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Jusqu'où montera le Bitcoin ?

lun 27 Fév 2023 ▪ 10 min de lecture ▪ par Nicolas T.
Apprendre Investissement

Le Bitcoin continuera de s’apprécier tant qu’il y aura de l’inflation, ce qui n’est pas près de s’arrêter. Mais jusqu’où ?

Bitcoin

L’inflation sans fin

Le grand destin du Bitcoin est d’être la réserve de valeur par excellence d’un monde de plus en plus inflationniste, cerné par les limites physiques de la croissance.

Ces limites se rapprochent de plus en plus vite depuis l’invention de la machine à vapeur et ses formidables gains de productivité qui ont permis de démocratiser le crédit (dit autrement, le ponzi de la monnaie-dette).

Viendra après le charbon, le pétrole, le gaz, l’électricité et des inventions majeures comme le moteur à explosion, la dynamo, le téléphone, etc. Le pétrole s’est imposé comme l’énergie reine grâce à sa densité énergétique exceptionnelle qui a rendu possible la multiplication des moyens de transport.

Cette abondance de camions et de porte-conteneurs est nécessaire pour pouvoir transporter en masse des minerais, matériaux de base, produits semi-finis ou produits manufacturés.

Sans transport, ou plutôt, sans pétrole, notre production/consommation globale serait bien moindre, et notre confort aussi. Il n’y aurait pas de mondialisation puisque 95 % du transport mondial fonctionne au pétrole !

Il y a un critère pour mesurer la mondialisation : la part des échanges dans le PIB mondial. Elle était de 25 % en 1970, puis de 60 % en 2008, le record. Coïncidence (ou pas…), cette année fut également celle du pic de pétrole conventionnel (tout le pétrole mondial sauf le pétrole dit de schiste aux USA et les sables bitumineux au Canada).

Depuis 2008, la part des échanges dans le PIB mondial ne cesse de diminuer :

Part des échanges commerciaux dans le PIB mondial
Source : Les Echos

Le pétrole étant devenu plus cher à sortir de terre, la hausse des coûts de transport a réduit les échanges mondiaux. Certaines choses ne sont tout simplement plus rentables à exporter (transporter).

La relation de cause à effet est la suivante : moins de pétrole (ou plutôt, moins de pétrole pas cher), moins de transport, moins d’échanges et, in fine, moins de production, moins de confort.

Malheureusement, la technologie ne nous sauvera pas. Plus une machine est complexe (camion électrique autonome, par exemple), et plus elle requiert d’éléments différents. Les mines de cobalt, de cuivre ou de Lithium se situent rarement au même endroit.

Dit autrement, les voitures électriques existent grâce à la mondialisation elle même permise par le pétrole. Que l’on supprime camions à moteur thermique et porte-conteneurs et adieu éoliennes, voitures Tesla, fruits exotiques, etc.

Comme dit Jean-Marc Jancovici : « Une économie sobre en énergie [en pétrole notamment] sera bien moins mondialisée qu’aujourd’hui. Cela devrait logiquement engendrer de l’inflation – voire des ruptures d’approvisionnement – pour tous les produits qui sont issus de chaînes de valeur internationales (ce qui fait beaucoup !) ».

Le mot est lâché : inflation. Au bout du bout, nous produirons et achèterons inéluctablement moins de choses. L’argent circulera moins vite, ce qui signifie que les dettes ne seront pas remboursées à temps…

À moins d’emprunter davantage pour faire rouler la dette dans une folle fuite en avant. Cette dernière s’illustre par les déficits budgétaires qui agissent comme un effet cliquet sur l’inflation.

Enter Bitcoin

Que ce soit à cause des déficits budgétaires, des intérêts qui imposent de prêter toujours plus ou la baisse de la productivité, nous ne couperons pas à l’inflation.

Sans gains de productivité (énergie peu chère), l’hyperinflation et/ou la pénurie sont inévitables. Il n’y a pas de miracle. Sans énergie dense et peu chère, la quantité de chose dont nous jouissons se tassera.

Maintenant que l’on a dit toutes ces réjouissances physiques, comment éviter que ce soient toujours les mêmes qui échappent à l’inflation ? Je veux parler de ceux qui ont les poches assez profondes pour acheter actions de bourse, peintures de grands maîtres, voitures de collection, immobilier de prestige, obligations exotiques, etc.

Ceux-là seront protégés du great reset hyperinflationniste. Mais pas le quidam qui réalisera tôt ou tard que sa Mona Lisa, c’est le bitcoin. La raison étant qu’il est possible d’en acheter dès 20 euros, contrairement à une toile où un appartement dans le 7ième arrondissement de Paris.

Le Bitcoin est la réserve de valeur ultra-liquide dont les peuples ont toujours rêvé. Mais pour l’instant, 90 % des gens ne savent tout simplement pas :

  • Qu’il n’y aura pas plus de 21 millions de bitcoins.
  • Que l’émission de bitcoins est divisée par deux tous les quatre ans

La plupart ont peur de la volatilité du Bitcoin sans réaliser qu’elle est normale. L’évolution de sa valeur sera une série de bulles jusqu’à devenir la réserve de valeur la plus populaire au monde. Et chacun obtiendra ses bitcoins au prix qu’il mérite.

Bitcoin bubbles
Source : Jesse Myers (aka Croesus)

Le bitcoin est donc en concurrence avec l’or, les obligations, l’immobilier, les œuvres d’art et les actions, chacune ayant ses propres caractéristiques.

La valeur d’une entreprise se détermine à partir des revenus anticipés auxquels on retranche l’inflation attendue. Les multinationales technologiques étant les mieux placées pour trouver des solutions techniques à la raréfaction énergétique, elles devraient continuer d’engranger de la valeur.

La valeur de l’immobilier ? Elle est limitée par la capacité d’emprunt (taux d’intérêt et durées d’emprunt). La démographie, l’érosion des bâtiments et d’autres paramètres doivent également être pris en compte. En moyenne, une maison dure 100 ans.

Les revenus des obligations dépendent des taux de rémunération, d’inflation et de la taille de la dette globale du pays en question (risque de défaut). Aujourd’hui, les taux doivent rester proches de zéro. La raison étant que les États n’ont plus les moyens de payer des intérêts sur leur dette.

Dans le cas de l’or, il faut savoir que les mineurs augmentent le stock d’environ 2 % par an. L’humanité a déjà sorti de terre une quantité d’or égale à 21 mètres cubes. Soit 12 000 milliards de dollars au cours actuel. En clair, il faut qu’il s’achète au moins 240 milliards de dollars d’or chaque année pour que son prix reste stable.

Il est temps de choisir le Bitcoin

Actions et obligations ont besoin de croissance économique pour rapporter de l’argent. Or, nous l’avons expliqué, il y aura selon toute vraisemblance de moins en moins de croissance. Sans parler des dettes gargantuesques qui obligeront les banques centrales à maintenir les taux bas. Et mis à part l’immobilier de prestige, la pierre n’est pas une réserve de valeur très durable. La gravité n’a aucune pitié.

L’or a su garder son pouvoir d’achat à travers les âges. Mais la relique barbare doit maintenant faire avec un prédateur.

Le bitcoin est différent. Son offre est divisée par deux tous les quatre ans (halving). Le nombre de BTC augmente aujourd’hui de 1,8 % par an, mais ralentira à 0,9 % en 2024, puis 0,45 % en 2028 et ainsi de suite.

[Certains disent que l’impact du halving diminue avec le temps. C’est vrai, l’impact est mathématiquement deux fois moindre à chaque fois. Cela dit, il suffit que la demande ait doublé entre temps pour que l’impact global reste aussi fort.]

En somme, l’innovation du Bitcoin est l’avènement de la « rareté numérique ». Cette propriété n’est pas possible dans le monde réel où il est toujours possible de construire plus de maison, chercher plus d’or ou créer de nouvelles multinationales.

A contrario, le Bitcoin existe de manière finie et son rythme d’émission diminue de manière exponentielle. Soit exactement l’opposé du ponzi de la monnaie fiat voué à l’hyperinflation.

L’or est un bon moyen de stocker du pouvoir d’achat, mais le bitcoin est simplement meilleur. Il suffit d’embrasser la volatilité initiale (brutale, il faut l’admettre) qui caractérise toutes les innovations.

Cette volatilité s’estompera à mesure que le Bitcoin prendra de la valeur. Il ne pèse que 400 milliards de dollars ! Autant dire un pouillème de l’ensemble des actifs mondiaux (900 000 milliards $ d’après Jesse Myers). Soit 1/2000e de la valeur des actifs mondiaux.

Quelles sont les chances que nous passions de 0.05 % à quelques pourcents ? Élevées.

Si l’on part du principe que le bitcoin finira par absorber 70 % de la valeur stockée dans l’or ; 10 % des œuvres d’art ; 50 % des réserves de change des banques centrales ; 20 % des obligations souveraines et 10 % des actions de bourse, nous arrivons à 140 000 milliards de dollars.

C’est-à-dire plus de 6 millions de dollars par bitcoin. X 240… Hodl !

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Nicolas T.

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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