Solana : Fidelity juge le réseau plus fiable, mais encore trop concentré
Solana n’a enregistré aucune panne signalée de son mainnet depuis deux ans. Dans une étude publiée le 16 octobre, le Fidelity Center for Applied Technology estime que le réseau a nettement progressé en résilience, sécurité économique et performances. Le constat reste toutefois incomplet : le staking, l’hébergement des validateurs et leurs logiciels restent concentrés entre relativement peu d’acteurs.

En bref
- Solana n’a connu aucune panne mainnet signalée depuis deux ans.
- Environ 18 validateurs réunissent plus d’un tiers du SOL staké.
- Fidelity surveille surtout la concentration du staking, de l’hébergement et des clients logiciels.
Solana efface peu à peu son vieux problème de pannes
Pendant longtemps, la disponibilité du réseau constituait l’un des principaux arguments utilisés contre Solana. Le tableau a changé. Fidelity relève deux années consécutives sans panne mainnet signalée. Le taux de réussite des v otes des validateurs s’est établi autour de 99,7 % en 2026, tandis que la latence moyenne des votes tourne autour de 1,08 slot.
Le réseau accélère aussi. Solana a déjà réduit son temps de création des blocs à 250 millisecondes, après plusieurs réductions successives depuis août. Les performances accompagnent une activité financière beaucoup plus importante. Selon le rapport du Fidelity Center for Applied Technology, la valeur des actifs du monde réel tokenisés utilisant Solana est passée d’environ 1 milliard à 4,4 milliards de dollars en un an.
Le réseau a également traité plus de 2 000 milliards de dollars de volume en stablecoins au premier trimestre 2026. Solana dispose encore de capacité. Après l’augmentation de la taille maximale des blocs à 100 millions d’unités de calcul fin juillet, Fidelity a observé une utilisation comprise entre environ 30 et 45 % sur sa période d’étude. La blockchain tourne donc plus vite sans fonctionner en permanence à sa limite.
18 validateurs concentrent un tiers du staking
C’est ici que le rapport devient beaucoup plus prudent. Environ 18 validateurs suffisent actuellement à réunir plus d’un tiers du SOL staké. Dans le système de consensus de Solana, ce seuil possède une importance particulière : si cette quantité de stake cessait simultanément de participer, la finalisation des blocs pourrait être interrompue.
Cela ne permettrait pas à ces validateurs de voler les actifs des utilisateurs ou de réécrire des transactions déjà finalisées. La concentration reste néanmoins visible. Solana avait déjà perdu 68 % de ses validateurs en trois ans, passant d’environ 2 500 opérateurs à moins de 1 000. Fidelity ajoute une autre nuance : plusieurs validateurs peuvent appartenir à une même entreprise. Figment exploite par exemple plusieurs identités importantes. Kraken et Coinbase disposent eux aussi de plusieurs validateurs.
Compter les validateurs ne revient donc pas exactement à compter les opérateurs indépendants. L’infrastructure physique est également concentrée. Près de 59 % du stake serait hébergé en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Francfort et Amsterdam représenteraient à eux seuls environ 40 %. Un fournisseur d’hébergement concentre par ailleurs environ 29 % du stake, au-dessus de l’objectif de 25 % fixé dans le programme de délégation de la Solana Foundation.
Fidelity surveille aussi les logiciels des validateurs
Le troisième risque se trouve dans le code. Sur le papier, Solana utilise aujourd’hui plusieurs configurations de clients. La diversification est donc meilleure qu’il y a quelques années. Mais une grande partie partage encore la même base logicielle. Les variantes Jito représentent environ 63 % du stake dans les données étudiées par Fidelity. D’autres solutions, comme Harmonic, restent elles aussi largement liées au code Agave.
Un bug présent dans cette base commune pourrait donc toucher plusieurs catégories de validateurs au même moment. Firedancer apporte une vraie différence. Développé par Jump Crypto sur une base C++ indépendante, il représente environ 15 % du stake lorsque ses différentes configurations sont regroupées.
Cette diversité devient importante alors que Solana cherche à accueillir davantage de finance institutionnelle. Le réseau a récemment dépassé 4 milliards de dollars d’actifs tokenisés, avec des flux croissants vers les bons du Trésor et les actions tokenisées. Fidelity ne décrit donc plus Solana comme un réseau fragile. Le problème s’est déplacé. Les pannes sont devenues beaucoup plus rares. La prochaine étape consiste surtout à éviter qu’une poignée d’opérateurs, de centres de données ou de logiciels deviennent des points de faiblesse communs.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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