DeepSeek : Washington ordonne son retrait des agences fédérales civiles
Le département américain de la Sécurité intérieure exige le retrait de DeepSeek des systèmes informatiques des agences civiles fédérales. Pékin dénonce une décision discriminatoire et menace de riposter. Dans le même temps, Washington sanctionne cinq entités chinoises accusées d’avoir volé des secrets liés à l’intelligence artificielle (IA).

En bref
- Washington exclut DeepSeek et ses affiliés des marchés publics civils et exige le retrait de leurs produits des systèmes fédéraux.
- Pékin réclame l’annulation de ces restrictions et promet de prendre « toutes les mesures nécessaires ».
- Le département d’État américain sanctionne cinq entités chinoises dans une affaire de vol présumé de secrets commerciaux.
DeepSeek écarté des marchés publics et des systèmes fédéraux
La défiance envers les modèles chinois n’est pas nouvelle, DeepSeek et Kimi ayant déjà été accusés de rediriger des requêtes vers Claude à l’insu de leurs utilisateurs.
Cette fois, l’administration américaine s’appuie sur le Federal Acquisition Supply Chain Security Act de 2018 pour écarter DeepSeek de la chaîne d’approvisionnement fédérale. Signé par Markwayne Mullin, l’ordre vise les agences civiles, mais exclut les systèmes relevant de la sécurité nationale et du renseignement.
Concrètement, les administrations doivent cesser d’acheter les produits de DeepSeek et de ses affiliés. Elles doivent également retirer les solutions déjà installées, y compris certains produits tiers reposant sur leurs technologies.
Pour justifier cette décision, Washington invoque plusieurs risques : l’hébergement de serveurs en Chine, le stockage de données personnelles sur le territoire chinois, les possibilités de traçage numérique et des vulnérabilités critiques dans l’application iOS.
Une date de publication qui soulève des questions
Un détail mérite attention : l’ordre indique une date de diffusion initiale au 24 juillet 2026, alors que le Federal Register l’a publié le 20 octobre. Pourtant, le texte présente ses mesures comme applicables dès leur émission.
Cette différence soulève une question pratique. Les agences disposaient de 60 jours après l’émission pour demander une dérogation écrite. En retenant la date de juillet, ce délai aurait expiré avant même la publication officielle.
Dans l’intervalle, l’administration recommande de surveiller les échanges de données, de renforcer les journaux informatiques et de repérer les activités inhabituelles. Elle prévoit également un réexamen annuel de la mesure.
Pékin proteste, Washington multiplie les sanctions
Le ministère chinois du Commerce a rapidement dénoncé une décision qui suscite sa « forte insatisfaction » et sa « ferme opposition ». Il accuse Washington d’ignorer les accords conclus entre les deux chefs d’État et réclame la révocation des restrictions.
De son côté, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, critique l’extension du concept de sécurité nationale et promet de défendre les entreprises chinoises.
En parallèle, le département d’État américain a sanctionné cinq entités chinoises au titre de la Protecting American Intellectual Property Act. Parmi les cibles figurent Shanghai Zhisuan Technology et l’incubateur MiraclePlus, accusés avec trois autres entités d’avoir participé au vol de secrets commerciaux de Google.
Ces mesures interviennent alors que Washington et Pékin avaient engagé un dialogue sur l’IA. Elles illustrent les tensions persistantes entre les deux puissances, tandis que le différend entre Anthropic et le Pentagone rappelle que la sécurité technologique reste un enjeu majeur des deux côtés du Pacifique.
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