Les dirigeants européens restent méfiants face aux politiques de l’ère Trump
À Munich, les applaudissements n’ont pas dissipé le malaise. Un an après les attaques verbales de 2025, la relation transatlantique reste marquée par la défiance. Face à des dirigeants européens encore échaudés, Marco Rubio a tenté de réaffirmer la solidité du partenariat entre les États-Unis et l’Europe. Mais derrière les formules diplomatiques et les références historiques, une question persiste : les paroles suffisent-elles à compenser des décisions politiques qui ont durablement fragilisé la confiance ?

En bref
- Malgré un ton plus conciliant, la relation transatlantique reste fragilisée par les tensions accumulées depuis 2025.
- Le secrétaire d’État américain Marco Rubio tente de rassurer les dirigeants européens sur la solidité de l’alliance.
- Derrière les applaudissements, plusieurs responsables soulignent que la confiance n’est plus la même.
- Entre paroles diplomatiques et réalités stratégiques, l’avenir du partenariat transatlantique reste incertain.
Rubio tente de rassurer après une année de tensions
À Munich, Marco Rubio s’est exprimé dans un contexte encore marqué par le discours prononcé en 2025 par JD Vance, qui avait accusé l’Europe de s’éloigner des valeurs communes, critiquant la gestion de la démocratie, de la migration et de la liberté d’expression. Ce précédent a façonné l’atmosphère dans laquelle Rubio a pris la parole.
Les principaux éléments de son intervention et des réactions européennes peuvent être résumés ainsi :
- Rubio a affirmé que les États-Unis ne s’éloignaient pas de l’Europe et souhaitaient la voir rester forte ;
- Il a rappelé que les deux guerres mondiales démontrent que les destins américain et européen sont liés ;
- Johann Wadephul a indiqué que Rubio avait rassuré les dirigeants sur le maintien du partenariat, tout en reconnaissant des « des problèmes à régler » ;
- Un ministre européen a déclaré que Rubio est « la figure la plus rassurante de cette administration », tout en ajoutant que « le partenariat transatlantique a perdu de sa solidité » ;
- Un autre responsable a estimé : « lorsqu’un lien se rompt, il est compliqué de le rétablir », reconnaissant que Rubio avait tendu la main plutôt que lancé une attaque.
Ces déclarations traduisent une réalité diplomatique nuancée : le ton a changé par rapport à 2025, mais la confiance n’est pas totalement rétablie. Plusieurs responsables ont même jugé que le discours agressif de l’an dernier avait eu le mérite de clarifier les lignes de fracture, alors que l’approche plus mesurée de Rubio rend les désaccords moins visibles sans les résoudre.
Ukraine, Groenland et Europe centrale : les décisions qui interrogent
Au-delà des paroles prononcées à Munich, certains faits concrets ont retenu l’attention. Marco Rubio a notamment manqué une réunion attendue avec des dirigeants européens consacrée à l’Ukraine. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a défendu cette absence en expliquant que Rubio avait d’autres responsabilités mondiales et que les États-Unis géraient des engagements globaux, pas uniquement européens.
La conférence intervenait également quelques semaines après que Donald Trump, 47èmeprésident élu en 2024, a menacé de recourir à une action militaire pour s’emparer du Groenland, territoire danois membre de l’OTAN, avant de revenir sur cette déclaration.
Cet épisode s’ajoute aux droits de douane imposés aux pays européens l’an dernier et au soutien affiché par Trump à des candidats eurosceptiques lors d’élections récentes dans l’Union européenne. Un diplomate européen a précisé que le message réel de Rubio se lisait aussi dans son agenda, citant sa visite en Slovaquie puis en Hongrie, deux gouvernements en tension régulière avec Bruxelles.
Dans ce climat de tensions persistantes, tout affaiblissement durable du lien transatlantique serait observé avec attention par d’autres puissances. Une coordination moins étroite entre Washington et l’Europe pourrait indirectement renforcer l’influence de l’alliance des BRICS, qui cherche à accroître son poids économique et diplomatique sur la scène internationale, dans un contexte de recomposition géopolitique globale.
À Munich, les mots ont contenu la tension sans dissiper les doutes. Entre gestes d’apaisement américains et prudence européenne, la relation transatlantique entre dans une phase d’ajustement stratégique. Reste à savoir si les prochains actes confirmeront le discours, au moment où l’anti-coercition européenne s’impose comme un levier central dans la redéfinition des rapports de force.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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