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S&P et Pantera lancent un indice crypto sans Bitcoin

10h00 ▪ 9 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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Le marché des actifs numériques continue de gagner en maturité avec l’arrivée de nouveaux outils destinés aux investisseurs institutionnels. Dans ce contexte, S&P Dow Jones Indices et Pantera Capital dévoilent un indice de référence qui privilégie les projets générant une activité économique réelle plutôt que la popularité des cryptomonnaies. Cette nouvelle approche entend offrir un cadre d’analyse plus proche des standards des marchés financiers traditionnels. Elle se distingue également par un choix marquant : l’exclusion du bitcoin, dont le fonctionnement ne correspond pas aux critères retenus par les deux sociétés.

Illustration de S&P et Pantera lançant un indice crypto sans bitcoin, mettant en avant Ether, Solana et d'autres actifs numériques.

En bref

  • S&P et Pantera lancent un indice crypto fondé sur les revenus et l’activité économique des protocoles.
  • Le portefeuille initial comprend 18 actifs, dont Ether, Solana, BNB, Tron et Hyperliquid.
  • Le bitcoin est exclu, car il ne répond pas aux critères de protocole générateur de revenus.
  • L’indice cible les investisseurs institutionnels et pourrait servir de référence à de futurs produits financiers.
  • Cette méthodologie rompt avec les grands indices crypto, largement dominés par le bitcoin.

S&P et Pantera misent sur les fondamentaux des actifs numériques

S&P Dow Jones Indices s’est associé à Pantera Capital pour lancer le S&P Pantera Digital Asset Index. Cet indice de référence repose sur une méthodologie qui privilégie les actifs numériques affichant une adoption concrète et des revenus issus de leur protocole. Contrairement à de nombreux produits existants, il ne classe pas les actifs selon leur évolution de prix, leur notoriété ou l’attention qu’ils suscitent sur le marché. Cette approche cherche ainsi, selon les deux sociétés, à mettre davantage en avant les fondamentaux économiques que les mouvements spéculatifs autour du bitcoin ou des altcoins.

D’après l’introduction de l’indice, la sélection repose sur des critères clairement définis. Les plateformes de contrats intelligents et les protocoles de finance décentralisée occupent une place importante, car ils sont évalués selon les revenus générés au cours des deux derniers trimestres. Chaque actif doit également présenter une capitalisation boursière minimale de 500 millions de dollars pour intégrer l’indice. Enfin, celui-ci sera rééquilibré chaque trimestre et la pondération d’un même actif ne pourra pas dépasser 35 %, afin de limiter les concentrations excessives.

L’indice a été lancé avec un portefeuille composé de 18 tokens. Parmi eux figurent notamment Ether, Binance Coin, Solana, Tron et Hyperliquid. En revanche, les memecoins et les projets dont l’activité économique reste limitée ne constituent pas une priorité. Ainsi cette méthodologie rapproche davantage cet indice des pratiques utilisées sur les marchés financiers traditionnels.

Un indice pensé pour les investisseurs institutionnels

Cet indice cible avant tout les investisseurs institutionnels souhaitant obtenir une exposition diversifiée aux réseaux blockchain, aux infrastructures numériques et aux différents protocoles. Il pourrait également servir de référence pour la création de futurs produits d’investissement. Les gestionnaires d’actifs pourraient s’en servir comme indice de référence pour constituer des portefeuilles ou évaluer des stratégies gérées activement.

Dans le communiqué publié par S&P Global, les deux partenaires estiment que « cette initiative reflète une évolution plus large du marché des actifs numériques ». Les applications blockchain poursuivent leur développement, tandis que les cadres réglementaires deviennent progressivement plus précis dans plusieurs juridictions. Parallèlement, les investisseurs institutionnels disposent désormais d’un accès plus large au secteur, même si de nombreux produits actuels proposent encore une exposition globale sans distinguer les projets selon leur activité économique réelle.

Dan Morehead, fondateur et associé gérant de Pantera Capital, estime que l’allocation des actifs reste l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les investisseurs internationaux. Selon lui, la difficulté ne réside pas dans le manque d’opportunités, mais dans la manière de sélectionner les projets les plus pertinents.

Le principal point de friction dans le domaine des cryptomonnaies n’a pas changé : il s’agit de savoir comment allouer les actifs.

Dan Morehead, fondateur et associé directeur de Pantera. Source : communiqué de presse de S&P Global.

Il ajoute que les deux sociétés ont développé cet indice afin d’identifier les actifs et les infrastructures qui présentent une véritable valeur économique, en privilégiant les réseaux capables de démontrer une activité durable.

Pourquoi le Bitcoin ne fait pas partie de cet indice

L’une des principales particularités de cet indice réside dans l’exclusion du bitcoin. Cathy Clay, PDG de S&P Dow Jones Indices, explique que l’exclusion du BTC résulte exclusivement de la méthodologie retenue pour construire ce nouvel indice :

Le bitcoin ne répond pas aux critères appliqués, car il ne s’agit pas d’un protocole générateur de revenus. L’objectif consiste avant tout à mesurer l’activité économique produite par les réseaux blockchain plutôt que leur valorisation sur le marché.

Cathy Clay, PDG de S&P Dow Jones Indices. Source : communiqué de presse de S&P Global.

Cette approche repose sur une logique différente de celle adoptée par la plupart des indices crypto traditionnels. Plutôt que de classer les actifs selon leur capitalisation ou leurs performances boursières, S&P et Pantera privilégient les protocoles capables de générer des revenus et de démontrer une activité économique mesurable.

Lors d’une interview accordée à CNBC, Cathy Clay a expliqué que cette méthodologie s’inspirait directement des standards utilisés sur les marchés financiers traditionnels :

Ce que nous essayons d’appliquer aux actifs numériques, ce sont les mêmes principes que ceux que nous avons dans nos indices boursiers.

Cathy Clay, PDG de S&P Dow Jones Indices. Source : CNBC.

Pour la dirigeante, cette approche apporte davantage de rigueur à l’évaluation des actifs numériques et aide les investisseurs à se concentrer sur les fondamentaux économiques plutôt que sur le bruit généré par les fluctuations du marché.

Le Bitcoin reste le principal repère des investisseurs

Ce qui est sûr, c’est que l’exclusion du bitcoin ne signifie pas pour autant que son rôle sur le marché des actifs numériques diminue. La reine des cryptomonnaies conserve une place dominante dans la plupart des indices institutionnels, qui cherchent avant tout à refléter la capitalisation globale du marché plutôt que les revenus générés par les protocoles. Cette différence de méthodologie explique pourquoi le choix de S&P et Pantera se démarque des références déjà utilisées par les investisseurs.

À titre de comparaison, le Nasdaq CME Crypto Index est composé d’environ 77 % de bitcoin et de près de 13 % d’ether. De son côté, le FTSE Digital Asset All Cap Index consacre également près de 75 % de son portefeuille au bitcoin. Ces deux indices illustrent le poids considérable de la première cryptomonnaie dans les portefeuilles destinés à représenter le marché des actifs numériques dans son ensemble.

Cette position dominante s’explique par la place occupée par le bitcoin depuis son lancement. Il demeure la première crypto par sa capitalisation estimée à environ 57 % du marché total selon les données de CoinGecko, et reste la principale porte d’entrée des investisseurs institutionnels sur le marché. Les nombreux produits financiers développés autour de cet actif témoignent également de son statut de référence pour une grande partie de l’industrie.

Le S&P Pantera Digital Asset Index poursuit toutefois un objectif différent. Au lieu de reproduire la structure du marché, il privilégie les protocoles capables de démontrer une activité économique mesurable grâce aux revenus qu’ils génèrent. Les investisseurs disposent ainsi de deux approches complémentaires : l’une reflète le poids des actifs sur le marché, tandis que l’autre met l’accent sur les fondamentaux économiques des réseaux blockchain.

Cette initiative illustre la volonté croissante d’appliquer aux actifs numériques des méthodes inspirées des grands indices financiers. Si cette approche répond aux attentes des investisseurs institutionnels, elle pourrait servir de base à de nouveaux produits construits autour de critères économiques mesurables. Le bitcoin, qui demeure la principale cryptomonnaie par sa capitalisation et la référence des grands indices du marché, suit toutefois une logique différente de celle retenue par S&P et Pantera. À mesure que le secteur continue de se structurer, les investisseurs devraient ainsi disposer de plusieurs référentiels complémentaires, adaptés à des objectifs d’allocation et d’analyse distincts.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.