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Bitcoin : Le marché replonge malgré 1 milliard $ injecté dans les ETF

12h04 ▪ 10 min de lecture ▪ par Evans S.
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Bitcoin a brièvement approché 84 800 dollars mercredi avant d’effacer presque toute sa progression. Le BTC évoluait jeudi autour de 82 800 dollars, juste au-dessus du support très surveillé des 82 500 dollars. Le retournement ne vient pas seulement des inquiétudes autour de l’intelligence artificielle. La guerre avec l’Iran maintient le pétrole à des niveaux élevés, tandis que l’inflation américaine reste à 3,7 % et que la Fed se réunit le 28 octobre. Dans le même temps, les ETF Bitcoin viennent pourtant d’attirer plus d’un milliard de dollars en trois séances.

Un Bitcoin géant s’effondre sous la pression de l’Iran, de l’IA et de la Fed devant des traders paniqués.

En bref

  • Bitcoin a approché 84 800 dollars avant de revenir vers 82 800 dollars.
  • IA, pétrole, Iran et Fed pèsent simultanément sur l’appétit pour le risque.
  • Les ETF Bitcoin ont néanmoins attiré environ 1,08 milliard de dollars en trois jours.

Bitcoin échoue encore devant les 85 000 dollars

Le mouvement de mercredi avait commencé plutôt bien. Bitcoin a dépassé les 84 000 dollars, puis s’est rapproché de 85 000 dollars. Cette zone bloque le marché depuis plusieurs séances. Quelques heures plus tard, le bitcoin était revenu autour de 82 800 dollars. La situation rappelle celle observée plus tôt en octobre, lorsque le pétrole et les tensions avec l’Iran avaient déjà ramené Bitcoin sous 83 000 dollars. Cette fois encore, 82 500 dollars revient comme niveau important.

CoinDesk rapporte que plusieurs analystes surveillent ce seuil comme principal support à court terme. Une cassure durable affaiblirait davantage la structure actuelle. À l’inverse, le retour au-dessus de 84 000 puis 85 000 dollars donnerait aux acheteurs un peu plus de marge.

Pour l’instant, aucun des deux camps n’a vraiment pris le dessus. Bitcoin reste coincé dans une bande relativement étroite après être passé sous 81 000 dollars durant le week-end. Le rebond a donc récupéré une partie du terrain perdu, mais pas suffisamment pour effacer la fragilité accumulée depuis le début du mois.

Les autres actifs risqués racontent une histoire proche. Les actions asiatiques ont fortement reculé jeudi. Le MSCI Asie-Pacifique hors Japon perdait environ 1,8 %, tandis que plusieurs indices technologiques asiatiques cédaient entre 2 % et plus de 4 %. Bitcoin n’évolue donc pas seul.

Les dépenses dans l’IA continuent de tendre Wall Street

Meta et Tesla étaient très attendus mercredi soir. Les deux entreprises ont publié des résultats différents, mais elles n’ont pas totalement rassuré les investisseurs sur une question devenue centrale : combien faudra-t-il encore dépenser pour construire les infrastructures nécessaires à l’intelligence artificielle ?

Meta a enregistré 64,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, en hausse de 26 % sur un an. La croissance reste forte. Les dépenses aussi. Le groupe prévoit désormais entre 135 et 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026. Data centers, puces, serveurs et infrastructures destinées à Muse et aux autres produits d’IA absorbent une partie croissante des ressources du groupe.

Le free cash flow de Meta est même devenu négatif au troisième trimestre, à environ -2,12 milliards de dollars. Les marchés cherchent donc à savoir quand ces investissements commenceront à produire suffisamment de revenus. Cette nervosité dépasse Meta. Depuis plusieurs semaines, les fabricants de puces, entreprises de cloud et sociétés liées aux centres de données subissent des séances particulièrement volatiles.

Le sujet touche directement Bitcoin car le BTC se comporte encore largement comme un actif risqué lorsque le Nasdaq décroche. Arthur Hayes considère pourtant qu’un éventuel éclatement de la bulle de l’IA pourrait ensuite profiter au Bitcoin, notamment si les autorités répondent par davantage de liquidité.

Pas encore. À court terme, les inquiétudes liées à l’IA réduisent plutôt la prise de risque. Tesla a envoyé un signal différent en limitant ses dépenses. Ses investissements du troisième trimestre ont atteint environ 4,7 milliards de dollars, très loin des 7,5 milliards attendus. Le constructeur a aussi réduit son objectif annuel à environ 20 milliards, contre plus de 25 milliards auparavant. Cela n’a pas suffi à faire disparaître la nervosité.

L’Iran et le pétrole restent un problème direct pour Bitcoin

C’est l’autre moitié du dossier. Les tensions au Moyen-Orient sont redevenues suffisamment importantes pour maintenir le Brent autour ou au-dessus de 110 dollars par baril cette semaine.

Le détroit d’Ormuz reste particulièrement surveillé. Il constitue l’un des passages les plus importants au monde pour le pétrole et le gaz. Jeudi, les tensions se sont encore renforcées dans le Golfe. Les Gardiens de la révolution iraniens ont fait état de plusieurs incidents impliquant des navires et averti qu’une nouvelle escalade américaine pourrait entraîner une réponse plus large.

En parallèle, des attaques dans la région ont ravivé les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique. Le mécanisme pour Bitcoin est assez simple. Un pétrole cher alimente les anticipations d’inflation. Une inflation plus élevée peut pousser la Fed à conserver ses taux plus longtemps, voire à envisager un nouveau resserrement. Les rendements obligataires restent alors attractifs et les actifs plus risqués perdent une partie de leur avantage.

Cette chaîne s’est déjà vue plusieurs fois depuis septembre. Mardi encore, les marchés ont réagi presque immédiatement à des informations contradictoires concernant une possible avancée diplomatique avec l’Iran. Le WTI est tombé de plus de 101 dollars à environ 95,50 dollars après les premières informations sur une proposition de compromis. Le Nasdaq est passé d’une baisse proche de 1 % à une hausse de 0,6 %. Bitcoin a retrouvé 83 000 dollars.

Puis un démenti est arrivé. Le pétrole est remonté vers 97,60 dollars et Bitcoin a reperdu une partie du mouvement, autour de 82 300 dollars. Quelques dollars de variation du pétrole ont suffi à déplacer simultanément les actions et Bitcoin.

La Fed hérite d’une inflation toujours trop élevée

La situation énergétique arrive au mauvais moment pour la banque centrale américaine. L’inflation CPI de septembre a progressé de 0,6 % sur un mois et de 3,7 % sur un an, selon le Bureau of Labor Statistics. L’énergie explique une bonne partie du mouvement. Les prix de l’essence ont bondi de 9,1 % en septembre, tandis que l’indice global de l’énergie a progressé de 5,2 %. Sur douze mois, l’énergie affiche une hausse de 20,4 %.

Bitcoin avait déjà reculé après la publication de ces chiffres. Le problème est maintenant que le pétrole reste élevé plusieurs jours après le rapport. La baisse espérée des pressions énergétiques n’arrive donc pas vraiment.

La Fed doit rendre sa prochaine décision de politique monétaire le 28 octobre. Ce rendez-vous devient plus compliqué à mesure que pétrole et inflation remontent. Les marchés ne s’attendent pas nécessairement à une hausse immédiate des taux. Mais le débat porte davantage sur la durée pendant laquelle la Fed devra maintenir une politique restrictive.

Le calendrier de la Réserve fédérale confirme une réunion consacrée à la politique monétaire les 27 et 28 octobre, avec la décision attendue mercredi. Pour Bitcoin, le taux lui-même ne sera pas le seul élément important.

Les commentaires sur l’inflation, le pétrole et les futures décisions de décembre peuvent provoquer autant de mouvement que l’annonce officielle. Le BTC a déjà montré cette année qu’une variation des anticipations de taux pouvait déplacer rapidement plusieurs milliers de dollars. La Fed arrive donc dans un marché déjà très chargé.

Les ETF apportent 1,08 milliard $ sans débloquer Bitcoin

Un élément tranche avec ce contexte très prudent : les investisseurs institutionnels recommencent à acheter via les ETF. Les fonds Bitcoin spot américains ont attiré environ 1,08 milliard de dollars en trois séances. Lundi avait marqué le plus gros mouvement. Les ETF avaient enregistré 526,6 millions de dollars d’entrées nettes. IBIT de BlackRock avait à lui seul attiré 665,2 millions, compensant les sorties observées chez Fidelity et Grayscale.

Le retour des capitaux est important après deux semaines difficiles. Les ETF Bitcoin sortaient encore de plusieurs séances marquées par des retraits et une demande insuffisante.

La situation a donc changé rapidement. Mais 1,08 milliard de dollars n’a pas encore suffi à envoyer Bitcoin durablement au-dessus de 85 000 dollars. Ce décalage mérite d’être regardé. Dans les phases de hausse les plus rapides, les entrées ETF s’accompagnent généralement d’une forte demande au comptant, de liquidations de vendeurs et d’un environnement macroéconomique favorable.

Aujourd’hui, les ETF font une partie du travail. Le reste manque encore. Le Nasdaq reste fragile, le pétrole dépasse 100 dollars, la guerre avec l’Iran continue d’alimenter la prime géopolitique et la Fed arrive dans moins d’une semaine avec une inflation à 3,7 %.

Voilà pourquoi le retour des capitaux institutionnels ne produit pas encore le même effet qu’en septembre. Bitcoin conserve malgré tout un avantage : les acheteurs n’ont pas disparu. Le marché défend toujours la zone des 82 000 à 82 500 dollars malgré plusieurs chocs extérieurs. Les entrées ETF montrent également qu’une partie des investisseurs utilise les replis pour reprendre de l’exposition.

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Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.