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Guerre commerciale : Trump relance les droits de douane contre une soixantaine de pays

17h05 ▪ 6 min de lecture ▪ par Adjinacou Luc Jose
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Les marchés n’auront finalement pas droit à l’accalmie espérée. Alors que les droits de douane temporaires instaurés il y a 150 jours arrivaient à échéance, Donald Trump a choisi de relancer la guerre commerciale en annonçant, ce vendredi, une nouvelle vague de taxes visant une soixantaine d’économies. Présentée comme une réponse au travail forcé dans certaines chaînes d’approvisionnement, cette offensive dépasse largement le cadre du commerce. Elle ravive les tensions entre les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, tout en alimentant une nouvelle phase de volatilité sur les marchés financiers et les actifs alternatifs.

Trump relance les droits de douane.

En bref

  • Donald Trump impose dès ce vendredi des surtaxes de 10 % à 12,5 % ciblant une soixantaine d’économies à l’expiration des mesures temporaires de février.
  • L’administration américaine s’appuie sur une enquête visant à éliminer les produits issus du travail forcé des chaînes d’approvisionnement mondiales.
  • Pékin dénonce une mesure unilatérale néfaste pour le commerce mondial, soutenue par les vives critiques de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon.
  • Bruxelles accueille favorablement le maintien des surtaxes sous la barre des 15 %, conformément à l’accord de Turnberry signé l’an dernier.

Une offensive tarifaire ciblée sous couvert de normes sociales

Ce nouveau dispositif a pris immédiatement ce vendredi la relève des taxes temporaires de 10 % instaurées en février dernier pour une durée de 150 jours, arrivées à échéance à la même heure. Une clause de grâce a été prévue pour les produits en cours d’acheminement, qui échapperont à cette taxation s’ils arrivent à destination avant le 28 juillet à. Ainsi, l’on observe une différenciation des taux :

  • La surtaxe de 10 % : elle s’applique aux partenaires disposant d’une législation jugée incomplète par Washington, notamment l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Mexique ou le Canada ;
  • Une surtaxe de 12,5 % : elle frappe une quarantaine d’autres nations, dont la Chine, le Japon, la Suisse ou la Corée du Sud ;
  • Seules l’énergie et les matières premières non produites sur le sol américain échappent à ce nouveau régime fiscal.

L’administration américaine s’appuie sur une enquête menée depuis mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, portant sur l’élimination des produits issus du travail forcé. Sur l’antenne de CNN, Jamieson Greer a fermement justifié la démarche administrative : « nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits. Si vous autorisez l’importation de biens issus du travail forcé, cela crée de la concurrence déloyale envers vos propres produits. Nous voulons que tous les pays disposent du même type de protections ». Cette approche s’insère dans une logique de pression continue sur les partenaires commerciaux des États-Unis.

Greta Peisch, avocate spécialiste en commerce international, souligne que l’objectif est « de garder la main et de maintenir la pression pour que les pays continuent d’appliquer les accords commerciaux qui ont été signés, et peut-être en négocier d’autres dans le futur. Il y a ce fil rouge, même si les droits de douane varient fortement et changent de justification entre-temps ».

Entre riposte chinoise et répit européen

Les réactions diplomatiques mondiales ont immédiatement illustré la fracture provoquée par cette annonce. En Asie, l’Australie a qualifié ces nouvelles barrières « d’injustifiées », Wellington les a jugées « extrêmement décevants » et Tokyo a indiqué qu’il les regrette. La Chine, membre influent du bloc des BRICS, frappée par le tarif de 12,5 %, a manifesté une vive opposition lors d’une conférence de presse tenue par Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères : « nous nous opposons à toute forme de mesures unilatérales en matière de droits de douane. Une guerre de droits de douane ou une guerre commerciale ne sert les intérêts d’aucune partie ». Cette vive tension intervient malgré la trêve conclue en octobre dernier entre Washington et Pékin, sur fond de différends persistants quant aux restrictions américaines sur les exportations technologiques.

À l’opposé, l’Union européenne a accueilli la nouvelle avec un soulagement manifeste. Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré que « l’UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane », le taux de 10 % appliqué respectant le plafond de 15 % négocié un an plus tôt à Turnberry, en Écosse, et dissipant les craintes d’escalade liées à la récente amende infligée au géant Google.

L’escalade bilatérale et l’impact macroéconomique global

En parallèle de cette offensive globale, la Maison Blanche poursuit une stratégie de sanctions ciblant des partenaires spécifiques tout en préparant de nouvelles cartouches juridiques. Le Brésil est ainsi concerné depuis mercredi par des droits de douane de 25 % s’appliquant à près de la moitié de ses exportations vers la première économie mondiale, tandis que le Canada fait face à une surtaxe supplémentaire de 50 % devant entrer en vigueur dans un mois.

Le gouvernement américain privilégie désormais un ciblage sélectif des marchandises plutôt qu’une taxation aveugle de l’ensemble des importations. De plus, le bureau du représentant au Commerce mène d’autres enquêtes fondées sur la même base légale visée par la Cour suprême, notamment au sujet d’une potentielle surcapacité industrielle étrangère, une procédure qui menace une nouvelle fois l’Union européenne.

Sur le plan macroéconomique et financier, l’instauration de ces barrières douanières permanentes fragilise les circuits d’approvisionnement traditionnels et ravive le risque d’une poussée inflationniste globale. En restreignant la fluidité des échanges mondiaux et en accentuant le protectionnisme, cette politique contraint les acteurs économiques à réévaluer leurs allocations de capital. Face à la fragilité des monnaies souveraines soumises aux arbitrages étatiques et à l’arbitraire des politiques tarifaires, les marchés financiers pourraient accélérer leur migration vers des actifs de la DeFi insensibles aux frontières douanières, renforçant la pertinence des alternatives numériques au sein des portefeuilles internationaux.

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Adjinacou Luc Jose

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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