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DeFi : Aave envisage la plus grande vague de suppressions de réserves de son histoire

15h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Lydie M.
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Aave veut retirer plusieurs réserves devenues trop peu utilisées. Cette opération concernerait 98,1 millions de dollars d’actifs déposés et 15,6 millions de dollars de dette. Pour le protocole crypto, il ne s’agit pas de répondre à une urgence immédiate. L’objectif est plutôt de réduire les risques et les coûts liés à des marchés devenus peu rentables.

Un opérateur DeFi ouvre une vanne qui vide un réservoir de liquidité orange vers un coffre Aave, sous une jauge affichant 98.

En bref

  • Aave veut retirer des réserves représentant 98,1 millions de dollars.
  • Six déploiements blockchain pourraient être entièrement fermés.
  • La proposition vise à réduire les risques et les coûts de maintenance.

Aave veut supprimer des réserves crypto peu utilisées

La proposition prévoit le retrait de 50 réserves présentant une adoption limitée. Elle vise également 21 Principal Tokens de Pendle arrivés à maturité. Cette réorganisation intervient alors qu’Aave prépare sa V4, une version conçue pour mieux séparer la liquidité et la gestion des risques. Les réserves concernées sont réparties sur 11 déploiements d’Aave V3. Elles représentent environ 85,3 millions de dollars d’actifs fournis et 11,5 millions de dollars de dette.

Ces montants restent modestes à l’échelle du protocole crypto. Leur entretien mobilise pourtant plusieurs services techniques. Chaque marché nécessite notamment un oracle de prix, un mécanisme de liquidation et une surveillance régulière. Lorsque l’activité devient trop faible, les revenus générés ne compensent plus toujours ces coûts. Aave préfère donc concentrer ses ressources sur les réserves les plus actives.

Le plan va plus loin qu’une simple suppression de tokens. Aave envisage également de fermer entièrement ses déploiements sur Sonic, Scroll, zkSync, Metis, Soneium et Aptos. Ces six marchés regroupent 25 réserves supplémentaires. Leur retrait toucherait environ 12,8 millions de dollars d’actifs déposés et 4,1 millions de dollars de dette. Le protocole crypto estime que les revenus de ces déploiements ne justifient plus les coûts nécessaires à leur maintenance.

Cette décision illustre les limites d’une expansion multichaîne trop rapide. Déployer un protocole sur plusieurs réseaux peut attirer de nouveaux utilisateurs. Mais chaque blockchain supplémentaire ajoute des risques techniques, des besoins en liquidité et des dépenses opérationnelles. Aave ne renonce donc pas à son modèle multichaîne. Le protocole crypto cherche plutôt à fermer les marchés devenus périphériques. Cette logique intervient également dans un contexte de tensions autour de la gestion des risques.

Des mesures progressives pour pousser les utilisateurs au retrait

Aave ne prévoit pas de supprimer immédiatement les réserves concernées. Le processus serait progressif. Les prêteurs et les emprunteurs disposeraient ainsi du temps nécessaire pour fermer leurs positions. Le protocole commencerait par bloquer les nouveaux dépôts et les nouveaux emprunts. Les plafonds d’approvisionnement et d’emprunt seraient ensuite réduits à une seule unité. Cette mesure empêcherait pratiquement toute nouvelle activité sans perturber brutalement les positions existantes.

Pour les actifs pouvant encore être empruntés, Aave augmenterait également le facteur de réserve. Une part plus importante des intérêts payés par les emprunteurs reviendrait alors au protocole. Le maintien de ces positions deviendrait progressivement moins intéressant. Les six déploiements destinés à une fermeture complète pourraient subir des mesures plus strictes. Le facteur de réserve monterait à 99 %, tandis que les taux d’intérêt de base augmenteraient. L’objectif est clair : encourager les utilisateurs à fermer naturellement leurs positions.

Cette réorganisation découle du nouveau cadre de risque proposé par Aave en juin 2026. Celui-ci a été présenté après l’attaque du pont KelpDAO, qui avait exposé le protocole à un risque important de mauvaise dette. Lors de cet incident, des rsETH volés avaient été déposés sur Aave comme garantie. L’attaquant avait ensuite emprunté d’autres actifs contre ce collatéral. Même si Aave n’était pas directement responsable de la faille, l’épisode a montré qu’un actif externe pouvait transmettre son risque au protocole.

La plateforme avait alors subi d’importants retraits, tout en continuant à fonctionner. Cointribune avait analysé cette crise de liquidité et les mesures envisagées pour mieux isoler les risques de contagion. Le retrait proposé ne cible donc pas uniquement des actifs jugés dangereux. Il concerne aussi des tokens reproduisant des actifs natifs, des produits Pendle arrivés à échéance et des marchés dont l’activité est devenue insuffisante.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.