Crypto : Visa passe aux paiements en stablecoins à grande échelle
Visa fait passer les stablecoins du laboratoire aux opérations commerciales. Le géant des paiements vient de mettre en production les capacités stablecoin de Visa Direct avec Inyo Global. Les entreprises éligibles pourront notamment utiliser l’USDC pour préfinancer leurs paiements transfrontaliers 24 heures sur 24. Le changement arrive alors que les règlements en stablecoins de Visa dépassent désormais un rythme annualisé de 20 milliards de dollars.

En bref
- Visa Direct passe officiellement du pilote au déploiement commercial.
- Inyo Global devient le premier acteur à proposer le préfinancement en USDC.
- Les règlements stablecoins de Visa dépassent 20 milliards de dollars en rythme annualisé.
Visa met les stablecoins au cœur de Visa Direct
Le changement a été officialisé le 15 octobre. Inyo Global devient le premier processeur à mettre en production le préfinancement en stablecoins de Visa Direct. L’entreprise fournit déjà des infrastructures de paiement aux fintechs, banques et sociétés de transfert d’argent dans un réseau couvrant plus de 180 pays.
Ses clients éligibles peuvent désormais utiliser la crypto (USDC) pour financer leurs opérations Visa Direct. Le principe répond à un problème très concret. Pour assurer des paiements internationaux, les entreprises doivent souvent immobiliser des fonds à l’avance sur différents comptes bancaires. Les horaires d’ouverture et les week-ends peuvent également retarder leur capacité à alimenter ces comptes.
Avec l’USDC, le financement peut fonctionner 24 heures sur 24. Visa avait commencé à tester ce modèle de paiements en stablecoins aux États-Unis dès 2025. Le programme devait justement être élargi en 2026.
Cette étape est arrivée. Le bénéficiaire final n’est pas forcément payé en crypto. Visa Direct permet toujours de convertir les fonds et de verser de la monnaie locale. Le stablecoin intervient surtout dans l’infrastructure située derrière le paiement.
De 7 à 20 milliards de dollars en quelques mois
Visa ne part plus de zéro. En avril, son programme de règlement en stablecoins atteignait environ 7 milliards de dollars en rythme annualisé. Le groupe avait alors ajouté cinq blockchains supplémentaires à son infrastructure.
Quelques mois plus tard, le chiffre dépasse 20 milliards de dollars. Visa parle d’une multiplication supérieure à quinze sur un an. Le groupe compte également plus de 160 programmes de cartes liés aux stablecoins. Les volumes de paiement réalisés avec ces programmes ont progressé de près de 200 % sur un an au deuxième trimestre fiscal.
La tendance dépasse donc la seule expérimentation avec Inyo. En juillet, Visa testait déjà les stablecoins avec M-Pesa et Onafriq en RDC. L’objectif était là aussi de simplifier le règlement de paiements transfrontaliers sans forcément modifier l’expérience de l’utilisateur final.
Début octobre, Visa indiquait par ailleurs que près de 17 % du volume de ses cartes liées aux stablecoins provenait désormais de programmes destinés aux entreprises. Les stablecoins sortent progressivement du seul marché crypto. Ils deviennent un outil de trésorerie.
Visa ne remplace pas les banques par l’USDC
Le déploiement commercial ne signifie pas que Visa abandonne les rails traditionnels. Son modèle reste hybride. Les stablecoins servent là où ils peuvent réduire les délais ou éviter d’immobiliser trop de liquidités. Le réseau Visa Direct continue ensuite de connecter cartes, comptes bancaires, wallets et monnaies locales.
C’est d’ailleurs la ligne défendue par Visa depuis plusieurs mois : le stablecoin ne doit pas nécessairement remplacer la monnaie traditionnelle. Il peut devenir une couche supplémentaire pour déplacer l’argent entre différentes infrastructures.
L’évolution est particulièrement visible dans les paiements par carte. USDC et USDT représentent déjà 84 % des dépenses effectuées avec certaines cartes crypto. Visa dispose maintenant d’un autre terrain : le financement des paiements internationaux eux-mêmes. Inyo Global ouvre la première porte commerciale. D’autres processeurs peuvent suivre. Le pilote est terminé pour cette partie du système. Les stablecoins entrent en production.
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Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
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