Israël : Netanyahu demande un plan blockchain face à de possibles sanctions
Benyamin Netanyahou a demandé à ses conseillers de préparer un plan fondé sur la blockchain pour réduire la vulnérabilité d’Israël face à d’éventuelles sanctions bancaires. Le Premier ministre n’a toutefois précisé ni les cryptos envisagées, ni les responsables du projet, ni son calendrier.

En bref
- Netanyahou demande un plan blockchain pour préparer Israël à d’éventuelles sanctions bancaires.
- Aucune crypto, blockchain ou date de mise en œuvre n’a encore été annoncée.
- Les cryptos pourraient faciliter certains paiements, mais ne garantissent pas le contournement des sanctions.
- Les plateformes d’échange et les émetteurs de stablecoins restent soumis aux règles internationales.
- Israël cherche également à réduire sa dépendance à l’aide militaire américaine.
Netanyahou demande une solution fondée sur la blockchain
Le Premier ministre israélien a évoqué ce projet le 23 octobre lors d’un entretien accordé à la chaîne économique Channel 10. Il estime qu’Israël doit préparer des circuits financiers alternatifs au cas où des restrictions internationales toucheraient son système bancaire.
Lorsque le journaliste Roy Katz lui a demandé si la blockchain pouvait constituer une solution, Benyamin Netanyahou a répondu :
Certainement, c’est l’une d’elles. J’ai déjà demandé qu’un plan soit préparé.
Cette déclaration confirme une commande, mais pas l’adoption d’un dispositif opérationnel. Plusieurs éléments essentiels restent donc inconnus :
- L’administration chargée de préparer le plan n’a pas été désignée publiquement ;
- Aucune blockchain n’a été sélectionnée ;
- Netanyahou n’a cité aucune cryptomonnaie précise ;
- Aucun budget ou calendrier n’a été annoncé ;
- Le projet n’a pas encore reçu de cadre juridique public ;
- Aucun partenaire financier ou technologique n’a été présenté.
« Il faut comprendre qu’il pourrait y avoir des sanctions, y compris bancaires », a déclaré le Premier ministre. Il a ajouté qu’Israël devait « préparer une économie capable de les contourner ».
Ses propos ont été tenus quatre jours avant les élections législatives israéliennes. Ils interviennent aussi dans un contexte de pression internationale croissante liée aux opérations militaires israéliennes, à la situation à Gaza et à l’expansion des colonies en Cisjordanie.
Le Royaume-Uni et onze autres pays occidentaux ont notamment annoncé des mesures contre les produits issus des colonies israéliennes. Ces restrictions ciblées ne correspondent pas encore aux sanctions bancaires générales évoquées par Netanyahou.
Les cryptos ne rendent pas un pays invisible
Une blockchain publique peut permettre des transferts directs sans passer par le réseau bancaire traditionnel. Deux acteurs peuvent échanger du bitcoin ou un autre actif numérique tant qu’ils disposent d’un accès au réseau et contrôlent leurs clés privées.
Cette autonomie reste toutefois limitée dès qu’un État souhaite importer des marchandises, payer des entreprises ou convertir de grandes sommes en monnaies nationales. Les plateformes d’échange, les banques partenaires et les émetteurs de stablecoins appliquent des règles de conformité et peuvent bloquer certaines adresses.
Les transactions effectuées sur Bitcoin, Ethereum ou d’autres réseaux publics sont aussi enregistrées de manière permanente. Des sociétés spécialisées peuvent suivre les mouvements, relier des adresses à des entités et alerter les plateformes lorsque des fonds proviennent d’un acteur sanctionné.
Les stablecoins posent une autre difficulté. La plupart dépendent d’entreprises centralisées qui conservent des réserves bancaires. Leurs émetteurs peuvent geler des tokens ou refuser des transactions pour respecter une décision judiciaire ou une sanction internationale.
Une infrastructure privée contrôlée par Israël offrirait davantage de maîtrise, mais elle aurait besoin de partenaires étrangers pour les échanges internationaux. Une blockchain nationale ne crée donc pas automatiquement des fournisseurs, des liquidités ou des contreparties prêtes à ignorer des restrictions.
Un haut responsable économique israélien, cité anonymement par Channel 12, a contesté le projet. « Cette idée n’atteindra certainement pas son objectif. Le simple fait d’en parler pourrait nuire à l’économie », a-t-il déclaré.
Israël veut aussi réduire sa dépendance militaire
Le projet blockchain s’inscrit dans une stratégie plus large d’autonomie. Netanyahou a également demandé au pays de se préparer à une baisse, puis à une possible fin de l’aide militaire américaine.
« Ce n’est qu’une question de temps », a-t-il affirmé au sujet de cette assistance. Le Premier ministre veut renforcer la production nationale de munitions et d’équipements militaires. Il a évoqué 400 milliards de shekels supplémentaires, soit environ 129 milliards de dollars, destinés à la défense au cours des prochaines années.
Netanyahou estime aussi qu’Israël pourrait rencontrer un environnement politique américain moins favorable après le départ de Donald Trump. Ses opposants lui reprochent, à l’inverse, d’avoir aggravé l’isolement diplomatique du pays par les choix de son gouvernement.
Le plan blockchain reste donc une intention politique, pas un système déjà conçu. Son efficacité dépendra de sa forme technique, des actifs choisis et de la coopération d’entreprises étrangères. Il faudra aussi déterminer s’il vise la continuité des paiements légitimes en période de crise ou le contournement direct de sanctions internationales.
Tant qu’aucun document officiel ne précise ces éléments, il serait excessif de présenter Israël comme prêt à remplacer son système bancaire par les cryptos. L’annonce montre surtout que le gouvernement étudie des solutions alternatives face à un risque financier qu’il juge désormais crédible.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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