IA : OpenAI porte son affrontement avec Apple sur la place publique
OpenAI a publié des courriels et des messages d’anciens salariés d’Apple pour contester une plainte en secret des affaires déposée en juillet 2026. La société de Sam Altman accuse le groupe californien d’avoir présenté des faits inexacts avant de saisir la justice.

En bref
- OpenAI diffuse une réponse détaillée à la plainte d’Apple et met en ligne des échanges privés pour soutenir sa version.
- Apple accuse OpenAI, deux anciens cadres et io Products d’avoir détourné des secrets liés à ses projets matériels.
- OpenAI affirme que des salariés d’Apple ont continué à solliciter un ancien ingénieur après son départ.
OpenAI transforme une procédure judiciaire en bataille publique
Le litige porte sur la stratégie matérielle d’OpenAI, qui s’est accélérée après le rachat en 2025 de la start-up de Jony Ive. Cette offensive s’inscrit dans la course à l’intelligence artificielle et pousse désormais l’entreprise à défendre publiquement ses méthodes de recrutement et de protection des données.
Dans un billet publié par OpenAI, la société accuse Apple d’avoir confondu deux salariés aux noms proches. Elle lui reproche aussi d’avoir affirmé, à tort selon elle, que ses équipes n’avaient pas répondu aux sollicitations et que les avocats d’Apple avaient échangé avec Che Chang, le directeur juridique d’OpenAI, avant le dépôt de la plainte.
OpenAI accompagne cette réponse de courriels, de messages texte et d’un argumentaire détaillé. Le choix de publier ces éléments déplace le débat hors du tribunal, alors que les deux groupes se disputent déjà une place dans les futurs appareils grand public dotés d’IA.
« Apple compte parmi les plus grandes entreprises de tous les temps et s’est forgé une réputation d’attention obsessionnelle aux moindres détails. Cette plainte négligente, agressive et étrangement personnelle ne correspond malheureusement pas à cette réputation », écrit OpenAI dans sa réponse.
Apple accuse deux anciens salariés d’avoir conservé des informations sensibles
Apple reproche à OpenAI, à l’ancien ingénieur Chang Liu, à l’ex-responsable du design Tang Tan et à io Products d’avoir utilisé des secrets commerciaux liés à ses équipements. La plainte relie ces accusations au développement des produits matériels d’OpenAI après l’acquisition de la start-up de Jony Ive en 2025.
Apple affirme que Chang Liu a conservé un ordinateur professionnel après son départ. L’entreprise lui reproche également d’avoir exploité une faille d’authentification pour accéder à des systèmes internes et télécharger des documents d’ingénierie confidentiels.
La plainte vise aussi Tang Tan. Apple soutient que l’ancien dirigeant a utilisé des informations confidentielles pour servir les projets matériels d’OpenAI. Elle estime par ailleurs que le processus de recrutement de la société a pu inciter des candidats à apporter des documents sensibles.
Dans l’article de Decrypt consacré à la plainte d’Apple, OpenAI conteste chacune de ces affirmations. La société affirme notamment qu’Apple a contacté la mauvaise personne après avoir mélangé deux salariés portant des noms similaires. Cette erreur, selon OpenAI, fragilise la lecture que le groupe fait des échanges entre les anciens salariés et l’entreprise.
Des messages d’iMessage au cœur de la défense d’OpenAI
OpenAI a publié des échanges entre Chang Liu et des salariés d’Apple après son départ en janvier. Ces conversations montrent, selon l’entreprise, que des employés lui demandaient de retrouver des fichiers, de transférer des documents ou de répondre à des questions techniques.
OpenAI s’appuie sur ces demandes pour soutenir une thèse précise. Les salariés d’Apple auraient continué à compter sur l’accès de Liu, tandis que les accès encore actifs auraient résulté du processus de départ mis en place par Apple, et non d’une volonté délibérée de conserver des informations confidentielles.
La société distingue le cas de Tang Tan. Elle affirme avoir rappelé à plusieurs reprises à l’ancien cadre qu’il ne devait ni apporter ni utiliser de données confidentielles issues de son précédent employeur. OpenAI juge donc inutile la demande d’injonction préliminaire formulée par Apple, car cette mesure pourrait limiter ses activités pendant la procédure.
« La demande d’injonction préliminaire d’Apple repose sur des informations fausses et reste totalement inutile, car nous ne détenons aucun de leurs secrets commerciaux et nous n’en voulons pas », écrit OpenAI.
Nous nous intéressons davantage à la création de produits et de technologies innovants qui repoussent les limites.
En somme, OpenAI tente de reprendre l’initiative grâce à trois leviers : la publication de messages privés, la contestation d’erreurs factuelles et la défense de son projet matériel. Apple devra maintenant répondre sur le terrain judiciaire, tandis que la bataille s’inscrit dans les transformations liées à l’IA qui redessinent déjà l’industrie technologique. La procédure ne fait que commencer.
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