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Bitcoin gagne une place stratégique dans l’économie des Émirats arabes unis 

19h30 ▪ 7 min de lecture ▪ par Mikaia A.
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Quand on a les moyens d’acheter du bitcoin et qu’on est convaincu de son sérieux, on n’hésite pas à sortir le chéquier et à créer les conditions favorables à son essor. C’est exactement ce qu’ont fait les Émirats arabes unis ces derniers mois. Le pays, riche en pétrole, a officialisé le Bitcoin comme un « nouveau secteur » de son économie. Une déclaration qui ne doit rien au hasard : elle prépare l’après-pétrole. Mais le cannibalisme entre l’or noir et l’or numérique ne fait que commencer.

Un dirigeant émirati présente des Bitcoins jaillissant de barils de pétrole, devant Dubaï, le drapeau national et des investisseurs réunis.

En bref

  • Le Premier ministre émirati a classé le bitcoin comme nouveau secteur économique, marquant un tournant stratégique pour un pays riche en pétrole.
  • Standard Chartered, première banque systémique, propose désormais du trading spot en bitcoin et ether aux Émirats avec une offre en trois couches.
  • Le cheikh Tahnoon, conseiller à la sécurité nationale, détiendrait 49 % de la structure derrière la future banque crypto de la famille Trump.
  • Malgré la croissance non pétrolière, l’emploi recule, et les capitaux réels tardent à suivre les déclarations politiques sur la crypto.

Le pétrole a trouvé son héritier

La sortie du Premier ministre n’a rien d’une punchline électorale. Classer le bitcoin et la crypto comme « nouveau secteur » de l’économie nationale, pour un pays qui a bâti sa fortune sur le pétrole, ça s’appelle changer de boussole.

Sur X, la nouvelle a circulé en quelques heures à peine, avec son lot de blagues et de comptes parodiques : l’un d’eux a comparé le pétrole à une monnaie incapable de s’imprimer elle-même, quand le bitcoin, lui, l’aurait toujours su. 

Plus sérieux, Mitchell Weijerman, une voix suivie dans le milieu crypto, va droit au but : 

L’essentiel, ce n’est pas que l’argent du pétrole achète du bitcoin. C’est qu’une économie riche en pétrole traite désormais les actifs numériques comme un secteur économique à part entière. Les pays ne se contentent plus de réguler la crypto, ils se font concurrence pour l’industrie.  

Source : X, @BTC_Weijerman

Le calendrier n’a rien d’un hasard non plus : Standard Chartered a lancé son offre crypto locale ce même mois.

Standard Chartered pose les rails de l’économie crypto aux Émirats 

Standard Chartered n’a pas traîné. La banque britannique devient la première institution systémique à proposer du trading spot en bitcoin et en ether aux Émirats. Trois étages montés en deux ans : la custody depuis septembre 2024, l’USDC depuis juillet dernier, et maintenant l’exécution spot elle-même. 

Rien de neuf dans la mécanique ; tout est neuf dans l’actif qu’on y fait passer. Le titre a grimpé de 1,8 % sur deux séances, sans le moindre chiffre côté clients ou volumes. La banque garde ça pour elle, et c’est bien tout le problème : le produit se voit, son modèle économique reste invisible. 

Fait notable, les ETF crypto spot américains ont capté 730 millions de dollars ce même jour, leur meilleure séance en neuf mois. Coïncidence de calendrier ou vrai effet miroir entre les deux rives de l’Atlantique, l’avenir seul le dira.

Le « cheikh espion » et l’argent qui parle plus fort que les discours

L’histoire vire nettement plus trouble avec les révélations du Wall Street Journal. Cheikh Tahnoon bin Zayed al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale des Émirats et frère du président, surnommé le « cheikh espion » outre-Atlantique, détiendrait 49 % de WLTC Holdings, la structure qui chapeaute la future banque crypto de la famille Trump. Pas un coup d’essai. 

Tahnoon avait déjà injecté 500 millions de dollars dans World Liberty Financial en janvier 2025, dont 263 millions redirigés vers des entités Trump. Depuis, World Liberty a décroché une approbation conditionnelle de l’OCC pour ouvrir une banque de confiance fédérale aux États-Unis.

Au même moment, l’administration Trump a autorisé la vente de puces IA à G42, société émiratie contrôlée par Tahnoon lui-même, et assoupli les plafonds d’achat en vigueur. Sur un an, les activités de Trump ont généré 59,5 millions de dollars de revenus de licences à l’étranger. World Liberty dément tout conflit d’intérêts. Le timing des approbations, lui, parle de lui-même, et il n’a pas vraiment besoin de commentaire.

Le pétrole reste roi, mais le Bitcoin bouscule l’ordre établi

Le pétrole reste roi, et de loin, malgré tout l’enthousiasme du moment. La sortie du Premier ministre ne vaut certainement pas adieu à l’or noir. L’économie non pétrolière affiche sa meilleure croissance depuis 2024, portée par un indice PMI en nette accélération en août. 

L’emploi, lui, recule pour la deuxième fois en trois mois, une première sur une année civile depuis 2021, selon l’économiste S&P Global David Owen. Les entreprises courent après leurs propres carnets de commandes, ce qui n’est jamais très bon signe. 

Sur X, certains n’y voient qu’un emballement de communication plutôt qu’un vrai basculement de capitaux. The AI Therapist, un compte suivi pour son ironie mordante, tranche sans détour : 

Traiter le BTC comme un secteur, pour les Émirats, c’est l’équivalent financier de mettre la crypto sur une carte de visite. Ce n’est pas encore de l’adoption, c’est juste une jolie décoration d’intérieur pour l’argent du pétrole.

Source : X, @TheAIShrink. 

Difficile de lui donner tort, sur ce coup-là.

Ce qu’il faut retenir sur la stratégie crypto des Émirats

  • Le prix bitcoin s’échangeait autour de 79 717 dollars au moment de la rédaction, en légère hausse hebdomadaire.
  • Le Premier ministre émirati a classé le bitcoin et la crypto comme un « nouveau secteur » de l’économie nationale.
  • Standard Chartered devient la première banque systémique à proposer du trading spot en bitcoin et en ether dans le pays.
  • Le cheikh Tahnoon bin Zayed détiendrait 49 % de la structure derrière la future banque crypto de la famille Trump.
  • L’emploi émirati a reculé pour la deuxième fois en trois mois, malgré la meilleure croissance non pétrolière depuis 2024.

Pendant que les Émirats misent sur le bitcoin, Ethereum trace sa route en silence. Un indicateur clé de son adoption vient de toucher un record inédit. Les grandes institutions regardent désormais aussi du côté des altcoins. La bataille pour la suprématie numérique ne fait que commencer.

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Mikaia A. avatar
Mikaia A.

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.