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La BRI juge les stablecoins peu crédibles pour les paiements à grande échelle

15h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Fenelon L.
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Les stablecoins ne constituent pas un moyen de paiement crédible à grande échelle, a tranché vendredi Pablo Hernández de Cos, patron de la BRI. Devant le symposium de Jackson Hole, le 28 août, il leur a préféré les dépôts tokenisés des banques. La veille, son institut publiait une étude qui relève des règles d’émission très inégales selon les marchés.

Une gigantesque pièce numérique fissurée s’effondre sous la pression d’une foule, tandis qu’un banquier observe la scène, sceptique.

En bref

  • Le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), Pablo Hernández de Cos, a déclaré le 28 août à Jackson Hole que les stablecoins manquent de crédibilité comme moyen de paiement à grande échelle.
  • L’étude de l’Institut de stabilité financière (FSI), publiée le 27 août, relève des cadres d’émission très différents aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, à Hong Kong et à Singapour.
  • L’étude de l’Institut de stabilité financière (FSI), publiée le 27 août, relève des cadres d’émission très différents aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, à Hong Kong et à Singapour.

À Jackson Hole, la BRI ne croit pas aux stablecoins comme infrastructure de paiement

À Jackson Hole, Pablo Hernández de Cos n’a pas caché le scepticisme de la Banque des règlements internationaux (BRI). Pour son directeur général, les stablecoins peuvent avoir leur utilité, mais ils ne présentent pas les garanties nécessaires pour devenir le socle des paiements à grande échelle.

La position de la BRI tranche avec celle des États-Unis. À Washington, les autorités avancent au contraire vers un cadre réglementaire spécifique pour les stablecoins, avec l’idée de faire de ces actifs un nouvel instrument au service du système financier américain.

L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul marché crypto. Le Trésor américain considère que le développement des stablecoins pourrait soutenir la demande pour les obligations américaines et, par extension, renforcer encore la place du dollar dans la finance mondiale.

La BRI, elle, mise sur une autre solution : les dépôts tokenisés.

« Les dépôts tokenisés offrent une voie plus directe pour exploiter la tokenisation tout en préservant les fondements du système monétaire », a déclaré Pablo Hernández de Cos.

La différence est importante. Un dépôt tokenisé reste un dépôt bancaire classique, même si sa circulation repose sur une infrastructure numérique. L’argent demeure donc dans le système bancaire et sous le contrôle du cadre prudentiel existant. Un stablecoin, à l’inverse, est généralement émis par une société privée et garanti par des réserves.

Pour la BRI, les deux modèles ne sont pas forcément incompatibles. Mais les stablecoins ne devraient pas, selon elle, prendre la place du système bancaire dans les paiements du quotidien.

Cinq marchés, cinq approches réglementaires

Cette sortie intervient au lendemain d’une étude de l’Institut de stabilité financière (FSI), lié à la BRI. Le rapport compare les règles appliquées aux stablecoins aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, à Hong Kong et à Singapour.

Premier constat : les règles restent très éloignées d’un marché à l’autre.

Les conditions d’émission, les exigences imposées aux entreprises et les activités autorisées varient selon les juridictions. Les différences sont particulièrement visibles lorsqu’il s’agit des émetteurs qui ne sont pas des banques.

Les États-Unis et Singapour ont adopté une approche relativement stricte. Le cadre américain limite notamment certaines activités pour les émetteurs de stablecoins de paiement, comme le prêt, le staking — c’est-à-dire la rémunération obtenue en immobilisant des actifs sur un réseau —, le trading pour compte propre ou certains services de conservation de cryptomonnaies.

Ailleurs, les régulateurs se montrent plus souples. Dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et à Hong Kong, certaines activités supplémentaires peuvent être exercées avec une autorisation spécifique.

Le FSI relève toutefois une limite commune à plusieurs de ces dispositifs : les restrictions visent souvent directement la société qui émet le stablecoin, sans forcément couvrir l’ensemble du groupe auquel elle appartient.

Cette distinction pourrait permettre à certains acteurs de loger différentes activités dans plusieurs entités juridiques. Les auteurs de l’étude estiment donc qu’une surveillance au niveau du groupe serait plus adaptée, notamment pour les plus grands émetteurs.

Les banques redoutent une fuite de leurs dépôts

La BRI reconnaît que les stablecoins peuvent apporter certains avantages au système financier. Leur essor pourrait, par exemple, soutenir la demande pour la dette publique et contribuer à réduire les coûts de financement des États, un argument régulièrement défendu par le Trésor américain.

Mais pour Pablo Hernández de Cos, le risque se situe ailleurs : dans les banques.

Si une part importante des dépôts quittait les établissements bancaires pour être convertie en stablecoins, les banques perdraient une source essentielle de financement. Elles devraient alors emprunter davantage sur les marchés, souvent à des conditions plus coûteuses.

Le surcoût finirait, selon cette logique, par être répercuté sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises.

La BRI s’inquiète également de la multiplication d’écosystèmes de paiement qui ne communiquent pas toujours entre eux. Passer d’un stablecoin ou d’une plateforme à une autre peut encore entraîner des coûts et des frictions, tandis que l’application des règles de lutte contre le blanchiment reste difficile à harmoniser à l’échelle internationale.

En Europe, la BCE poursuit son projet d’euro numérique et tente de répondre aux inquiétudes sur la surveillance.

Le débat pourrait aussi prendre une dimension politique dans les prochaines années. Pablo Hernández de Cos figure parmi les noms évoqués pour la succession de Christine Lagarde à la tête de la BCE en 2027. S’il devait prendre la direction de l’institution, sa vision très prudente des stablecoins pourrait peser davantage dans les choix monétaires et réglementaires de la zone euro.

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Fenelon L.

Passionné par le Bitcoin, j'aime explorer les méandres de la blockchain et des cryptos et je partage mes découvertes avec la communauté. Mon rêve est de vivre dans un monde où la vie privée et la liberté financière sont garanties pour tous, et je crois fermement que Bitcoin est l'outil qui peut rendre cela possible.

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