la crypto pour tous
Rejoindre
A
A

Les auteurs de l’attaque contre Liquid rendent 3400 Bitcoins

16h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
S'informer Cybersécurité
Résumer cet article avec :

La faille relative à Liquid a Network a permis la sortie non autorisée de 3996 bitcoins, valorisés à près de 320 millions de dollars. Depuis, les auteurs ont déjà restitué 3400 BTC, cependant l’origine technique exacte et le sort des 598,5 BTC restants demeurent toujours inconnus.

Dans une immense chambre forte numérique, le gigantesque réservoir Bitcoin précédemment vidé commence maintenant à se remplir à toute vitesse. Deux spécialistes vêtus de noir avec des chapeaux blancs actionnent une énorme vanne dans le sens inverse. Un torrent spectaculaire de pièces Bitcoin jaillit d’une conduite blindée et retourne dans le réservoir. Sur un compteur mécanique apparaît uniquement 3400. Au premier plan, un responsable de la réserve observe le retour des fonds avec une expression de soulagement et d’incrédulité.

En bref

  • 3996 BTC sont sortis de Liquid Network lors d’une opération non autorisée.
  • La multisignature n’a pas été compromise, la piste d’une faille logicielle est privilégiée.
  • Les analyses examinent notamment le contrôle PAK et le cache de vérification des Zero-Knowledge Proofs.
  • Les auteurs, qui se présentent comme des white hats, ont restitué 3400 BTC.
  • Environ 598,5 BTC restent non restitués, tandis que la cause technique exacte demeure inconnue.

La multisignature de Liquid n’a pas été cassée

Liquid fonctionne comme une sidechain de Bitcoin. Les utilisateurs consignent des bitcoins pour recevoir des L-BTC. Ensuite, ils effectuent un retrait par conversion pour la récupération de leurs fonds sur la blockchain principale.

Ce 6 septembre, une transaction a induit le retrait de près de 3996 BTC. Le réseau fédéré Liquid a signé l’opération, car le système l’a interprété comme un retrait par conversion valide. Néanmoins, Blockstream assure que les clés cryptographiques de la multisignature et celles employées pour autoriser les retraits n’ont pas été compromises.

Quatre faits permettent de mesurer l’ampleur de cet incident :

  • Près de 3996 BTC sont sortis lors de l’opération principale ;
  • La transaction apparaît dans le bloc Bitcoin 965783 ;
  • Le portefeuille fédéré est passé d’environ 4205 à 203 BTC ;
  • La blockchain principale de Bitcoin n’a subi aucune compromission.

La faille liée à Liquid Network se localise donc dans le logiciel qui procède à la vérification de la légitimité des opérations. Les clés des onze signataires n’ont pas été volées, car ils n’ont pas été forcés. Ils ont donc autorisé une demande que le système leur a présentée comme valide.

Les fonds sont passés par SideSwap, un service autorisé à effectuer des retraits par conversion. SideSwap a alors indiqué que les L-BTC utilisés venaient d’un bug d’Elements, un logiciel open source sur lequel repose Liquid, et non de ses propres systèmes.

Le contrôle PAK constitue une première hypothèse

Le rapport de sécurité envoyé désigne le mécanisme PAK comme une zone à examiner. Il s’agit d’un système qui relie chaque retrait par conversion à une destination autorisée grâce à une preuve cryptographique. Toute demande vers une adresse absente de la liste blanche doit être normalement rejetée.

Une analyse minutieuse du code révèle que cette vérification apparaît dans diverses conditions. Ce rapport envisage alors l’existence d’une branche où le contrôle ne pourrait pas s’appliquer. Une opération non autorisée pourrait être considérée comme valide avant d’atteindre les signataires.

Néanmoins, cette explication demeure une hypothèse. Le document indique que les phases concernant le contournement du contrôle PAK ne sont pas confirmées. Blockstream n’a donc pas publié la cause exacte ni la méthode employée.

Une enquête distincte de Bitquery pointe pourtant vers le cache de vérification des preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proof). L’adresse concernée aurait procédé 68 fois à l’inscription d’une preuve identique avant la création des L-BTC utilisés pour le retrait. Une correction relative à ce cache avait été ajoutée au code avant l’incident, cependant elle ne figurait pas dans la dernière version publique.

Il n’est pas possible encore d’identifier définitivement la faille grâce aux deux analyses. Toutefois, elles révèlent que les hackers n’ont certainement pas cassé la multisignature. Ils auraient trompé une couche logicielle localisée en amont.

Les auteurs conservent encore environ 598,5 bitcoins

Après leur forfait, un message a été inséré par les responsables dans une transaction Bitcoin. Ils déclarent donc dans le champ OP_RETURN :

Nous sommes des white hats. Contactez-nous sur la blockchain.

Ensuite, Blockstream a fourni une réponse grâce à des messages signés avec sa clé PGP. Les auteurs ont donc demandé que chaque nœud soit corrigé avant le renvoi des fonds. Finalement, la société a précisé que les nœuds du pont avaient reçu un correctif et qu’il était sûr pour la restitution des fonds.

Ce 7 septembre, une transaction vérifiée sur la blockchain a transféré 3400 BTC vers le portefeuille fédéré. Près de 598,5 BTC ont été renvoyés sur une autre adresse dont le contrôle est assuré par les auteurs, soit environ 48 millions de dollars au cours actuel.

Rien n’atteste publiquement que les 598,5 BTC constituent une prime négociée. Tant que Blockstream n’indique pas leur statut, ils doivent être considérés comme non restitués. La blockchain demeurait aussi suspendue au moment des dernières vérifications, sans nouvelle version publique d’Elements contenant le correctif.

La prochaine étape va consister à publier la cause technique, procéder à l’audit de la correction et rétablir la couverture totale des L-BTC. Sans ces garanties, la restitution d’une majeure partie des fonds n’est pas suffisante pour clôturer l’incident.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.



Rejoindre le programme
A
A
Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.