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ETH : Vitalik Buterin remet en question l’un des plus grands arguments d’Ethereum !

20h30 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Vitalik Buterin ne veut plus que la valeur de l’ETH dépende principalement des frais détruits par Ethereum. Son raisonnement résout une contradiction devenue centrale : le réseau ne peut pas simultanément rendre ses transactions moins coûteuses et compter sur des frais élevés pour soutenir la rareté de son token.

La scène illustre la remise en question par Vitalik Buterin d’un argument majeur associé à Ethereum. Au premier plan, le cofondateur du réseau apparaît sérieux et déterminé, tendant la main comme pour défendre une réflexion inattendue. Derrière lui, un gigantesque symbole Ethereum fissuré représente les certitudes ébranlées par ses déclarations. Un immense point d’interrogation orange accentue le doute entourant l’avenir de cet argument. À droite, plusieurs investisseurs affichent des expressions de surprise, d’inquiétude et de perplexité. Les contrastes orange et noir renforcent la tension. L’ensemble évoque un débat fondamental sur Ethereum, sans suggérer nécessairement une remise en cause du réseau.

En bref

  • Vitalik Buterin estime que la valeur de l’ETH ne doit plus dépendre principalement des frais brûlés sur Ethereum.
  • Il privilégie une vision de l’ETH comme réserve de valeur, fondée sur la sécurité et la résilience du réseau.
  • La baisse des frais de transaction et l’essor des solutions de couche 2 réduisent considérablement la destruction d’ETH.
  • Selon Buterin, maintenir des frais élevés pour rendre l’ETH plus rare pénaliserait les utilisateurs et freinerait l’adoption d’Ethereum.
  • La valeur à long terme de l’ETH devrait davantage reposer sur la confiance, la décentralisation et la capacité du réseau à résister aux crises.

Ethereum renonce à faire des frais son principal argument

Depuis l’introduction de l’EIP-1559 en 2021, une partie des frais payés sur Ethereum est définitivement détruite. Cette mécanique a nourri la thèse de « la monnaie d’ultrasons ». Lorsque les destructions dépassent les émissions versées aux validateurs, l’offre d’ETH diminue.

Vitalik Buterin estime désormais que ce mécanisme ne doit plus constituer le cœur de la valorisation du token. Il résume sa position ainsi : « L’ETH comme réserve de valeur a beaucoup plus de sens que l’ETH considéré comme un actif dont la valeur dépend des frais brûlés ».

Son argument repose sur plusieurs constats :

  • Les pics de destruction provenaient surtout d’activités spéculatives internes à la crypto ;
  • Ces revenus auraient diminué en même temps que le prix de l’ETH lors d’une crise ;
  • Les réseaux de couche 2 réduisent durablement les frais payés sur la chaîne principale ;
  • Maximiser la destruction inciterait Ethereum à maintenir des transactions coûteuses.

Buterin ne propose pas de supprimer l’EIP-1559. « Nous devrions le conserver », précise-t-il, avant d’ajouter que les détenteurs ne devraient pas s’inquiéter si les destructions restent durablement inférieures à 10 % du niveau nécessaire pour compenser les nouvelles émissions.

L’évolution est déjà visible. Ethereum avait détruit environ 1,48 million d’ETH en 2022, contre seulement 19 200 ETH depuis le début de 2026 au moment de la publication de l’article source. Cette chute reflète notamment le déplacement d’une partie de l’activité vers des solutions de couche 2 moins coûteuses.

Des frais élevés finiraient par pénaliser Ethereum

La nouvelle doctrine défendue par Buterin rompt le lien artificiel entre l’intérêt des utilisateurs et celui des détenteurs d’ETH. Si la valeur du token dépend d’abord des frais détruits, chaque baisse du coût des transactions devient négative pour les investisseurs, même lorsqu’elle améliore l’expérience du réseau.

À l’inverse, rechercher davantage de destruction supposerait d’encourager des frais élevés. Une telle stratégie risquerait d’exclure les particuliers ainsi que les utilisateurs qui ont le plus besoin de transactions privées et résistantes à la censure.

Buterin conteste également l’idée selon laquelle les destructions créeraient un véritable plancher de valorisation. Il cite l’exemple théorique d’un token brûlant un milliard de dollars par an : avec un taux d’actualisation de 4 %, ce revenu pourrait justifier une capitalisation de 25 milliards de dollars. Mais ce calcul ne fonctionne que si les recettes demeurent stables lorsque le marché baisse.

Or, une grande partie des frais records enregistrés entre 2021 et 2023 provenait des NFT et de la spéculation. La vente des terrains virtuels Otherdeed avait, à elle seule, entraîné environ 180 millions de dollars de destructions en une journée. Les NFT concernés se négocient aujourd’hui bien loin de leur niveau initial, ce qui illustre le caractère instable de cette source de revenus.

Transformer Ethereum en machine à frais nécessiterait aussi une gouvernance plus interventionniste. Buterin estime qu’un réseau géré comme une grande entreprise devrait financer massivement son développement. Il évoque environ 700000 ETH de dépenses annuelles intégrées au protocole, ce qui pourrait réduire de deux tiers les revenus des validateurs.

La valeur de l’ETH dépendrait d’abord de sa capacité à survivre

Le nouveau récit proposé par Buterin repose moins sur une rareté mécanique que sur la solidité de l’infrastructure. Selon lui, la première qualité d’une réserve de valeur est sa capacité à survivre aux crises techniques, politiques et économiques.

Ethereum devrait donc privilégier la décentralisation, la sécurité, la confidentialité, l’ouverture du code et la résistance à la censure. Buterin regroupe ces propriétés sous l’acronyme CROPS. « À l’ère des bouleversements provoqués par l’IA, la stabilité sera fortement valorisée », affirme-t-il.

Cette orientation justifie les recherches sur la résistance quantique, les portefeuilles multisignatures, les outils de confidentialité et les mécanismes empêchant l’exclusion arbitraire de transactions. Elle encourage également une évolution plus prudente du protocole, avec moins de modifications susceptibles d’accroître sa complexité.

Les actifs tokenisés peuvent renforcer cette thèse sans provoquer une explosion des frais. Leur présence sur Ethereum élargit l’utilisation de l’ETH comme garantie et comme actif de règlement, tout en apportant une activité plus stable que les vagues spéculatives liées aux NFT.

Buterin ne garantit toutefois pas que l’ETH deviendra une réserve de valeur comparable au bitcoin. Il redéfinit plutôt le critère à observer : moins le volume de tokens détruits que la capacité d’Ethereum à rester neutre, sécurisé et utilisable pendant plusieurs décennies. Le prix de l’ETH ne serait alors plus la conséquence du coût imposé aux utilisateurs, mais celle de la confiance accordée au réseau.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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