En RDC, Visa et M-Pesa expérimentent une alternative au SWIFT via les stablecoins ancrés au dollar
Visa, M-Pesa et Onafriq testent les stablecoins en RDC pour régler des transactions mobiles transfrontalières. Le projet vise à rendre les transferts plus rapides, moins chers et plus fluides, sans forcément changer l’expérience visible des utilisateurs. Les paiements continuent de passer par le mobile money, mais le règlement se fait en arrière-plan grâce à des dollars numériques.

En bref
- Visa teste les stablecoins avec M-Pesa et Onafriq en RDC.
- Le projet vise des paiements transfrontaliers plus rapides et moins chers.
- La question de la dollarisation numérique reste sensible pour les régulateurs.
Les stablecoins entrent dans le mobile money congolais
Les stablecoins arrivent dans un domaine déjà familier aux Congolais : le mobile money. Visa, M-Pesa et Onafriq veulent tester une infrastructure où les paiements transfrontaliers sont réglés via des actifs numériques adossés au dollar. Cette initiative prolonge les expérimentations déjà menées par Visa dans les paiements en stablecoin.
L’idée n’est pas de demander à l’utilisateur d’ouvrir un wallet crypto ou de gérer une clé privée. Le client continue d’utiliser une interface de mobile money. Le changement se situe surtout dans le moteur financier qui règle la transaction entre les partenaires.
Pour la RDC, ce choix est stratégique. Le pays combine une forte utilisation du dollar, une adoption croissante du mobile money et des besoins importants en paiements transfrontaliers. Les stablecoins peuvent donc devenir une couche technique discrète, mais puissante.
Visa cherche à réduire la friction des transferts
Les transferts transfrontaliers restent chers et lents en Afrique subsaharienne. Plusieurs opérations passent encore par des banques intermédiaires, avec des frais cumulés et des délais de règlement parfois longs. Les stablecoins peuvent réduire cette dépendance aux rails classiques. Une transaction réglée sur blockchain peut être confirmée plus rapidement et à moindre coût, surtout lorsque les partenaires disposent déjà d’une infrastructure de conformité et de liquidité.
Visa ne découvre pas ce terrain. Le groupe teste depuis plusieurs années l’usage d’actifs numériques dans ses règlements. L’extension vers la RDC montre que les stablecoins ne sont plus seulement un sujet de trading. Ils deviennent une solution possible pour les paiements de tous les jours.
Onafriq joue ici un rôle important. Son réseau relie des portefeuilles mobiles, des banques et des fintechs dans plusieurs pays africains. En combinant cette portée avec l’infrastructure Visa, le test peut observer comment les stablecoins fonctionnent dans un environnement réel.
Les stablecoins promettent vitesse, mais posent une question monétaire
Le principal intérêt des stablecoins tient à leur stabilité relative. Contrairement au bitcoin ou à l’ether, leur valeur est généralement indexée sur une monnaie classique, souvent le dollar américain. Cela les rend plus adaptés aux paiements et aux règlements internationaux.
En RDC, cette caractéristique est à la fois utile et sensible. Le dollar circule déjà largement dans l’économie. Un stablecoin indexé sur le dollar peut faciliter les transactions, mais il peut aussi renforcer la dollarisation numérique.
La Banque centrale du Congo cherche au contraire à soutenir l’usage du franc congolais. C’est là que le débat devient politique. Les stablecoins peuvent améliorer l’efficacité des paiements, tout en compliquant les efforts de souveraineté monétaire.
Ce dilemme n’est pas propre à la RDC. Plusieurs pays africains observent la montée des dollars numériques avec prudence. Le Nigeria, par exemple, fait déjà face à une forte adoption des stablecoins en Afrique, notamment pour les transferts et la protection contre la dépréciation des monnaies locales.
Un test qui peut dépasser la RDC
Le pilote congolais doit surtout répondre à une question simple : les stablecoins peuvent-ils améliorer les paiements sans compliquer la vie de l’utilisateur final ? Si la réponse est oui, le modèle pourrait être étendu à d’autres marchés africains.
Les cas d’usage sont nombreux. Il peut s’agir de recharger un portefeuille mobile depuis l’étranger, de régler un commerçant transfrontalier ou de faciliter les paiements entre entreprises. Dans tous les cas, l’utilisateur cherche d’abord la rapidité, le coût et la fiabilité.
Le succès dépendra toutefois de plusieurs conditions. Les partenaires devront garantir la liquidité, sécuriser les flux, respecter les règles locales et éviter que le produit ne soit perçu comme une fuite vers le dollar numérique.
Visa avance donc avec prudence, mais le signal est fort. Les stablecoins ne sont plus cantonnés aux plateformes crypto. Ils entrent dans les infrastructures de paiement utilisées par des millions de personnes. Après les tests de Visa avec l’USDC sur Solana, cette expérimentation avec M-Pesa en RDC confirme que les stablecoins transfrontaliers deviennent un terrain majeur de concurrence entre réseaux de paiement, fintechs et banques.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.