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V. Poutine prédit la fin de l'hégémonie du dollar

mar 20 Juin 2023 ▪ 6 min de lecture ▪ par Nicolas T.
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L’événement important de ce weekend fut le Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Partageant la scène avec son homologue algérien, le président russe y a prédit la fin du dollar.

Dollar Poutine

Dollar ? Niet.

Pour Vladimir Poutine, l’utilisation croissante des monnaies nationales pour les échanges transfrontaliers signale la fin de l’hégémonie du dollar américain.

La Russie montre évidemment la voie en réalisant déjà plus de 80 % de ses échanges commerciaux avec la Chine via la paire rouble/yuan. Le rouble est même impliqué dans 90 % des échanges avec les pays de l’Union économique eurasienne.

V. Poutine n’a pas manqué de faire remarquer que les réserves en dollars se tassent :

« La part des règlements en dollars diminue. La part des règlements en yuans augmente. […] Les producteurs de pétrole des principaux pays arabes disent maintenant être prêts à accepter le yuan en paiement pour leur pétrole. Si cette tendance prend de l’ampleur, alors ce sera le début de la fin pour cette monnaie [le dollar]. »

V. Poutine a également salué le projet de nouvelle monnaie de régionale proposée par le Brésil et l’Argentine pour l’ensemble de l’Amérique du Sud. Interrogé sur la question d’une monnaie commune au monde arabe par son homologue russe, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a répondu :

« J’aimerais que ce soit le cas. Certaines monnaies ont été imposées au monde entier. L’Algérie voudrait rejoindre l’organisation des BRICS dans un futur proche. Nous voudrions la rejoindre pour ne plus subir certaines pressions sur notre économie. Plusieurs pays comme l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis ont des monnaies très solides. Peut-être qu’une telle décision sera prise. Nous verrons bien ce que le futur nous réserve. »

L’effet boomerang des sanctions

Le président russe a insisté sur le fait que la Russie n’a jamais eu l’intention de dédollariser ni son économie nationale ni l’économie mondiale.

C’est la politique de sanctions américaines contre la Russie qui a contraint Moscou à lâcher le billet vert pour d’autres monnaies :

« En poursuivant des objectifs politiques opportunistes court-termistes, ils [USA] sapent leur pouvoir, y compris dans la finance mondiale. En utilisant le dollar comme une arme, les États-Unis font naître des doutes sur la fiabilité de leur monnaie en tant qu’instrument de paiement, mais aussi en tant qu’actif de réserve ».

Et le fait est que de nombreux pays sont inspirés par la fronde russe. Cela s’est encore vu récemment à l’occasion de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS. Le consensus de Washington s’effrite et laisse place à un ordre mondial multipolaire.

« L’ancien système international néocolonial a cessé d’exister alors que le nouvel ordre international multipolaire ne cesse de se renforcer », a lancé V. Poutine durant son discours.

Les alliances de la Russie et de la Chine avec d’autres pays ont donné naissance à des groupements puissants. Et notamment l’Organisation de coopération de Shanghai qui représente environ 30 % du PIB mondial. Mais aussi et surtout les BRICS qui regroupent 40 % de la population mondiale.

Il y a fort à parier que des monnaies de réserve régionales émergeront bientôt sous l’égide des BRICS. De même que de nouvelles institutions internationales qui dameront bientôt le pion à celles de Bretton Woods (FMI et banque mondiale).

Notre article : BRICS : Un nouveau Bretton Woods cet été ?

Nouvel ordre mondial

La présidente du FMI Kristalina Georgieva a récemment admis que la part du dollar dans les réserves de change internationales diminue. Mais elle ne s’attend pas à un brusque déclin :

« La part du dollar dans les réserves de change internationales est passée de 70 % à moins de 60 %. Mais nous ne nous attendons pas à un changement rapide de la composition des réserves de change. Pourquoi ? Parce que c’est la force de l’économie US et la profondeur de ses marchés de capitaux qui font du dollar une monnaie de réserve. Attendez un peu avant de l’enterrer. »

« Il y a quelques mois, la dédollarisation n’était pas à l’ordre du jour.
Aujourd’hui, c’est le cas, mais lentement.
Ensuite, c’est le cas, mais ce n’est pas grave.
Enfin, c’est inévitable, et c’est votre faute si vous ne vous êtes pas couvert. »

Certes, mais tout est plus simple quand on force les pays de l’OPEC à vendre le pétrole exclusivement en dollar…

Les nations sont fatiguées de cette aide inversée au profit de l’oncle Sam. Encore cette semaine, c’est le ministre égyptien Ali Moselhy qui a porté un coup au dollar.

« Des discussions sont en cours pour que nous puissions commercer dans les monnaies nationales de pays comme l’Inde, la Russie ou la Chine », a déclaré M. Moselhy.

L’ambassadeur russe en Égypte Georgy Borisenko a lui déclaré que le Caire avait officiellement demandé à rejoindre les BRICS :

« L’Égypte a demandé à rejoindre le groupe des BRICS en raison de l’une de nos initiatives consistant à diversifier au maximum les monnaies utilisées dans les échanges commerciaux, qu’il s’agisse de monnaies nationales ou de la création d’une monnaie commune. L’Égypte est très intéressée par cette question ».

Très bien, mais reste la question épineuse de la monnaie de réserve. Les monnaies nationales, quelles qu’elles soient, restent des ponzis inflationnistes. Le Bitcoin et ses 21 millions d’unités ronge son frein.

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Nicolas T.

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