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La Chine serre la vis sur la crypto et réduit ses liens financiers avec les États-Unis

20h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Ghiles A.
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La Chine a multiplié les signaux puissants ces dernières 24 heures. Elle poursuit le durcissement de sa politique économique et technologique, tout en renforçant son contrôle sur la crypto. Pékin encadre davantage les capitaux américains et accélère son autonomie dans l’intelligence artificielle. En parallèle, les sanctions de Washington contre des entreprises énergétiques chinoises ajoutent une pression supplémentaire. Entre finance, technologie et énergie, le rapport de force entre Pékin et Washington prend une nouvelle dimension.

Illustration montrant la Chine serrant un bitcoin dans un étau, avec le drapeau chinois, Shanghai, la Statue de la Liberté et le Capitole américain en arrière-plan.

En bref

  • La Chine renforce son contrôle sur la crypto en ciblant aussi sa promotion en ligne.
  • Pékin veut limiter l’entrée de capitaux américains dans ses entreprises technologiques sensibles.
  • DeepSeek et Huawei illustrent la volonté chinoise de réduire sa dépendance aux puces américaines.
  • Entre les restrictions chinoises et les sanctions de Washington, les tensions entre les deux pays continuent de s’intensifier.

Crypto : la Chine étend son interdiction à la promotion en ligne

La banque centrale chinoise et sept autres autorités de régulation ont finalisé de nouvelles règles encadrant la commercialisation en ligne des produits financiers. Ces mesures concernent aussi les contenus liés à la crypto et renforcent le contrôle de leur promotion sur les plateformes numériques.

Selon FinanceFeeds, le texte classe explicitement l’émission et l’échange de cryptomonnaies comme des activités financières illégales. Il vise aussi les opérations de change non autorisées. Ainsi, il prolonge la position adoptée par la Chine en 2021, lorsque les transactions en cryptomonnaies avaient été interdites dans le pays.

Cependant, cette nouvelle étape ne porte pas seulement sur l’achat ou la vente de crypto. Elle cible aussi la manière dont ces services sont présentés au public. Les autorités veulent limiter la promotion en ligne, notamment via les plateformes sociales, l’affiliation et les contenus d’influenceurs.

Désormais, les plateformes, agences, intermédiaires et créateurs de contenu peuvent être concernés par ces règles. Toute entité qui facilite la promotion d’activités financières jugées illégales par cette nouvelle régulation peut être tenue responsable. Les nouvelles règles, publiées officiellement sous le numéro 9 et datées du 21 avril, entreront en vigueur le 30 septembre.

Pékin freine les capitaux américains et pousse son autonomie dans l’IA

La Chine veut aussi limiter l’entrée de capitaux américains dans certaines entreprises technologiques locales. Selon un rapport de Bloomberg, relayé par Reuters, Pékin prévoit de soumettre ces investissements à une approbation préalable du gouvernement. Cette mesure viserait surtout les startups actives dans l’intelligence artificielle et les technologies avancées.

Les régulateurs chinois, dont la Commission nationale du développement et de la réforme, auraient déjà transmis des consignes à plusieurs entreprises privées. Elles devraient refuser les fonds américains lors de leurs levées de capitaux, sauf en cas d’autorisation officielle. Ainsi, le contrôle ne concerne pas seulement les grandes entreprises cotées, mais aussi les jeunes sociétés innovantes.

Parmi les entreprises citées figurent Moonshot AI et StepFun, deux startups spécialisées dans l’intelligence artificielle. ByteDance, propriétaire de TikTok, serait également concerné. Les autorités ne voudraient pas que l’entreprise autorise des ventes secondaires d’actions à des investisseurs américains sans validation préalable.

Cette orientation s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue autour des technologies sensibles. Pékin cherche à éviter que des investisseurs américains prennent des participations dans des secteurs jugés liés à la sécurité nationale. L’affaire Manus aurait renforcé ces préoccupations et élargi l’examen à plusieurs agences, dont le ministère chinois du Commerce.

Dans le même temps, DeepSeek a annoncé le lancement de son modèle V4, optimisé pour les puces Huawei Ascend 950. Ce modèle open source compte 1,6 trillion de paramètres et réduit les coûts de 73 % par rapport à la version précédente. Cette évolution renforce l’idée d’une chaîne technologique chinoise plus autonome.

DeepSeek présente aussi son modèle comme une avancée dans le raisonnement et le codage. Il se place devant plusieurs modèles open source et se rapproche des solutions fermées de Google et OpenAI. Ainsi, la Chine montre qu’elle veut gagner du terrain dans l’intelligence artificielle sans dépendre des puces américaines.

Escalade des tensions énergétiques entre Pékin et Washington

Par ailleurs, les tensions entre la Chine et les États-Unis s’étendent aussi au secteur de l’énergie. Le 24 avril, Washington a annoncé dans un communiqué de presse des sanctions contre Hengli Petrochemical Dalian, une raffinerie indépendante chinoise. Les autorités américaines l’accusent d’avoir acheté pour plusieurs milliards de dollars de pétrole iranien.

Le département du Trésor américain a aussi visé une quarantaine de compagnies maritimes et de navires. Selon Washington, ces acteurs participeraient au transport du pétrole iranien par une flotte parallèle. Cette décision intervient dans un contexte de pression accrue sur les revenus pétroliers de Téhéran.

De son côté, Pékin rejette ces sanctions unilatérales, qu’il juge illégales. L’ambassade de Chine à Washington a appelé les États-Unis à ne pas politiser les échanges commerciaux, scientifiques et technologiques. Elle leur demande aussi de ne pas utiliser les sanctions comme outil contre les entreprises chinoises.

Ces mesures ajoutent une pression supplémentaire sur les raffineurs indépendants chinois. Plusieurs entreprises du secteur avaient déjà été ciblées par des sanctions américaines. Ainsi, certaines raffineries font face à des difficultés d’approvisionnement et à des marges déjà fragiles.

À court terme, le pétrole iranien reste un point de friction entre les deux puissances à mesure que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie. Cette situation pourrait renforcer la méfiance économique entre la Chine et les États-Unis. Elle pourrait aussi compliquer les échanges liés à l’énergie, surtout si les sanctions américaines continuent de s’élargir.

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Ghiles A.

Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.