consommateurs, notre sécurité nationale et la stabilité du système financier pourraient être mis en danger ».

Au-delà des critiques sur la gestion opérationnelle de la plateforme, les objections réglementaires formulées au Congrès pointent également des failles structurelles et juridiques plus profondes. La sénatrice Elizabeth Warren a notamment dénoncé une « dérogation suspecte » au sein du GENIUS Act, estimant que ce texte offrirait à des entreprises technologiques de la taille de X la possibilité d’émettre leurs propres cryptos sans être soumises aux mêmes processus d’agrément que ceux imposés aux émetteurs traditionnels, tout en rappelant les antécédents de mesures d’exécution réglementaires prises par la FDIC à l’encontre de Cross River Bank.

Quelles perspectives pour l’écosystème monétaire ?

Pour l’heure, X Money demeure une infrastructure exclusivement cantonnée aux monnaies fiduciaires, sans intégration officielle de jetons ou de stablecoins. Néanmoins, l’écosystème financier anticipe déjà une mutation progressive du modèle vers le Web3. Zach Pandl, responsable de la recherche chez Grayscale, souligne que la structure bancaire actuelle ne constitue qu’un socle temporaire. Il a déclaré : « bien que X Money commence avec une infrastructure traditionnelle basée sur les banques et les monnaies fiduciaires, une évolution vers des intégrations crypto plus poussées nous semble inévitable. La crypto jouera un rôle central dans cette évolution ».

Cette confrontation entre l’accélération d’un géant de la Tech et l’étau des régulateurs américains dessine les contours d’un arbitrage capital pour l’écosystème financier global. D’un côté, le déploiement d’un rendement à 6 % adossé à un réseau social massif montre la capacité des acteurs technologiques à challenger les banques commerciales traditionnelles sur le terrain de la collecte d’épargne. De l’autre, la résistance des autorités de régulation et les blocages persistants dans des États clés comme New York illustrent la difficulté d’imposer un modèle financier centralisé sans garanties de conformité irréprochables.

Si l’intégration des actifs alternatifs représente l’étape ultime de cette transformation, la trajectoire de X Money dépendra d’abord de sa capacité à rassurer le Législateur sur la solidité de ses systèmes fiduciaires avant de pouvoir basculer, le cas échéant, vers l’écosystème crypto.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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