Les cryptos séduisent une majorité des investisseurs aisés
Les investisseurs fortunés regardent désormais les actifs numériques avec une attention croissante, malgré les réserves persistantes de certains conseillers. Une enquête de CoinShares menée auprès de 2 230 personnes dans sept grandes économies montre que la majorité détient déjà de la crypto. En moyenne, ces placements représentent environ 10 % de leurs portefeuilles. Surtout, beaucoup prévoient encore d’augmenter leur exposition en 2026. Le recul observé en février n’a donc pas changé cette tendance, qui repose surtout sur la diversification et la vision à long terme.

En bref
- La majorité des investisseurs fortunés interrogés détiennent déjà des actifs numériques.
- Les actifs numériques représentent en moyenne environ 10 % de leurs portefeuilles.
- Au moins 85 % des investisseurs concernés dans cinq pays veulent augmenter leur exposition en 2026.
- La baisse du marché en février a poussé une majorité de répondants à investir davantage.
- Le Bitcoin reste dominant, tandis que les jeunes investisseurs affichent une exposition plus élevée.
Une crypto déjà présente dans les portefeuilles aisés
L’étude de CoinShares couvre des investisseurs disposant d’au moins 500 000 dollars d’actifs investissables aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie, en Suède et en Suisse. La proportion de détenteurs de crypto varie selon les pays. Elle atteint 54 % en Suède, tandis qu’elle approche 70 % aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse.

Dans l’ensemble, la crypto occupe déjà une place visible dans les stratégies patrimoniales étudiées. Leur poids moyen atteint environ 10 % des portefeuilles selon les réponses recueillies dans l’étude. Toutefois, l’exposition varie selon les profils, les marchés et les choix individuels des investisseurs interrogés, notamment.
Cette présence s’accompagne surtout d’une volonté de renforcer les positions existantes. Dans cinq des sept pays étudiés, au moins 85 % des investisseurs déjà exposés à la crypto prévoient d’augmenter leur allocation en 2026. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, cette proportion monte même à 91 %, ce qui souligne la continuité du mouvement.
Le recul de février n’a pas inversé la tendance
Le repli du marché observé en février 2026 n’a pas entraîné de désengagement massif parmi les investisseurs fortunés interrogés. Au contraire, dans les sept pays étudiés, la majorité indique que cette baisse les a poussés à investir davantage. Cette réaction montre que la volatilité récente n’a pas forcément remis en cause leur stratégie d’exposition.
Les motivations déclarées donnent aussi un éclairage important sur leurs choix. L’appréciation à long terme et la diversification arrivent en tête parmi les raisons avancées pour détenir des actifs numériques. La spéculation occupe, elle, la dernière place. Seulement 6 % des répondants se définissent comme des investisseurs principalement orientés vers le court terme.
Le Bitcoin reste l’actif numérique le plus largement détenu dans cette population. En moyenne, 80 % des investisseurs en actifs numériques en possèdent, tandis que 89 % des détenteurs de crypto détiennent également d’autres actifs numériques. Par ailleurs, 77 % des personnes interrogées pensent que le Bitcoin aura un rôle important dans le futur système financier mondial.
Les jeunes investisseurs crypto affichent une exposition plus élevée
L’enquête fait également ressortir un écart marqué entre les générations. Les jeunes investisseurs consacrent davantage de fonds aux actifs numériques que les investisseurs plus âgés dans les sept pays analysés. Dans quatre de ces marchés, leur exposition atteint même environ deux fois celle des générations plus âgées.
Cette différence s’inscrit dans un contexte où la crypto occupe une place croissante dans les discussions patrimoniales. Les résultats ne permettent toutefois pas d’expliquer à eux seuls les raisons précises de cet écart entre les générations. Ils montrent surtout que l’âge constitue un facteur associé au niveau d’exposition observé.
La question de la réglementation apparaît également dans les réponses. Près de 79 % des participants souhaitent un renforcement des règles applicables aux marchés d’actifs numériques. Cette position coexiste avec une forte détention et avec des intentions d’investissement supplémentaires, ce qui traduit une demande de cadre plus structuré plutôt qu’un rejet du secteur.
Des conseillers encore plus prudents que leurs clients
L’étude met enfin en évidence un décalage entre certains investisseurs fortunés et leurs conseillers financiers. Environ quatre répondants sur dix en Suisse, en France, aux États-Unis et en Allemagne, lorsqu’ils utilisent un conseiller, estiment que celui-ci adopte une attitude excessive de prudence envers les actifs numériques.
Dans une déclaration attribuée à Cointelegraph, Ric Edelman, fondateur du Digital Assets Council of Financial Professionals et d’Edelman Financial Engines, estime que les conseillers restent lents à adopter cette classe d’actifs. Selon lui, certains manquent de connaissances ou de motivation pour se former, tandis que plusieurs entreprises limitent encore les discussions ou les investissements liés aux actifs numériques.
Les conseillers sont occupés ; ils gèrent déjà une activité prospère remplie de clients satisfaits – alors pourquoi s’embêter à apprendre quelque chose de nouveau ? – et la plupart ne reçoivent que peu ou ne reçoivent pas d’encouragement de la part de leurs entreprises.
Ric Edelman, fondateur du Digital Assets Council of Financial Professionals et d’Edelman Financial Engines. Source : Cointelegraph.
Cette situation peut aussi créer un manque d’accompagnement pour les clients concernés. Les conseillers peuvent ne pas connaître les avoirs numériques de certains investisseurs et manquer ainsi des besoins liés à la fiscalité, à la transmission du patrimoine ou à la philanthropie. Edelman conteste toutefois l’allocation moyenne de 10 % avancée par CoinShares, estimant que 2 % à 5 % seraient plus courants selon ses propres recherches.
Il recommande néanmoins des allocations comprises de 10 à 40 % selon la tolérance au risque : 10 % pour un portefeuille prudent, 25 % pour un profil modéré et 40 % pour un profil dynamique. Ces recommandations contrastent avec la prudence observée concernant l’épargne-retraite. Un sondage du National Institute on Retirement Security indique que 77 % des Américains jugent la crypto risquée dans les plans d’épargne-retraite d’entreprise, dont 46 % la considèrent très risquée.
La tendance observée par CoinShares suggère donc que les investisseurs fortunés continuent d’accroître leur exposition, malgré les baisses de marché et les réserves de certains professionnels. Si les intentions déclarées pour 2026 se confirment, la crypto pourrait conserver une place importante dans les portefeuilles aisés encore, tandis que le débat sur son poids optimal et sur l’accompagnement des conseillers devrait se poursuivre encore.
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Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.
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