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Le sabordage d'Ethereum continue…

jeu 24 Nov 2022 ▪ 21h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

ConsenSys, le fournisseur de solutions logicielles pour Ethereum, a mis à jour sa politique de confidentialité. Tout part à vau-l’eau…

ethereum

Votre adresse IP s’il vous plaît

Consensys est chapeauté par le Canadien Joseph Lubin, celui-là même qui a fondé Ethereum avec Vitalik Buterin.

Cette société basée à New York est un pilier de l’Enterprise Ethereum Alliance, un organisme mondial de standardisation pour les applications liées à l’Ethereum. L’alliance compte désormais plus de 500 membres.

Et non des moindres… S’y trouvent notamment Accenture (qui a un pied dans quasiment tous les projets de CBDC), CME Group, Intel, JPMorgan, Softbank, HSBC, Coinbase, Microsoft ou encore Pfizer. Il y a du beau monde derrière Vitalik…

Ce mercredi 23 novembre, ConsenSys a discrètement mis à jour sa politique de confidentialité afin de collecter davantage de données sur les transactions ethereum via Infura.

ConsenSys est la société qui gère Infura, une suite d’outils pour la création d’applications. C’est également elle qui gère MetaMask, le wallet Ethereum le plus populaire avec 30 millions d’utilisateurs mensuels.

Infura est le fournisseur de RPC (Remote Procedure Call) par défaut de MetaMask. Dorénavant, ceux qui l’utilisent verront leurs adresses IP et adresses de wallet être collectées à chaque transaction !

À moins d’utiliser son propre nœud Ethereum (ce qui est très coûteux) ou bien de se passer d’Infura et/ou de MetaMask.

Étant donné qu’il n’y a aucune raison valable d’espionner les utilisateurs de la sorte, cette décision est malveillante jusqu’à preuve du contraire. Surtout quand on sait qui se cache derrière Consensys.

Et nous qui pensions que la raison d’être des applications du « web3 » était de ne plus collecter les données des utilisateurs. Quelle humiliation…

En parlant de nœud Ethereum

Le FTX fait couler beaucoup d’encre, mais un autre scandale est en gestation : le staking sur Ethereum.

Depuis le fameux « merge » du 15 septembre, Ethereum a changé son mécanisme de consensus, passant du Proof-of-Work au Proof-of-Stake. Plutôt que d’apporter de l’énergie, il « suffit » désormais de déposer 32 ETH pour participer au processus de validation des transactions.

Le problème étant qu’il n’est pas encore possible pour les « stakers » de retirer leurs ETH. Même les revenus issus du staking sont bloqués jusqu’à nouvel ordre.

Cette situation fait jaser, et quoi de plus normal. La débauche FTX, l’effondrement de Celsius ou encore les déboires de Genesis, CoinHouse et autres ne sont pas pour rassurer.

Certains « stakers » voudraient bien pouvoir retirer leur argent et l’on voit mal comment la fondation Ethereum pourrait ignorer ce problème lors de sa prochaine mise à jour dite « Shanghai ».

Oui mais quand ? Six mois après le « merge » ? Douze mois ? Plus tard ?…

« Les développeurs d’Ethereum, les leaders et les influenceurs ont dit à leurs followers que les retraits d’ETH seraient activés 6 mois après le « merge ». Et ces 6 mois sont devenus 6-12 mois. Puis, ils ont dit 2024. Maintenant, l’ETH Foundation n’affiche plus aucun calendrier sur son site web. »

Tim Beiko, responsable du support du protocole à la Fondation Ethereum, a confié à CoinDesk que « six à douze mois » est simplement la moyenne historique des mises à jour sur Ethereum.

Il est donc permis d’être sceptique. D’autant plus que la difficile EIP-4844 visant à réduire les frais de transaction est également prioritaire.

Parithosh Jayanthi, un ingénieur DevOps de la Fondation Ethereum, se veut confiant. « Je ne vois pas de scénario dans lequel les retraits ne seraient pas débloqués lors du prochain fork », a-t-il déclaré à Coindesk.

En parlant de transactions ethereum

Le site web MEV Watch montre que la grande majorité des blocs ajoutés à la blockchain ethereum sont « OFAC compliant ».

L’OFAC est l’Office of Foreign Assets Control. Il s’agit d’une division du département du Trésor des États-Unis qui gère les sanctions financières imposées par l’oncle Sam.

Cet organisme a récemment fait les gros titres en sanctionnant les adresses associées à Tornado Cash. La police néerlandaise s’en est même faite le bras armé en arrêtant Alexsey Pertsev, le développeur de Tornado Cash, une application de privacy open source.

Le problème d’Ethereum est qu’un nœud coûte extrêmement cher (32 ETH). Si bien qu’il faut souvent que plusieurs personnes mettent leurs ETH en commun via des plateformes comme Lido, Coinbase, Kraken, Stakefish, Stakewise, etc.

Or ces grandes plateformes centralisées acceptent de censurer les adresses fournies par l’OFAC. Aujourd’hui, 74 % des blocs de transactions en ETH proviennent d’acteurs soumis aux diktats du Trésor Américain.

ethereum ofac
Source : mevwatch.info

Cela commence à faire beaucoup de tares pour se prétendre l’égal du bitcoin. Ethereum s’enfonce chaque jour un peu plus dans les compromis. Toutes ces flétrissures sont très inquiétantes.

Soulignons pour finir que la banque centrale de Norvège se base sur le code d’Ethereum pour sa CBDC. Plutôt que de collecter des IP, gageons qu’ils passeront bientôt directement aux identités numériques biométriques…

D’ailleurs, voici ce que l’on trouve en se baladant sur le site de Consensys :

« C’est toi Joseph Lubin ? »

Qui aurait pu croire que les développeurs de shitcoins finiraient par émarger du côté des banques centrales ? Les maximalistes ?

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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