Crypto : L’Allemagne accélère pendant que le Royaume-Uni décroche
L’Allemagne compte désormais 89 prestataires agréés sous MiCA, soit 25,5 % du registre européen de l’ESMA. Début juillet, ils n’étaient encore que 58. En un peu plus de deux mois, le pays en a donc ajouté 31, une hausse de plus de 50 %. Banques, gestionnaires de patrimoine et acteurs déjà spécialisés dans la crypto se retrouvent dans ce mouvement. Deutsche Bank prépare aussi son propre service de garde pour la fin de l’année.

En bref
- L’Allemagne compte 89 prestataires agréés sous MiCA.
- Ils représentent 25,5 % du registre européen de l’ESMA.
- Deutsche Bank veut lancer son service de garde d’actifs numériques avant fin 2026.
89 agréments crypto, contre 58 début juillet
Le chiffre monte vite. Le 3 juillet, le registre MiCA comptait 280 sociétés agréées en Europe. L’Allemagne en avait 58, devant la France avec 31 et les Pays-Bas avec 26. Cointribune avait alors détaillé cette première vague d’agréments MiCA Aujourd’hui, le compteur allemand est passé à 89.
Ce nombre représente 25,5 % des prestataires figurant dans le registre de l’ESMA, selon les données citées par CoinShares. MiCA impose notamment aux entreprises autorisées de déclarer les services qu’elles proposent, les pays européens dans lesquels elles comptent opérer et l’autorité qui leur a accordé leur licence. Le registre est public et régulièrement mis à jour.
Les anciennes périodes transitoires ont également pris fin. Les entreprises qui opéraient sous certains régimes nationaux pouvaient continuer jusqu’au 1er juillet 2026 au plus tard, sauf obtention préalable de leur autorisation MiCA.
Le passage de 58 à 89 acteurs allemands intervient donc juste après cette échéance. Luke Nolan, chercheur chez CoinShares, dit constater la même progression ailleurs que chez les plateformes. Il cite notamment les family offices, les gestionnaires de fortune et les conseillers financiers. Les jeunes investisseurs allemands seraient également plus demandeurs d’exposition aux actifs numériques.
Les grandes banques allemandes arrivent à leur tour
Deutsche Bank en fournit l’exemple le plus récent. La première banque allemande a confirmé le lancement prévu d’un service de garde d’actifs numériques d’ici la fin de 2026, sous réserve de l’achèvement des vérifications réglementaires. Bitcoin, ether, USDC et EURC doivent constituer la première sélection proposée aux clients institutionnels et aux entreprises européennes.
D’autres établissements avaient commencé plus tôt. DZ Bank a déjà développé une offre intégrée à son application bancaire, tandis que DekaBank travaille avec le réseau allemand des caisses d’épargne. L’objectif est moins de créer de nouveaux exchanges que d’ajouter bitcoin et d’autres actifs aux services que ces banques proposent déjà.
Le contraste avec l’adoption du grand public est intéressant. Une enquête YouGov réalisée en juin auprès de 4 000 personnes plaçait l’utilisation des cryptomonnaies à 11 % en Allemagne, contre 23 % en Suisse et 18 % en Autriche. Seulement 23 % des Allemands interrogés considéraient les cryptos comme un investissement valable, contre 37 % des Suisses.
L’Allemagne n’est donc pas nécessairement en tête pour le nombre d’utilisateurs. Ses chiffres sont surtout impressionnants du côté des entreprises autorisées et des banques qui commencent à proposer ces services.
Londres prépare encore son nouveau cadre
Luke Nolan compare cette accélération allemande avec la situation britannique. Selon lui, le marché destiné aux particuliers reste encore « naissant » au Royaume-Uni, notamment à cause du retard pris dans la mise en place d’un cadre réglementaire complet.
La FCA vient justement de publier ses orientations finales. Les demandes d’autorisation ouvriront le 30 septembre 2026. La fenêtre restera ouverte jusqu’au 28 février 2027. Le nouveau régime entrera ensuite en vigueur le 25 octobre 2027. Il couvrira notamment les plateformes de négociation, la conservation d’actifs, certains stablecoins et les activités liées au staking.
L’écart avec l’Allemagne vient en partie de là : MiCA fonctionne déjà dans l’Union européenne alors que Londres prépare encore l’entrée en vigueur de son propre système. Cela ne veut pas dire que les Britanniques boudent la crypto. Une enquête Gemini publiée en 2025 plaçait même la détention au Royaume-Uni à 24 %, contre 18 % un an plus tôt.
Même en Allemagne, les 89 agréments ne racontent qu’une partie de l’histoire. La Suisse reste par exemple largement devant lorsqu’on interroge directement les utilisateurs. Une enquête récente plaçait 23 % des Suisses parmi les utilisateurs de cryptomonnaies, contre 11 % des Allemands Pour l’Allemagne, le mouvement actuel vient surtout des institutions. 89 prestataires agréés. 31 de plus qu’au début de juillet. Deutsche Bank attend encore son feu vert. Le marché allemand est loin d’avoir terminé son installation sous MiCA.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
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