IA : DeepSeek et Kimi auraient redirigé des requêtes vers Claude à l’insu de leurs utilisateurs
Coup de tonnerre dans le secteur de la technologie ! Les autorités chinoises passent au peigne fin deux de ses champions de l’IA : DeepSeek et Moonshot AI (la société IA derrière Kimi). Ces derniers sont soupçonnés d’avoir redirigé des millions de requêtes vers le modèle IA Claude de la firme américaine Anthropic. Le tout, sans en avertir leurs utilisateurs. Pour les utilisateurs, cette bataille entre modèles d’IA dépasse désormais la concurrence technologique. Elle soulève surtout une question importante : que deviennent leurs données lorsqu’une requête change de modèle sans qu’ils ne le sachent ?

En bref
- La Chine enquête sur DeepSeek et Moonshot pour fuite de données vers l’IA Claude.
- Anthropic accuse Moonshot de 23 millions d’échanges via 5 380 comptes fictifs.
- DeepSeek aurait généré 12,1 millions d’échanges suspects en 14 jours en juillet.
- Sept entreprises IA visées au départ, deux seules restent sous enquête aujourd’hui.
- L’enquête tombe juste avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre.
L’ombre d’un transfert massif de données secoue l’écosystème IA
La Cyberspace Administration of China (CAC) vient d’ouvrir une enquête sur DeepSeek et Moonshot AI. Le régulateur chinois d’Internet veut savoir si des données sensibles (notamment policières, militaires ou liées à des entreprises publiques) ont fini sur des serveurs américains via l’IA Claude. Des responsables se sont rendus dans les bureaux des deux sociétés IA pour interroger les dirigeants ainsi que les salariés.
Rapportée par The Information, la procédure intervient après la publication d’un rapport de renseignement de 154 pages par Anthropic le 10 septembre 2026. Le document accuse sept entreprises IA de « distillation illicite ». Dans la liste figurent :
- Alibaba ;
- Moonshot ;
- DeepSeek ;
- Zhipu ;
- MiniMax ;
- SenseTime ;
- Xiaomi.
Comment l’IA Claude aurait été siphonnée par 5 380 comptes fictifs
Dans son rapport de renseignement, Anthropic affirme que Moonshot a fait transiter plus de 23 millions d’échanges vers Claude à travers 5 380 comptes frauduleux. DeepSeek, de son côté, aurait généré plus de 12,1 millions d’échanges en seulement quatorze jours en juillet. Au total, cela représente plus de 35 millions de conversations potentiellement utilisées pour nourrir une IA concurrente sans autorisation.
Certes, cette pratique n’a rien d’inédit dans le secteur de l’IA. Il est fréquent d’entraîner un modèle sur les sorties d’un autre modèle d’IA. Ce qui pose problème selon Anthropic, c’est le recours à des comptes fictifs pour contourner les limites d’usage. Dans ce même contexte, la société IA dénonce depuis le début de l’année 2026 le pillage de sa technologie par des start-up chinoises qui revendraient des réponses de Claude à moindre coût.
Une onde de choc immédiate sur les marchés financiers et la tech
L’annonce de cette procédure a immédiatement jeté un froid glacial sur le secteur de la tech. Dès l’ouverture des Bourses asiatiques, les valeurs liées à l’IA ont plongé vertigineusement. Et pour cause ? Les investisseurs redoutent désormais des sanctions administratives lourdes ou une coupure pure et simple des accès réseau pour les deux firmes IA visées.
Le géant américain Anthropic n’a d’ailleurs pas tardé à réagir. Il envisage d’appliquer désormais des règles strictes sur l’utilisation de ses interfaces de programmation.
Pour certains, le calendrier ne pouvait pas être pire. DeepSeek doit justement présenter cette semaine son évaluation des risques de l’IA devant le Conseil de sécurité des Nations unies, aux côtés du patron d’Anthropic, Dario Amodei. La session tombe la veille du sommet du 24 septembre entre Donald Trump et Xi Jinping. Bien évidemment, le dossier de l’IA figure à l’agenda.
Moonshot AI n’est pas mieux loti. Le 3 septembre 2026, la société IA a déposé un dossier confidentiel pour une introduction en Bourse à Hong Kong. Elle vise 3 milliards de dollars pour une valorisation de 50 milliards de dollars. Toute enquête réglementaire divulguée devra apparaître dans le prospectus avant que la cotation ne puisse avancer.
Certes, aucune sanction n’a pour l’heure été prononcée. Ceci étant dit, une procédure ouverte par Pékin complique sérieusement la suite pour ces deux poids lourds de l’IA chinoise.

Vers un durcissement global de la régulation numérique de l’IA ?
En orchestrant cette offensive judiciaire, le gouvernement chinois envoie un signal clair à l’ensemble de ses champions technologiques : la souveraineté des données prime sur la vitesse de développement.
Ce scandale IA pourrait d’ailleurs inciter les régulateurs du monde entier à imposer un suivi strict des requêtes utilisateur. Plusieurs experts estiment que cette régulation numérique renforcée freinera l’innovation à court terme. Par contre, elle permettra d’assainir les pratiques de certaines entreprises. Les marchés financiers intègrent déjà ce risque réglementaire accru dans la valorisation des startups.
Reste à savoir comment les développeurs d’IA vont adapter leurs infrastructures pour prouver l’origine légitime de leurs données d’entraînement.
En tout cas, cette enquête sur l’IA expose (une fois de plus !) les dérives d’une course technologique effrénée où les règles d’éthique sont parfois piétinées. Alors que les gouvernements intensifient leurs contrôles, la véritable question est de savoir si l’intelligence artificielle de demain saura concilier puissance algorithmique et respect absolu de la vie privée.
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Analyste et rédactrice crypto avec 7 ans d'expérience en journalisme financier numérique. Depuis 2021, j'analyse en profondeur les dynamiques du marché des cryptomonnaies, des ETF et des politiques monétaires qui les impactent. Mon approche combine veille macroéconomique et décryptage des données on-chain pour offrir une perspective factuelle aux investisseurs.
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