Pour Peter Schiff, l’intelligence artificielle constitue une menace pour le bitcoin
Peter Schiff ne partage pas l’idée selon laquelle l’essor de l’intelligence artificielle profiterait automatiquement au bitcoin. Dans une publication diffusée le 23 août, le défenseur de l’or présente plutôt l’IA comme une concurrente pour les capitaux, l’électricité et les infrastructures. Son avertissement sécuritaire reste d’ailleurs à démontrer.

En bref
- Peter Schiff affirme que l’intelligence artificielle (IA) n’est pas un facteur haussier pour le bitcoin, contrairement à ce que suggèrent certains promoteurs de l’actif.
- Selon lui, l’IA est une concurrente directe du bitcoin pour les capitaux spéculatifs, l’électricité et les infrastructures de centres de données.
- Il avance aussi qu’une IA suffisamment puissante pourrait découvrir des failles dans le code, la cryptographie ou le réseau Bitcoin.
- Au moment de la publication du tweet, le bitcoin s’échangeait autour de 76 900 $, sans réaction du marché crypto.
Peter Schiff identifie trois menaces pour le bitcoin
Peter Schiff n’en est pas à sa première déclaration sur le bitcoin. Dans sa dernière publication sur X, il accuse les partisans du bitcoin de vouloir rattacher la cryptomonnaie phare au puissant thème boursier de l’intelligence artificielle. Selon lui, cette association inverse la réalité. Le fait est que l’IA ne constituerait pas un catalyseur haussier, mais une menace.
Son premier argument concerne les capitaux spéculatifs. Les entreprises liées à l’IA et les actifs crypto peuvent effectivement cibler certains investisseurs attirés par les technologies émergentes. Toutefois, Schiff ne fournit aucune donnée permettant de mesurer un transfert durable des investissements de bitcoin vers l’intelligence artificielle.
Les promoteurs du bitcoin essaient d’accrocher le bitcoin au wagon de l’IA, en espérant que les investisseurs le considèrent comme faisant partie du trade IA. Ils ont tout faux. L’IA n’est pas favorable au bitcoin, c’est une menace pour lui.
La concurrence énergétique paraît plus concrète. L’Agence internationale de l’énergie prévoit que la consommation mondiale des centres de données passera de 485 TWh en 2025 à environ 950 TWh en 2030. Celle des infrastructures spécialisées dans l’IA pourrait tripler sur cette période.
Les acteurs de l’IA et certains mineurs de bitcoin recherchent ainsi les mêmes ressources :
- électricité abondante ;
- raccordements au réseau ;
- terrains ;
- centres de données.
Cette rivalité pourrait augmenter les coûts ou encourager certains mineurs à convertir leurs infrastructures vers le calcul haute performance.
L’intelligence artificielle peut-elle réellement casser le bitcoin ?
L’argument sécuritaire de Peter Schiff reste le plus spectaculaire. Des modèles avancés pourraient faciliter la découverte de vulnérabilités dans :
- Bitcoin Core ;
- les portefeuilles ;
- les exchanges crypto ;
- certains logiciels connectés au réseau.
Néanmoins, aucune faille précise n’accompagne son avertissement.
Détecter un bug logiciel ne revient pas à casser la cryptographie de Bitcoin. L’intelligence artificielle n’est pas un ordinateur quantique. Par ailleurs, aucun élément ne démontre que les modèles actuels peuvent briser SHA-256 ou fabriquer des signatures valides sans les clés privées correspondantes.
Ce n’est pas tout ! La limite de 21 millions de BTC ne dépend pas uniquement des mineurs. Les nœuds complets vérifient les blocs et rejettent ceux qui enfreignent les règles de consensus. Si une partie de la puissance de calcul quittait Bitcoin pour l’IA, la difficulté du minage serait également réajustée tous les 2 016 blocs.
L’IA pourrait donc renforcer les capacités des attaquants ainsi que celles des développeurs chargés d’auditer le code. À ce stade, Peter Schiff décrit surtout un scénario de pression économique et technologique, pas une menace capable de compromettre immédiatement le bitcoin.
Le contre-argument : et si l’IA menaçait davantage l’or ?
La publication de Schiff suscite déjà des débats au sein de la communauté crypto. Un intervenant identifié comme Q Trader, maximaliste bitcoin, a notamment retourné l’argument. Selon lui, c’est l’or et non le bitcoin qui serait le plus exposé aux progrès de l’IA. Son raisonnement : des technologies avancées pourraient favoriser une augmentation de l’offre d’or extractible. Ce qui réduirait sa rareté et exercerait à terme une pression baissière sur son prix.
Cet échange illustre un point clé du débat : l’offre de bitcoin est fixée par un protocole tandis que celle de l’or dépend de contraintes géologiques et technologiques qui évoluent avec le progrès scientifique. En théorie, l’IA pourrait donc affecter la rareté relative des deux actifs par des mécanismes radicalement différents.
Pour l’heure, cette polémique n’a pas d’impact mesurable sur le cours du BTC. Au moment de la publication des déclarations de Schiff, le bitcoin s’échangeait autour de 76 900 $ à 77 300 $. Il affiche une légère hausse sur les dernières 24 heures, sans mouvement directement attribuable à la déclaration de l’économiste.
Quoi qu’il en soit, il est important de ne pas ignorer l’alerte de Peter Schiff. En réalité, elle soulève une question fondamentale sur le bitcoin : un actif dont la sécurité repose sur des algorithmes peut-il rester invulnérable face à des systèmes d’intelligence artificielle de plus en plus puissants ? À méditer…
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Analyste et rédactrice crypto avec 7 ans d'expérience en journalisme financier numérique. Depuis 2021, j'analyse en profondeur les dynamiques du marché des cryptomonnaies, des ETF et des politiques monétaires qui les impactent. Mon approche combine veille macroéconomique et décryptage des données on-chain pour offrir une perspective factuelle aux investisseurs.
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