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FTX : Voici venir Aurore Lalucq

mar 22 Nov 2022 ▪ 7h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

La députée membre de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D) Aurore Lalucq appelle à réguler d’urgence la crypto.

lalucq

Je vous l’avais bien dit…

Aurore Lalucq s’est félicitée de n’avoir « jamais cessé d’alerter sur les dangers de cette finance non réglementée ». « Malheureusement, force est de constater que mes craintes se révèlent exactes ».

Certes, mais les Bitcoin maximalistes ont sonné l’alerte bien avant la députée qui ne s’est pas faite prier pour remuer le couteau dans la plaie :

« La réalité du secteur, c’est la faillite de FTX. C’est celle de Voyager ou de Celsius, et les milliers de clients qui ne peuvent plus récupérer leur argent. C’est la désintégration du Terra/Luna […]. À chaque fois, ce sont des comptes bloqués, des bank run, des pyramides de Ponzi, une absence de fonds propres, des manipulations de marché, un non-respect du best execution order… sans même parler des arnaques les plus basiques. Il y a donc urgence à réguler et à réguler vraiment, car le PSAN dans sa version enregistrement relève surtout du ‘regulation washing’. L’urgence, c’est d’appliquer MiCA au plus vite. »

Ces critiques sont de bonne guerre. Elles sont même justifiées au vu des agissements à peine croyables de FTX. D’ailleurs, Aurore Lalucq regrette certainement d’avoir fait de l’écho à son CEO Sam Bankman-Fried (alias SBF) :

sam bankman-dried et lalucq

Aurore Lalucq a fait siennes les déclarations d’allégeance au système tenues par Sam Bankman-Fried dans les colonnes du Financial Times. Ce que nous n’avions pas manqué de souligner au mois de mai sur Cointribune :

« Selon Sam Bankman, ‘le bitcoin n’a aucun avenir en tant que réseau de paiement en raison de son inefficacité et de ses coûts environnementaux élevés’.

Le CEO de FTX s’est encore fourvoyé plus loin en laissant entendre que la consommation d’énergie du bitcoin serait liée au nombre de transactions, ce qui est absolument faux.

‘Nous ne pouvons pas augmenter la vitesse de transaction jusqu’au point où nous devons dépenser 100 fois plus d’énergie en mining’, a-t-il déclaré. »

Sauf le débit de transactions du réseau Bitcoin n’a rien à voir avec l’énergie utilisée par le mining…

Dit autrement, la députée a relayé un tissu de mensonges par idéologie. Et par ignorance aussi. En effet, le mining de bitcoin sera bientôt une arme contre le réchauffement climatique en éteignant les torchères de méthane.

Pour en revenir à FTX, sa gestion était si abracadabrantesque que l’on ne peut que se demander si SBF n’était pas en mission pour créer le plus gros scandale possible. Le but étant in fine de pouvoir justifier une réglementation assassine contre le bitcoin.

C’est ce que suggère l’empressement dont fait preuve le président Biden pour une réglementation mondiale de la crypto :

« Le président américain Joe Biden lance un appel « crucial » en faveur d’une réglementation mondiale du Bitcoin et des cryptomonnaies après l’effondrement du FTX. »

Les liens étroits entre SBF, le World Economic Forum et les démocrates ne sont pas non plus pour rassurer. N’oublions pas que le WEF s’est mis à supporter le Proof-of-Stake avant SBF. Même la banque centrale de Norvège se base sur Ethereum (PoS) pour sa CBDC…

Ces manœuvres intrigantes ne surprennent pas quand on sait que le bitcoin est justement notre première ligne de défense contre le totalitarisme technologique de Klaus Schwab.

Trier le shitcoin du bon grain

Quant à savoir si les banques françaises devraient imiter leurs homologues américaines en proposant des cryptomonnaies à leurs clients, la réponse est oui, mais pas tout de suite :

« Je ne vois pas d’un très bon œil les liens entre finance régulée et non régulée. Si les nombreux cryptocrash qui ont eu lieu cette année n’ont pas eu de conséquences dramatiques sur le reste de la finance, c’est justement parce que les ponts entre actifs cryptos et actifs classiques restent assez limités. Et c’est tant mieux. […] La finance mondialisée relève déjà d’un équilibre précaire que nous essayons tant bien que mal d’assurer grâce à des régulations et des réglementations. Évitons d’ajouter un facteur de déstabilisation en l’arrimant à un secteur encore plus instable. Tant que les cryptos ne sont pas régulées, il ne faut pas accroître ses liens avec la finance dite traditionnelle. »

Beau retournement d’accusation… C’est le moment de rappeler que le bitcoin existe pour que nous puissions nous passer des banques. Il est une réserve de valeur in-censurable permettant de se prémunir contre « l’équilibre précaire » du système monétaire fiat.

Comme dirait Christine Lagarde, « s’il y a une échappatoire, cette échappatoire sera utilisée »… Le bitcoin est cette échappatoire à l’hyperinflation promise par le ponzi usurier bientôt rattrapé par les limites physiques de la croissance.

Or l’inflation ruine les petites gens tout en enrichissant davantage ceux qui possèdent l’immobilier de prestige, les actions de bourse, les tableaux de grands maîtres, et toutes ces choses que monsieur et madame tout le monde ne peut pas avoir.

A contrario, n’importe qui peut acheter du bitcoin, si petit que soit son porte-monnaie. Une vraie socialiste devrait entendre ce discours… Aurore Lalucq restera inaudible tant qu’elle refusera de rendre grâce au bitcoin, sali malgré lui par les Madoff de la crYpto et les shitcoins qui pullulent.

Terminons avec cette déclaration faisant écho à la récente suspension des retraits par l’exchange français CoinHouse :

« Certes, le gouvernement fait les yeux doux aux acteurs de la crypto. Le Président a reçu le patron de Binance. Mais dans le même temps, la réglementation mise en œuvre avec les PSAN est absolument insuffisante. Pire, elle donne l’illusion d’un secteur régulé. Ce qui est toujours la meilleure manière de ne rien faire de concret et d’envoyer les consommateurs dans le mur.

J’ai d’ailleurs écrit au Ministre à ce sujet, en pointant le fait que seul l’agrément imposait effectivement des normes en matière de transparence, de bonne gouvernance et de protection du consommateur. Pourtant, aucun exchange n’est agréé. Pire, ces derniers jouent sur ce flou entre enregistrement et agrément pour induire les consommateurs en erreur. Il se targuent d’avoir le label AMF, sans pour autant avoir aucune obligation sérieuse. »

Notons tout de même que certains exchanges sont irréprochables depuis plus d’une décennie. Nous pensons notamment au Français Paymium. Ce dernier a longtemps refusé la shitcoinerie avant de s’aligner à contre cœur sur les casinos étrangers… Ou encore le basque Stackinsat.

Tout le contraire de CoinHouse qui proposait même des rendements… Ce n’est pas un hasard si l’exchange est aujourd’hui frappé de plein fouet par la faillite de FTX.

Il est temps de trier l’ivraie du bon grain en faisant clairement la distinction entre le Bitcoin et ses milliers de pâles imitations pré-minées. Les exchanges doivent inciter leurs clients à détenir eux-même leurs bitcoins. Not your key, not your Bitcoin…

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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