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Crypto : L’Iran facilite l’usage de Bitcoin et USDT dans le commerce

19h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Lydie M.
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L’Iran desserre une partie de ses contrôles sur les devises et laisse davantage de place à la crypto dans ses échanges internationaux. Selon le Financial Times, les exportateurs peuvent désormais utiliser leurs revenus étrangers pour financer directement des importations et recourir à bitcoin ou à l’USDT pour certains règlements transfrontaliers. Près de 9,9 milliards de dollars d’activité crypto avaient déjà été attribués à l’Iran en 2025. La Banque centrale iranienne n’a pas commenté publiquement ces nouvelles règles.

Des commerçants iraniens utilisent la crypto : Bitcoin et USDT pour régler des achats dans un bazar.

En bref

  • Les exportateurs iraniens disposent de plus de liberté pour utiliser leurs revenus à l’étranger.
  • Bitcoin et l’USDT peuvent servir à certains paiements transfrontaliers, selon le Financial Times.
  • Quatre exchanges iraniens sanctionnés concentraient 78 % du volume crypto attribué au pays en 2025.

Crypto : Téhéran donne plus de marge aux exportateurs

Le changement porte d’abord sur les devises. Les entreprises iraniennes peuvent utiliser directement une partie de leurs recettes étrangères pour financer leurs importations. Elles n’ont plus nécessairement à vendre d’abord ces devises sur la plateforme gouvernementale au taux officiel

La crypto fait partie des canaux possibles. Bitcoin et surtout l’USDT peuvent être utilisés pour régler certaines transactions via des exchanges iraniens. Cette ouverture intervient un mois après que Washington a sanctionné Shelbit et Aban Tether, deux plateformes accusées par le Trésor américain de faciliter des circuits financiers liés à l’Iran.

Il ne s’agit pas d’une légalisation générale de tous les flux crypto. Téhéran cherche surtout à récupérer plus facilement les revenus générés à l’étranger alors que l’accès aux banques internationales reste fortement réduit.

Le Financial Times rapporte aussi que les autorités enquêtent toujours sur les recettes d’exportation qui n’ont pas été rapatriées. La Banque centrale n’a pas répondu à Cointelegraph sur le détail du dispositif. Ce point compte : l’utilisation de Bitcoin et de l’USDT est rapportée par le Financial Times, mais aucun texte officiel détaillé de la banque centrale n’a encore été rendu public dans les sources consultées.

Près de 10 milliards de dollars ont circulé en crypto en 2025

L’Iran part déjà d’une base importante. TRM Labs évalue à 9,9 milliards de dollars le volume crypto attribué au pays en 2025. Nobitex, Bitpin, Wallex et Ramzinex représentaient à eux seuls environ 7,7 milliards, soit 78 % du total. Les quatre plateformes ont été sanctionnées par l’OFAC le 2 juin.

Nobitex domine largement. Le Trésor américain estime que l’exchange a traité plus de la moitié des entrées d’actifs numériques iraniennes en 2025. Wallex représentait environ 12 %, Bitpin 10 %. Ramzinex a traité plus de 2,45 milliards de dollars depuis sa création.

Les connexions avec les plateformes étrangères sont également documentées. TRM Labs dit avoir retracé 3,84 milliards de dollars de flux entre CoinEx et des entités iraniennes sanctionnées sur plus de sept ans. Environ 2,7 milliards concernent Nobitex.

Le même rapport identifie près de 67 millions de dollars provenant de la Banque centrale iranienne et arrivés sur des adresses CoinEx entre juin 2025 et juin 2026. Les mouvements auraient utilisé plusieurs blockchains et des étapes intermédiaires avant d’atteindre l’exchange. CoinEx nie toute relation commerciale avec le gouvernement iranien ou les plateformes locales.

Le dossier dépasse CoinEx. Une enquête reprise cet été par Cointribune avait également identifié 676 millions de dollars de transferts entre Shelbit et Binance. Reuters n’avait toutefois pas établi que l’ensemble de ces fonds était directement contrôlé par les autorités iraniennes. Les montants sont élevés. Les circuits aussi sont nombreux.

Washington place désormais tout le secteur crypto iranien sous pression

Les États-Unis ont élargi leur réponse. Le 24 août, le Trésor américain a officiellement ajouté les actifs numériques aux secteurs iraniens pouvant faire l’objet de sanctions. Le dispositif permet à l’OFAC de cibler des personnes ou entreprises étrangères qui opèrent dans ce secteur ou lui fournissent certains services.

Washington cite précisément la crypto parmi les moyens utilisés par l’Iran pour déplacer de l’argent hors des circuits financiers traditionnels. Le même jour, le Trésor a sanctionné Ivan Obukhov, un courtier installé aux Émirats arabes unis. L’administration affirme qu’il a traité plus de 100 millions de dollars en cryptomonnaies depuis 2023 pour faciliter des ventes de pétrole au bénéfice de la Force Qods de l’IRGC.

Les sanctions avaient déjà commencé à viser directement les exchanges. Nobitex, Wallex, Bitpin et Ramzinex en juin. Shelbit et Aban Tether en août. Bitcoin et les stablecoins permettent de transférer des fonds sans utiliser une banque correspondante américaine. Cela ne rend pas les transactions invisibles.

Les blockchains publiques laissent des traces. Les exchanges centralisés conservent aussi des données clients et les émetteurs de stablecoins peuvent bloquer certaines adresses. C’est particulièrement vrai pour l’USDT.

Pour les entreprises étrangères, le risque reste concret. Cointribune avait déjà détaillé l’exposition aux sanctions des sociétés qui paient l’Iran en crypto, notamment dans le transport maritime. Téhéran ouvre donc davantage ses circuits commerciaux aux actifs numériques au moment où Washington élargit précisément ses moyens pour les surveiller. Pas besoin de spéculer davantage. En 2025, près de 10 milliards de dollars avaient déjà circulé dans l’écosystème crypto iranien. Les nouvelles règles cherchent maintenant à rendre une partie de cette infrastructure plus utile au commerce extérieur.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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