Kalshi lance ses perpetuals crypto en pleine bataille judiciaire
Kalshi vient de passer un cap. La plateforme de marchés prédictifs a enregistré 15,4 millions de visites depuis les États-Unis en juillet 2026, contre à peine 1 million un an plus tôt. Soit une hausse de 1 520 %, selon des données Similarweb consultées par Cointelegraph vendredi. Le volume de trading suit un rythme encore plus rapide. Environ 40 milliards de dollars de volume notionnel mensuel en août, contre 874 millions un an auparavant. Mais l’info qui change vraiment la donne est ailleurs. Kalshi vient de lancer des contrats perpétuels crypto, BTC, ETH, BNB et 14 autres actifs compris, jusqu’à 6x de levier. Un pivot qui complique un dossier réglementaire déjà bien chargé.

En bref
- Kalshi capte désormais l’essentiel de la croissance du secteur des marchés prédictifs, portée par les contrats sportifs.
- La plateforme joue sa survie réglementaire devant la Cour suprême sur la nature exacte de ses contrats.
- En pleine bataille juridique, Kalshi choisit d’ouvrir un second front en lançant des perpetuals crypto à effet de levier.
Kalshi : un trafic et des volumes qui donnent le vertige
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le trafic US représentait près de 80 % du total de Kalshi en juillet, contre 72,8 % un an plus tôt. La croissance reste massivement concentrée sur le marché américain. Les contrats sportifs, eux, pèsent 83 % du volume de trading de juillet, rapportait Barron’s jeudi. Côté volume, l’ensemble de l’industrie des marchés prédictifs est passé de 2 à 50,7 milliards de dollars mensuels sur la période, Kalshi captant à elle seule près de 79 % du total. Kalshi n’a donc pas juste grandi, elle a aspiré tout le marché.
Le fait notable ici est que le trafic progresse aussi depuis des juridictions où Kalshi n’a pas le droit d’opérer directement :
- Le Canada est passé de 50 000 à 450 000 visites ;
- Le Royaume-Uni de 31 000 à 296 000, alors que l’accord d’utilisateur de la plateforme interdit toujours l’accès direct depuis ces deux pays.
Kalshi a contourné le problème en juin via un partenariat avec Wealthsimple, qui donne accès à environ 4 000 contrats éligibles par une application séparée. Malin, mais ça n’efface pas la question de fond. Qui accède à quoi, et sous quelle autorisation ?
Un contentieux qui monte jusqu’à la Cour suprême
Pendant que le trafic explose, les tribunaux s’activent. Le New Jersey a porté devant la Cour suprême américaine la question de savoir si les contrats sportifs de Kalshi relèvent de la supervision fédérale (donc de la CFTC) ou des lois sur les jeux d’argent, propres à chaque État. Le Michigan poursuit de son côté ses propres démarches pour faire bloquer la plateforme. L’enjeu n’est pas cosmétique car si les contrats sportifs sont requalifiés en paris sous juridiction étatique, c’est une bonne partie du modèle Kalshi, 83 % du volume tout de même, qui se retrouve fragilisée sur ses principaux marchés.
Kalshi joue là-dessus une carte à double tranchant. D’un côté, elle revendique le statut fédéral de marché à contrats d’événements, régulé par la CFTC depuis des années. De l’autre, plus la plateforme grossit et plus elle attire l’attention des régulateurs étatiques, qui voient dans ce succès la preuve que Kalshi fait, dans les faits, du paris sportif déguisé.
Le pivot crypto qui ajoute un régulateur à l’équation
Et voilà que Kalshi ajoute une couche. Le 4 septembre, le compte Kalshi Crypto a annoncé sur X la mise en ligne de perpetuals sur BNB, complétant une offre qui couvre déjà BTC, ETH, LINK et 14 autres cryptos, avec un levier allant jusqu’à 6x pour les traders américains éligibles. Une extension confirmée le même jour par un post relayant l’annonce sur le réseau. La plateforme pousse aussi, selon les mêmes publications, vers des actions tokenisées et de l’or.
Autant le dire franchement, le timing est osé car Kalshi se bat déjà devant la Cour suprême pour prouver qu’elle n’est pas un bookmaker déguisé. Et elle choisit ce moment précis pour lancer du levier 6x sur les cryptos, un territoire qui, lui, tombe sans ambiguïté sous l’œil de la CFTC pour les dérivés classiques. Au lieu de simplifier son dossier réglementaire, Kalshi vient de s’ouvrir un second front. Cette fois sur le terrain des dérivés crypto à effet de levier, pendant que le premier, sports contracts vs gambling, n’est même pas encore tranché.
Trois faits à retenir sur Kalshi
- Trafic US de +1 520 % en un an, 15,4 millions de visites en juillet, contre moins d’1 million en août 2025
- Kalshi c’est environ 40 milliards de dollars, porté à 83 % par les contrats sportifs, pendant que le litige sur leur statut monte jusqu’à la Cour suprême
- Nouveau front réglementaire ouvert début septembre : lancement de perpetuals crypto (BTC, ETH, BNB, LINK + 14 actifs) jusqu’à 6x de levier
Kalshi grossit donc plus vite que sa base réglementaire ne peut le suivre. Entre la Cour suprême et la CFTC, deux fronts s’ouvrent en même temps qui sont le sport et la crypto. La question n’est plus de savoir si un régulateur va trancher, mais lequel s’y attaque en premier.
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Le monde évolue et l'adaptation est la meilleure arme pour survivre dans cet univers ondoyant. Community manager crypto à la base, je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à la blockchain et ses dérivés. Dans l'optique de partager mon expérience et de faire connaître un domaine qui me passionne, rien de mieux que de rédiger des articles informatifs et décontractés à la fois.
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