L'AMF et l'ACPR renforcent leur contrôle sur les produits structurés
L’Europe entretient un pessimisme chronique qui n’est pas nouveau dans l’histoire financière. L’industrie crypto en a déjà payé les frais avec des régulations parfois disproportionnées. Aujourd’hui, ce sont les produits structurés, ces placements vendus comme des solutions de rendement protégé, qui se retrouvent dans le collimateur des autorités françaises. L’AMF et l’ACPR viennent de publier une étude qui devrait faire réfléchir les épargnants sur la confiance qu’ils accordent aux institutions financières.

En bref
- L’AMF et l’ACPR ont dénoncé des frais d’entrée pouvant atteindre 13,16 % du montant investi par les clients.
- Les produits structurés affichent une performance inférieure de 2,4 points à celle des marchés boursiers sur la période 2022-2024.
- Seulement 14 % des produits offrent une protection totale et inconditionnelle du capital à l’échéance du placement.
- Les régulateurs exigent désormais des actions de supervision et une transparence accrue sur les frais et les circuits de distribution.
Des frais opaques et des performances en berne : le constat sévère des régulateurs
L’AMF et l’ACPR ont passé au crible les produits structurés vendus aux particuliers en France. Le verdict est sans appel et devrait interpeller tous les investisseurs en bourse.
Les frais d’entrée peuvent atteindre 13,16 % du montant investi, avec une moyenne de 5,83 %. La performance moyenne est inférieure de 2,4 points à celle des marchés sur la période 2022-2024, une période pourtant haussière.
Les régulateurs ont identifié des situations de non-conformité à tous les niveaux de la chaîne de distribution. Des émetteurs aux distributeurs finaux, l’information du client est systématiquement défaillante.
Ces placements, présentés comme des solutions de rendement protégé, ne tiennent pas leurs promesses. Le client paie cher pour une sécurité qui n’existe pas vraiment.
Le mirage de la protection du capital : une promesse qui coûte cher en bourse
Les banques et les assureurs vendent la protection du capital comme un argument massue. Cette protection est le plus souvent conditionnelle et ne joue qu’à l’échéance.
Seuls 14 % des produits offrent une protection totale et inconditionnelle. 57 % intègrent une protection conditionnelle avec barrière. Et 26 % n’offrent aucune protection en capital. Le client paie cher pour une sécurité qui n’existe pas toujours dans les faits.
Dans un marché de bourse haussier, il perd 2,4 points de rendement par rapport à un investissement direct. Dans un marché baissier, il peut perdre tout ou partie de son capital.
La promesse de protection du capital est souvent un mirage qui masque une réalité bien moins reluisante. La crypto-sphère connaît bien ce genre de décalage entre les promesses et la réalité.
Opacité des frais et dérives commerciales : vers une régulation plus ferme de la finance
Les produits structurés souffrent d’une opacité chronique qui nuit à la transparence des marchés. Les frais sont intégrés dans la structure du produit, prélevés dès la souscription, et restent inchangés quelle que soit la durée de détention. Le client ignore la répartition des revenus entre émetteurs, assureurs et distributeurs. Seul un tiers des produits disposait d’un marché cible suffisamment précis.
La thèse des promoteurs : ces produits protègent le capital. L’antithèse des régulateurs : ils sont opaques, chers et sous-performants. La synthèse s’impose : une régulation plus ferme est nécessaire. Les autorités exigent désormais des actions de supervision bilatérales.
La transparence et l’éducation des épargnants doivent devenir des priorités absolues. Le secteur de la crypto connaît bien ces enjeux, lui qui subit une pression réglementaire croissante en Europe.
Les chiffres à retenir sur les produits structurés
- Frais d’entrée moyens de 5,83 % du montant investi ;
- 13,16 % de frais maximum constatés dans l’étude ;
- 2,4 points de performance en dessous des marchés ;
- Seulement 14 % de protection totale inconditionnelle ;
- 26 % des produits sans aucune protection en capital.
Les produits structurés illustrent les dérives d’une finance qui privilégie les intermédiaires plutôt que les épargnants. L’AMF et l’ACPR ont raison de renforcer leur contrôle. Le parallèle avec la crypto est frappant : des produits complexes vendus à des particuliers qui n’en maîtrisent pas les risques. L’Europe, qui ne compte désormais que 7 entreprises conformes au règlement MiCA, continue de durcir ses exigences réglementaires.
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