la crypto pour tous
Rejoindre
A
A

Trump donne aux entreprises privées un rôle inédit pour pirater les réseaux d’arnaques crypto étrangers

8h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Fenelon L.
S'informer Bitcoin (BTC)
Résumer cet article avec :

Donald Trump ouvre la porte à une nouvelle forme de riposte contre les réseaux criminels étrangers. Dans un mémo signé le 12 août 2026, le président américain autorise certaines entreprises privées agréées à participer à des opérations cyber sous supervision fédérale. Les filières d’arnaques crypto font partie des cibles, mais les règles précises de ces interventions restent encore à écrire.

Trump mobilise des entreprises privées pour traquer les réseaux crypto frauduleux étrangers, mêlant cybersécurité, Bitcoin, piratage et offensive numérique.

En bref

  • Le programme sera supervisé par un centre de coordination et deux responsables issus de la Justice et de la Sécurité intérieure.
  • Le FBI a enregistré 181 565 plaintes impliquant des cryptos en 2025, pour 11,366 milliards de dollars de pertes déclarées.
  • Washington dispose de 60 jours pour fixer les règles opérationnelles du programme. Un premier rapport est attendu dans les 180 jours.

Washington veut aller au-delà du gel des fonds

Les autorités américaines disposent déjà de plusieurs outils pour poursuivre les réseaux d’arnaques crypto. Elles peuvent saisir des domaines, bloquer des actifs ou remonter les circuits de blanchiment. Le gel de plus de 700 millions de dollars liés à un réseau chinois en donne une illustration récente.

Le mémo signé par Donald Trump va plus loin. Il permet désormais à des entreprises américaines sélectionnées par l’État de prendre part à certaines opérations menées directement contre les infrastructures utilisées par ces réseaux criminels. Il ne s’agit donc plus seulement de suivre l’argent ou de saisir des fonds après coup.

Dans son texte du 12 août, la Maison-Blanche confie au National Coordination Center (NCC) la mise en place du programme destiné aux « Participating Companies ».

Pour y entrer, une société devra signer un contrat avec le Department of Justice ou le Department of Homeland Security, passer par un processus de contrôle et obtenir une autorisation écrite avant chaque mission. Deux directeurs exécutifs superviseront le dispositif, l’un désigné par la Justice et l’autre par la Sécurité intérieure.

Les entreprises participantes sont des sociétés privées américaines admises au programme et autorisées à mener des opérations cyber sous la direction du gouvernement des États-Unis.

À première lecture, le terme « pirater » simplifie donc la portée du texte. La cyber-surveillance vise la collecte clandestine d’informations et peut impliquer un accès sans autorisation à un système. 

Les opérations d’effets cyber peuvent manipuler, perturber, dégrader ou détruire des systèmes ou les données qu’ils contiennent. Les opérations susceptibles de provoquer la mort ou une blessure grave, ou de relever de l’emploi de la force au regard du droit international, sortent de l’autorité d’approbation déléguée aux directeurs du programme.

Les pertes crypto donnent la mesure du problème

Pourquoi Washington veut-il élargir son arsenal ? Les chiffres du FBI donnent une partie de la réponse.

En 2025, l’Internet Crime Complaint Center (IC3) a recensé 181 565 plaintes comportant un lien avec les cryptomonnaies. C’est 21 % de plus qu’un an auparavant. Les pertes déclarées ont atteint 11,366 milliards de dollars, soit une hausse annuelle de 22 %.

Ces données ne représentent évidemment pas toutes les victimes. Elles correspondent uniquement aux cas signalés au FBI. Le préjudice réel peut donc être supérieur.

Le bilan des arnaques crypto aux États-Unis montrait déjà l’ampleur prise par le phénomène. Cependant, le rapport IC3 2025 du FBI apporte une précision importante : toutes les plaintes liées aux cryptos ne concernent pas nécessairement des fraudes à l’investissement.

Cette catégorie représente à elle seule 61 559 plaintes et 7,228 milliards de dollars de pertes. Sur un an, le nombre de signalements a augmenté de 48 %, tandis que les pertes ont progressé de 25 %. 

Derrière ces chiffres se trouvent parfois des organisations beaucoup plus structurées qu’un simple faux site d’investissement.

Cette distinction change la lecture du mémo. Les réseaux visés ne sont pas seulement des sites qui encaissent des dépôts : les schémas de type « pig butchering », qui gagnent la confiance d’une victime avant de la pousser vers une plateforme fictive, combinent manipulation sociale, blanchiment transfrontalier et, dans certains cas, exploitation de travailleurs dans des complexes clandestins. 

Une intervention dans les infrastructures pourrait accélérer l’identification ou la perturbation des réseaux, mais rien dans le mémo ne prouve encore qu’elle réduira les pertes ou permettra de restituer automatiquement les fonds.

Reste à savoir qui répondra des erreurs

Le mémo ne fixe pas encore le mode d’emploi. Sous 60 jours, la Justice, la Sécurité intérieure et le Homeland Security Council doivent établir les règles de ciblage, de coordination et d’arrêt d’une opération qui toucherait par erreur une personne ou un système américain. Un rapport est prévu sous 180 jours, avec une évaluation annuelle.

Le dossier du FBI consacré au réseau Tai Chang permet de comprendre ce qui change. Dans cette affaire, la Strike Force affirme avoir bloqué plus de 700 millions de dollars en cryptos liés au blanchiment de fonds provenant de fraudes. Jusqu’ici, ce type d’action reposait surtout sur l’enquête, la saisie de domaines et la confiscation des actifs.

Avec le nouveau programme, Washington veut pouvoir intervenir plus tôt, notamment par la surveillance clandestine et la perturbation technique des infrastructures.

Le gouvernement pourra exiger des entreprises participantes une caution ou un dépôt séquestre d’au moins 1 million de dollars afin de couvrir certains cas de non-conformité. En revanche, la version publique du mémo ne détaille pas encore clairement le rôle qu’aurait une autorité indépendante en cas d’erreur ou de dommage collatéral.

Le problème n’est donc pas que des entreprises privées puissent agir sans aucune règle. Elles resteront placées sous l’autorité du gouvernement.

La véritable question est plutôt celle de la responsabilité : qui devra répondre d’une opération qui dépasse sa cible ou cause des dommages à un tiers ?

Les procédures attendues dans les 60 prochains jours devraient apporter une première réponse. Elles permettront surtout de savoir jusqu’où Washington compte déléguer ses capacités cyber au secteur privé.

Pour les utilisateurs crypto, le résultat se mesurera toutefois ailleurs. Face aux arnaques par usurpation qui continuent de viser les communautés crypto, l’efficacité du programme dépendra moins du nombre de réseaux infiltrés que de sa capacité à empêcher de nouvelles victimes et, lorsque c’est possible, à retrouver les fonds volés.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.



Rejoindre le programme
A
A
Fenelon L. avatar
Fenelon L.

Passionné par le Bitcoin, j'aime explorer les méandres de la blockchain et des cryptos et je partage mes découvertes avec la communauté. Mon rêve est de vivre dans un monde où la vie privée et la liberté financière sont garanties pour tous, et je crois fermement que Bitcoin est l'outil qui peut rendre cela possible.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.