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Crypto : Un sénateur veut repousser le CLARITY Act jusqu’en mai

15h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Evans S.
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Le dossier crypto avance encore, mais moins vite que prévu à Washington. Un sénateur républicain veut repousser à mai la prochaine étape du CLARITY Act, un texte crucial pour encadrer le marché des actifs numériques aux États-Unis.

Illustration comics d’un sénateur faisant un geste d’arrêt devant un calendrier marqué 5, sur fond de Capitole et de symboles crypto.

En bref

  • Le CLARITY Act pourrait attendre mai.
  • Le rendement des stablecoins bloque le Sénat.
  • La crypto veut avancer avant la bataille électorale.

Un report qui refroidit le calendrier

Thom Tillis pousse désormais pour un report du CLARITY Act à mai. L’élu républicain de Caroline du Nord a demandé au président de la commission bancaire, Tim Scott, de ne pas précipiter le passage du texte en avril.

Le message est simple. Pour Tillis, les représentants du secteur crypto et ceux du secteur bancaire n’ont pas encore eu assez de temps pour être entendus, en particulier sur une question devenue explosive : le rendement versé sur les stablecoins. Il ne s’agit donc pas d’un abandon du texte, mais d’un ralentissement politique sur un point très précis

Ce contretemps compte, car le CLARITY Act reste l’un des grands chantiers réglementaires de la crypto aux États-Unis. La Chambre des représentants a bien adopté sa version en juillet 2025, avec un vote bipartisan de 294 voix contre 134. Mais au Sénat, le temps politique devient plus serré à mesure que l’échéance électorale de novembre 2026 se rapproche.

Le vrai blocage vient des stablecoins

Le cœur du problème n’est pas la définition de la crypto elle-même. Le vrai nœud, aujourd’hui, concerne la possibilité d’offrir un rendement aux détenteurs de stablecoins. Les banques traditionnelles redoutent qu’un tel mécanisme aspire une partie des dépôts hors du système bancaire classique, surtout dans les petites banques de proximité.

Leur argument est assez clair. Si les particuliers peuvent obtenir une rémunération attractive sur des dollars tokenisés, une partie de l’épargne pourrait quitter les comptes bancaires ordinaires. Pour les banques communautaires, cela signifierait une base de dépôts plus fragile et un recours plus fréquent à des financements plus coûteux.

En face, les acteurs crypto ne veulent pas d’un texte trop restrictif. Un compromis aurait même été discuté : autoriser des récompenses liées à une activité crypto sur des plateformes tierces, tout en excluant une rémunération passive sur de simples soldes dormants. Dit autrement, Washington ne bloque pas sur la crypto en général. Il bloque sur la frontière entre innovation financière et produit d’épargne déguisé.

Le camp crypto refuse de patienter davantage

Ce décalage à mai ne plaît évidemment pas au secteur. Le même jour, The Digital Chamber a demandé à la commission bancaire du Sénat de faire avancer le texte “dès que le calendrier le permet”. Son argument est politique autant qu’économique : l’industrie estime que le marché ne peut plus attendre une clarté réglementaire promise depuis des mois.

Le groupe rappelle aussi qu’il s’est écoulé plus de 270 jours depuis l’adoption du texte à la Chambre. Cette durée commence à peser dans le débat public, car la crypto américaine voit approcher une fenêtre législative qui pourrait se refermer vite. Plus le calendrier glisse, plus le risque grandit de voir le texte se retrouver aspiré par la campagne des élections de mi-mandat.

Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a lui-même mis cette pression en avant récemment. Il a averti qu’un basculement politique à la Chambre pourrait casser l’élan actuel autour du CLARITY Act. Cette remarque en dit long : aux États-Unis, la bataille sur la crypto n’est plus seulement réglementaire. Elle devient aussi électorale, stratégique et même idéologique.

Un texte clé, mais déjà rattrapé par le réel

Sur le fond, le CLARITY Act devait surtout répondre à une vieille faiblesse américaine : l’absence de règles stables pour savoir quand un actif numérique relève du régulateur boursier ou du régulateur des matières premières. C’est justement ce manque de lisibilité que le texte cherche à corriger, afin d’éviter que l’innovation continue de se déplacer vers d’autres juridictions mieux balisées.

Mais le paradoxe est frappant. Un projet pensé pour apporter de la clarté se retrouve aujourd’hui freiné par un débat très concret sur la distribution du rendement. C’est presque un rappel brutal de ce qu’est devenue la crypto à Washington : non plus un sujet marginal, mais un dossier qui touche directement aux dépôts bancaires, au pouvoir des plateformes et au partage de la valeur dans la finance numérique.

Le report demandé par Thom Tillis n’enterre pas le CLARITY Act. Il met plutôt en lumière ce qui se joue réellement derrière ce texte. Le débat ne se limite plus à une simple architecture juridique. Il porte désormais sur un enjeu bien plus stratégique : qui profitera demain de la rentabilité du dollar numérique, les banques traditionnelles ou les acteurs crypto ? Et pendant que le Sénat hésite, le marché, lui, ne s’arrête pas. Polymarket serait ainsi en discussion pour une levée de 400 millions de dollars.

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Evans S. avatar
Evans S.

Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.