Solana : La limite des transactions passe de 1 232 à 4 096 octets
Solana vient d’activer sur son mainnet une mise à niveau attendue depuis plusieurs mois. La taille maximale d’une transaction passe de 1 232 à 4 096 octets, soit 3,3 fois plus d’espace. Le nouveau format v1 est actif depuis le début de l’epoch 1 035 ce 15 septembre. Pour l’écosystème crypto, le changement vise surtout les opérations trop volumineuses pour tenir jusqu’ici dans une seule transaction : preuves zero-knowledge, multisignatures et nouveaux systèmes de signature onchain.

En bref
- Solana fait passer la limite d’une transaction de 1 232 à 4 096 octets.
- Les anciens formats restent utilisables : le passage au format v1 n’est pas obligatoire.
- Les développeurs peuvent désormais regrouper certaines opérations complexes dans une seule transaction.
Crypto : Solana passe enfin de 1 232 à 4 096 octets
Le changement avait été annoncé plusieurs jours avant son activation. Cointribune expliquait déjà comment Solana comptait tripler l’espace disponible pour ses transactions complexes. Cette fois, il ne s’agit plus d’un calendrier : Transaction v1 est arrivé sur le mainnet.
L’ancienne limite de 1 232 octets remonte aux débuts de Solana. Les transactions devaient alors tenir dans un paquet réseau de 1 280 octets, dont 48 étaient réservés aux en-têtes. La migration vers QUIC a depuis rendu cette contrainte beaucoup moins pertinente. Les propositions SIMD-0296 et SIMD-0385 ont donc fixé le nouveau plafond à 4 096 octets.
Pourquoi 4 096 ? C’est aussi la taille standard d’une page mémoire utilisée par le matériel des validateurs. Solana aurait pu choisir davantage, mais le traitement aurait alors commencé à s’étaler sur plusieurs pages mémoire.
Les formats legacy et v0 ne disparaissent pas. Un wallet crypto n’a pas besoin d’adopter v1 pour continuer à envoyer ses transactions habituelles. Les applications qui veulent profiter des 4 096 octets doivent, elles, utiliser le nouveau format.
Les preuves ZK et les multisignatures gagnent surtout de la place
Pour l’utilisateur qui envoie simplement du SOL, la différence risque d’être invisible. Pour certains développeurs, beaucoup moins. Une signature classique sur Solana occupe déjà 64 octets. Les opérations avec de nombreux signataires, certaines preuves cryptographiques ou plusieurs instructions pouvaient donc rapidement atteindre les 1 232 octets. Il fallait fractionner l’opération, utiliser des Address Lookup Tables ou passer par des bundles.
Avec v1, davantage de travail tient dans une seule transaction crypto. La Fondation Solana donne un exemple assez parlant avec Token-2022. Un transfert confidentiel nécessitant trois preuves zero-knowledge, l’instruction de transfert et plusieurs instructions de fermeture occupe 2 897 octets. Il dépasse largement l’ancienne limite. Avec les 4 096 octets, ses dix instructions peuvent désormais être placées dans une seule transaction atomique.
Une seule confirmation au lieu de plusieurs. Moins de signatures à payer. Et surtout, soit toute l’opération réussit, soit elle échoue entièrement. Solana travaille en parallèle sur la vitesse. En août, le réseau a réduit son temps de création des blocs de 400 à 350 millisecondes. L’objectif affiché reste 200 ms, mais les étapes suivantes doivent encore être activées séparément.
La taille des transactions et le temps des slots répondent à deux problèmes différents. L’un donne plus de place aux applications crypto complexes. L’autre réduit le délai entre les blocs.
Le changement arrive sur un Solana déjà beaucoup plus chargé
Les 4 096 octets ne signifient pas que chaque transaction Solana va soudain devenir trois fois plus lourde. Le nouveau format est optionnel. C’est important pour un réseau déjà très actif. Solana a traité 4,2 milliards de transactions en juillet, soit 13,5 % de plus qu’en juin et près de deux fois plus qu’en décembre 2025. Ce record mensuel avait déjà montré la hausse de l’activité sur la blockchain.
La contrepartie existe quand même. Une transaction de 4 096 octets transporte davantage de données qu’une transaction de 1 232 octets. Si les gros formats deviennent fréquents, ils consommeront davantage de bande passante et d’espace pendant leur propagation.
Solana a donc conservé plusieurs limites. Le format v1 reste plafonné à 12 signatures, 64 comptes et 64 instructions, même si sa structure binaire pourrait théoriquement en encoder davantage.
Il y a aussi un travail à faire du côté des infrastructures. Les wallets peuvent continuer à envoyer du legacy ou du v0. Mais les RPC, explorateurs, indexeurs et autres services qui lisent la blockchain doivent savoir décoder v1 lorsqu’une telle transaction apparaît. Un logiciel resté sur une ancienne implémentation peut échouer ou mal interpréter certaines données.
Pour Solana, le gain est donc assez concret. Le réseau crypto ne traite pas automatiquement trois fois plus de transactions grâce à cette mise à jour. Il peut simplement faire tenir beaucoup plus de choses dans chacune d’elles lorsque l’application en a besoin. Les 1 232 octets avaient tenu depuis les débuts du réseau. Depuis ce 15 septembre, ils ne sont plus le plafond.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.