Le fork BIP-110 de Bitcoin s’essouffle après deux blocs : Voici ce qui s’est passé
Le BIP 110, soft fork temporaire conçu pour limiter les données non financières inscrites sur Bitcoin, a bien provoqué une scission au bloc 961 632. Mais sa branche n’a produit que deux blocs en huit heures. Le réseau vient de rappeler qu’une règle sans mineurs reste surtout une intention.

En bref
- La branche BIP-110 n’a produit que deux blocs durant ses huit premières heures, contre 48 sur la chaîne dominante.
- Seuls 51 des 2 016 blocs de la période précédente signalaient BIP-110, soit 2,53 %.
- Le fork minoritaire existe techniquement, mais son manque de puissance de calcul le rend presque inutilisable.
Deux blocs en huit heures : la branche BIP-110 décroche
Depuis le bloc 961 632, Bitcoin évolue sur deux chaînes parallèles. La première concentre la grande majorité des mineurs, des plateformes d’échange et des utilisateurs ; la seconde regroupe les nœuds compatibles BIP-110, qui rejettent tout bloc ne portant pas le signal d’activation requis par la proposition. Cette division matérialise la phase décisive du BIP 110 annoncée ces derniers jours.
Le point de rupture est simple. À la hauteur 961 632, AntPool a produit un bloc sans le signal exigé par BIP-110. Les nœuds ordinaires l’ont accepté, mais les nœuds ayant activé la proposition l’ont rejeté : à partir de cet instant, les deux groupes ne regardaient plus la même chaîne.
Roughnecks, via le pool OCEAN, a ensuite trouvé un bloc conforme au signal bit 4. Ce bloc a donné aux partisans du BIP-110 une branche distincte sur laquelle continuer. Le fork était né, mais avec très peu de puissance de calcul pour le faire avancer.
Selon l’article de SpazioCrypto publié le 9 août 2026 à 09 h 08 UTC, cette branche n’avait produit que deux blocs durant ses huit premières heures, contre 48 sur la chaîne dominante. L’écart ne décrit donc pas deux réseaux de force comparable : Bitcoin continuait de fonctionner normalement d’un côté, tandis que les confirmations se raréfiaient sur la branche BIP-110.
À 11 h 40 UTC, le moniteur public du BIP 110 plaçait la chaîne principale au bloc 961 725, soit 94 blocs suivis depuis le début de la période 477. Aucun de ces blocs ne signalait BIP-110. Le risque de scission évoqué la veille par Cointribune était devenu réel, mais la branche minoritaire partait avec un handicap considérable.
Le fork manque de puissance, pas de règles
La branche BIP-110 avance lentement parce qu’elle conserve la difficulté de minage de Bitcoin tout en attirant une fraction minuscule des mineurs. Avec peu de puissance de calcul face à une difficulté calibrée pour l’ensemble du réseau, trouver le prochain bloc peut prendre des heures, voire davantage. Les transactions restent alors en attente et les nœuds concernés deviennent difficiles à utiliser au quotidien.
Une nuance compte ici. Les 2,53 % correspondent à 51 blocs signalants sur les 2 016 blocs de la période 476. Ce taux ne mesure pas exactement la puissance de calcul engagée sur la branche minoritaire : un mineur peut changer de position, et le hasard influe sur la production des blocs. Il donne néanmoins l’ordre de grandeur du rapport de force observé avant la scission.
Le texte officiel du BIP 110 prévoit une fenêtre de signalement obligatoire entre les blocs 961 632 et 963 647. La branche doit ensuite atteindre le bloc 963 648 pour entrer en verrouillage, puis le bloc 965 664 pour appliquer les restrictions pendant 52 416 blocs, soit environ un an au rythme normal de Bitcoin.
Or, le calendrier du protocole se compte en blocs, pas en jours. Si la branche reste presque immobile, l’activation annoncée pour début septembre s’éloigne mécaniquement. Parler d’une chaîne « morte » après huit heures serait excessif. En revanche, une chaîne qui ne confirme presque aucune transaction n’a, pour l’instant, ni l’allure ni l’utilité d’un Bitcoin concurrent.
L’échec initial du BIP-110 déplace le débat sur les nœuds
Le premier verdict porte moins sur les inscriptions que sur la gouvernance de Bitcoin. Un UASF, ou soft fork activé par les utilisateurs, permet à des opérateurs de nœuds de refuser des blocs pourtant valides pour le reste du réseau. Cette pression ne fonctionne que si les mineurs, les plateformes, les dépositaires et les acteurs économiques jugent cette chaîne assez importante pour la suivre.
Les défenseurs du BIP-110 invoquaient le précédent de SegWit et du BIP-148 en 2017. La comparaison a ses limites. À l’époque, la menace d’un rejet par les utilisateurs s’inscrivait dans un rapport de force beaucoup plus large. Ici, la chaîne dominante continue sans perturbation visible, tandis que la branche dissidente peine à produire ses propres blocs.
Il reste une option plus radicale : changer l’algorithme de preuve de travail pour ouvrir le minage à d’autres machines. Ce choix créerait un hard fork durable, doté d’une infrastructure, d’un actif et d’une sécurité distincts. Ce plan de secours montre jusqu’où le conflit sur la neutralité du bitcoin peut aller.
Une reprise exigerait toutefois des mineurs et des plateformes prêtes à gérer les dépôts, les retraits et les risques de rejeu. Rien n’indique, à ce stade, qu’elles s’engagent dans cette voie.
En somme, BIP-110 a réussi à créer une branche, mais pas à lui donner un poids économique. Deux blocs, 2,53 % de signalement préalable et aucune adhésion visible de la chaîne dominante composent un départ presque à l’arrêt. Notre analyse des risques du BIP 110 conserve donc toute sa pertinence : sans mineurs ni relais économiques, un fork peut exister dans le code et disparaître dans les faits.
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Passionné par le Bitcoin, j'aime explorer les méandres de la blockchain et des cryptos et je partage mes découvertes avec la communauté. Mon rêve est de vivre dans un monde où la vie privée et la liberté financière sont garanties pour tous, et je crois fermement que Bitcoin est l'outil qui peut rendre cela possible.
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