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IA : Claude élucide un mystère cryptographique de la NSA vieux de 25 ans

16h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Evans S.
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Claude vient de résoudre en moins de 30 minutes une énigme cryptographique qui traînait depuis environ 25 ans. Le modèle d’IA d’Anthropic a retrouvé l’origine de cinq nombres fournis par la NSA pour certaines courbes elliptiques standardisées par le NIST en 2000. Longtemps soupçonnés de pouvoir cacher une porte dérobée, ils provenaient finalement d’un vieux générateur pseudo-aléatoire alimenté par des horodatages de 1997 et 1998.

Une IA ouvre un coffre cryptographique vieux de 25 ans sous un compteur affichant 30.

En bref

  • Claude a retrouvé l’origine de cinq seeds NIST en moins de 30 minutes.
  • Ils provenaient du générateur lrand48 initialisé avec des timestamps.
  • La découverte ne casse aucun chiffrement et ne concerne pas directement Bitcoin.

Claude retrouve ce que les chercheurs cherchaient depuis 25 ans

L’affaire remonte à la fin des années 1990. La NSA avait fourni plusieurs nombres, appelés seeds, utilisés dans la génération de courbes elliptiques ensuite intégrées au standard ECDSA du NIST.

Personne ne savait exactement comment ces nombres avaient été choisis. Cette absence d’explication a nourri les soupçons pendant des années, particulièrement après les révélations sur les activités cryptographiques de la NSA. Claude avait déjà montré des capacités surprenantes dans la cybersécurité, au point qu’Anthropic a reconnu plusieurs incidents lors de tests impliquant son IA.

Cette fois, le modèle ne cherchait pas une vulnérabilité. Un employé d’Anthropic lui a simplement demandé d’enquêter sur l’origine des seeds, sans lui fournir l’hypothèse privilégiée jusque-là. Beaucoup pensaient qu’ils provenaient du hachage d’une phrase humoristique choisie par Jerry Solinas, mathématicien de la NSA.

Claude est parti ailleurs. Il a étudié les caractéristiques des vieux générateurs pseudo-aléatoires disponibles dans les bibliothèques C des années 1990. Moins d’une demi-heure plus tard, il avait une piste.

Un simple générateur de nombres derrière le mystère de la NSA

Le responsable s’appelle lrand48. Ce générateur pseudo-aléatoire existait déjà dans les anciennes bibliothèques C. Claude a détecté dans les seeds une signature compatible avec son fonctionnement, puis reconstruit son état interne.

Le modèle a finalement retrouvé l’origine des seeds des courbes P-192, P-224, P-256, P-384 et P-521. Pour P-256, le programme avait été initialisé avec un timestamp Unix. Il avait ensuite généré des candidats successifs. Le seed finalement publié correspond au 1 842e candidat.

Claude a également retrouvé des timestamps compris entre mai 1997 et avril 1998 pour les différentes courbes étudiées. Le résultat change surtout la lecture historique du dossier.

Pendant longtemps, une hypothèse voulait que la NSA ait testé un grand nombre de paramètres avant de sélectionner volontairement une courbe présentant une faiblesse connue uniquement de l’agence.

Anthropic juge désormais cette possibilité beaucoup moins crédible. Cela ne signifie pas que toutes les questions ont disparu. Certaines courbes candidates apparemment valides ont été ignorées sans raison connue. L’origine de plusieurs points de base reste également inexpliquée. Une seed, celle de B-163, résiste encore. Claude n’a donc pas tout résolu. Mais les cinq principales seeds qui alimentaient le débat ont désormais une origine reproductible.

Bitcoin n’a pas été cassé par cette découverte de l’IA

La précision est importante : Claude n’a cassé ni ECDSA ni Bitcoin. Anthropic le dit explicitement. Aucun utilisateur des courbes NIST concernées n’a besoin de changer ses clés ou ses systèmes à la suite de cette découverte.

Bitcoin utilise de son côté secp256k1, et non P-256. La courbe choisie par Satoshi Nakamoto possède des paramètres particulièrement simples. Elle laisse beaucoup moins de latitude pour sélectionner secrètement certaines valeurs afin d’y cacher une faiblesse.

La découverte de Claude ne modifie donc pas la sécurité actuelle du réseau. Bitcoin possède toutefois un autre problème cryptographique potentiel : les ordinateurs quantiques. Google vient justement de franchir une nouvelle étape avec son processeur Willow, sans disposer pour autant d’une machine capable de casser les signatures Bitcoin aujourd’hui.

La performance de Claude raconte surtout autre chose.

Une IA a exploré en quelques dizaines de minutes une piste que des cryptographes humains poursuivaient depuis des années. Elle a identifié une structure statistique, testé plusieurs anciens générateurs, utilisé des techniques mathématiques de réduction de réseaux puis vérifié le résultat par calcul.

Ce type d’utilisation rapproche encore davantage l’IA des infrastructures cryptographiques et blockchain. Il y avait même une récompense à la clé. Une prime de 36 864 dollars avait été promise si la solution était trouvée et l’argent reversé à une organisation caritative. Elle ira finalement à l’Internet Security Research Group, l’organisation derrière Let’s Encrypt. Vingt-cinq ans de recherches. Moins de trente minutes pour Claude.

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Evans S. avatar
Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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