La tokenisation pourrait résoudre un problème majeur des banques selon la BRI
Le projet Agorá de la BRI vient de franchir une étape décisive. Après des mois de simulations, ses membres passent aux transactions en valeur réelle pour tester la tokenisation des réserves des banques centrales et des dépôts bancaires commerciaux. Sept banques centrales et plus de 40 institutions financières privées participent à l’initiative.

En bref
- La BRI conclut que la tokenisation permet un règlement atomique entre devises et juridictions.
- Les participants au projet Agorá quittent les simulations pour des transactions impliquant de l’argent réel.
- La Banque du Canada rejoint l’initiative cette semaine, élargissant encore son périmètre.
La tokenisation pourrait résoudre un problème majeur des banques selon la BRI
Conduit conjointement par la BRI, sept banques centrales et plus de 40 institutions financières privées, le projet Agorá a mis le doigt sur un problème vieux comme le système bancaire mondial : les paiements transfrontaliers qui échouent à moitié.
Le concept central est le règlement atomique. Une transaction s’effectue en mode « tout ou rien » : plus question qu’une jambe du paiement aboutisse pendant que l’autre reste bloquée.
Ce type d’incident, banal dans l’architecture SWIFT actuelle, entraîne notamment des délais de plusieurs jours et des coûts de réconciliation significatifs pour les banques impliquées.
Des acteurs de premier plan participent également à l’expérience : la Réserve fédérale de New York, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la Banque nationale suisse. Cette semaine, la Banque du Canada les a rejoints.
De la simulation aux tests réels, pendant que Wall Street accélère
Le calendrier s’accélère. Les membres du projet Agorá prévoient désormais des transactions impliquant des devises et des institutions réelles, et non plus des environnements contrôlés. Un cap notable pour une initiative qui restait jusqu’ici sur le papier.
Ce basculement intervient dans un contexte de course à la tokenisation. Le DTCC, chambre de compensation de Wall Street, prépare une infrastructure tokenisée pour les actions, les ETF et les bons du Trésor américain. Le Nasdaq et l’ICE, propriétaire du NYSE, développent chacun leurs propres systèmes sur blockchain.
Côté régulation, la prudence reste de mise. Fin mai, la SEC a reporté son projet d’exemption sur les actions tokenisées, notamment pour éviter que des plateformes émettent des versions numériques d’actions sans l’accord des entreprises concernées. Un signal que l’infrastructure avance plus vite que le droit.
La BRI maintient par ailleurs une réserve explicite sur les stablecoins privés. L’agence juge qu’ils comportent des risques systémiques et appelle à une réglementation accélérée du secteur.
En somme, le projet Agorá marque un tournant concret dans la plomberie financière mondiale. Règlement atomique, réduction des intermédiaires, Banque du Canada dans la boucle : les conditions d’une refonte du système des paiements transfrontaliers se mettent en place. La tokenisation institutionnelle n’est plus un projet pilote. Elle entre dans la phase des transactions réelles, avec de vraies devises et de vraies responsabilités.
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