Trump attaque JPMorgan pour fermeture abusive de comptes
Donald Trump accuse JPMorgan d’avoir fermé ses comptes pour des raisons politiques et réclame 5 milliards de dollars devant la justice floridienne. En visant directement le PDG Jamie Dimon, le président relance le débat explosif sur le « debanking », une pratique qui alimente les tensions entre sphères politique et financière. Cette affaire questionne la neutralité des grandes banques américaines. Tandis que Trump dénonce une exclusion idéologique, JPMorgan, de son côté, rejette toute accusation de discrimination.

En bref
- Donald Trump poursuit JPMorgan Chase pour 5 milliards de dollars, accusant la banque d’avoir fermé ses comptes sans préavis après l’assaut du Capitole.
- La plainte vise également Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, pour pratiques commerciales trompeuses et rupture de bonne foi contractuelle.
- JPMorgan rejette les accusations, affirmant ne pas fermer de comptes pour des raisons politiques ou religieuses.
- Trump relie cette affaire au débat sur le “debanking”, qu’il avait déjà ciblé en 2025 avec un décret présidentiel contre les fermetures idéologiquement motivées.
Une fermeture controversée de comptes : Trump lance les hostilités
Tandis que JPMorgan avait déjà fermé les comptes du PDG de Strike, d’autres acteurs politiques, le président américain poursuit la banque pour des faits similaires. La plainte a été officiellement déposée auprès du tribunal de l’État de Floride, dans le comté de Miami-Dade.
Le président accuse JPMorgan Chase d’avoir clôturé plusieurs de ses comptes personnels et professionnels « sans avertissement ni provocation », peu après l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021. Dans sa plainte, Donald Trump réclame 5 milliards de dollars de dommages et intérêts pour :
- Diffamation commerciale ;
- Violation du contrat implicite de bonne foi ;
- Violation de la loi floridienne sur les pratiques commerciales trompeuses, visant directement le PDG Jamie Dimon.
L’affaire repose également sur des éléments publics. Dans une publication sur ses réseaux sociaux le 17 janvier, Trump a déclaré que l’attaque du Capitole représentait une « action correcte », car selon lui l’élection de 2020 aurait été « truquée ». Cette prise de position politique radicale serait, à ses yeux, l’une des raisons pour lesquelles la banque aurait rompu sa relation avec lui.
Du côté de JPMorgan, l’on a rejeté ces accusations, affirmant que la plainte était « dénuée de fondement » et que la banque « ne ferme pas de comptes pour des raisons politiques ou religieuses ». Cette réponse vise à défendre l’image d’une institution financière neutre et équitable, bien que la polémique continue de prendre de l’ampleur.
Vers une régulation du debanking politique et idéologique ?
Au-delà de son cas personnel, Donald Trump avait déjà tenté de faire du debanking une question d’État. En août 2025, il signait un décret présidentiel exigeant des régulateurs américains qu’ils enquêtent sur les pratiques de fermetures de comptes jugées idéologiquement motivées.
Ce texte avait pour objectif de prévenir tout debanking politisé ou illégal, dans une démarche qui visait à poser un cadre réglementaire à une problématique en forte croissance. Loin d’être isolé, le président s’appuie sur un contexte global, marqué par de multiples accusations portées par des acteurs du secteur technologique et crypto, en particulier du bitcoin.
Le phénomène, baptisé par certains « Operation Chokepoint 2.0 », a refait surface en 2024 lorsque plus de 30 dirigeants d’entreprises technologiques et crypto ont témoigné publiquement de la fermeture inexpliquée de leurs comptes bancaires.
Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, avait déjà réagi à ces critiques en décembre dernier, affirmant : « nous fermons les comptes de personnes démocrates. Nous fermons ceux de personnes républicaines. Nous avons fermé les comptes de personnes de différentes confessions. Ce n’est jamais pour ces raisons ». Cette déclaration visait à défendre une politique de neutralité institutionnelle, mais elle n’a pas suffi à éteindre les soupçons sur une éventuelle stratégie d’exclusion ciblée.
L’issue de cette affaire pourrait redéfinir les limites de la neutralité bancaire face aux figures politiques. Si Trump clame avoir été ciblé pour ses convictions, JPMorgan dément toute traque politique contre Trump, maintenant sa ligne de défense.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
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