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Les capitaux désertent les cryptos : Voici le nouveau pari des investisseurs

11h00 ▪ 7 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Le ralentissement du marché crypto ne traduit pas une raréfaction des capitaux. Il révèle leur redéploiement. Elles alimentent désormais un autre cycle d’investissement. Alors que le bitcoin peine à s’éloigner des 63 037 dollars, les géants de la Tech et de la finance concentrent leurs capitaux sur les infrastructures liées à l’intelligence artificielle et à l’énergie, au détriment des cryptos.

Un investisseur crypto réoriente ses capitaux.

En bref

  • Les capitaux abondent sur les marchés, mais délaissent le secteur crypto au profit des infrastructures de l’IA.
  • Chamath Palihapitiya délaisse les puces électroniques pour investir massivement dans le foncier et le raccordement électrique.
  • Des acteurs comme TeraWulf convertissent leurs hangars et leur électricité au service des géants de l’IA.
  • Les profits colossaux générés par l’énergie pourraient ultérieurement revenir irriguer le marché des cryptos.

L’argent du marché baissier s’oriente vers le foncier

En plein marasme sur les cours des cryptos, l’ancien dirigeant de Binance, Changpeng Zhao, a souligné l’abondance des capitaux disponibles hors du secteur des cryptos. Le fondateur de la première plateforme mondiale d’échange a déclaré sans détour sur les réseaux sociaux : « nous sommes peut-être en pleine période de marché baissier, mais il y a énormément de capitaux en quête d’opportunités d’investissement ».

Face à cette masse de liquidités en quête de rendement, le fondateur de Social Capital, Chamath Palihapitiya, a apporté une réponse claire quant à la destination optimale de ces fonds, affirmant qu’il fallait désormais ignorer les composants matériels d’IA au profit des terrains, de l’alimentation électrique et du bâtiment nu. Selon l’investisseur américain, ce triptyque infrastructurel représente le levier le plus efficace du marché moderne, résumé par sa formule : « le triptyque LPS (Terrain, Énergie, Structure nu) reste la voie la plus évidente et la plus rapide pour générer un retour sur fonds propres ».

L’analyse du marché explique rationnellement ce virage stratégique loin des semi-conducteurs et des jetons virtuels, qui s’appuie sur plusieurs facteurs déterminants :

  • L’impasse du modèle des startups spécialisées dans les puces : ayant cofondé la firme Groq en 2016, dont la technologie a fait l’objet d’un accord de licence non exclusif avec Nvidia en décembre 2025 pour une valeur estimée par Palihapitiya à 20 milliards de dollars, l’investisseur juge le secteur de plus en plus difficile d’accès pour les nouveaux entrants ;
  • Les obstacles industriels majeurs : les contraintes extrêmes liées aux cadences de fabrication, la précision chirurgicale exigée par les usines et les pénuries chroniques de mémoire RAM brident la rentabilité des composants matériels ;
  • Le déplacement de la rareté vers l’énergie : c’est désormais l’accès direct aux réseaux électriques et aux terrains exploitables qui constitue le véritable goulot d’étranglement de la révolution technologique ;
  • Une stratégie d’accumulation massive : c’est pourquoi Palihapitiya et sa partenaire Anita Vlallian ont accumulé près de 6 gigawatts de capacité énergétique livrables d’ici 2029, misant sur le fait que la possession directe de la source d’alimentation surpasse la simple course à la puissance de calcul.

La paralysie des Data Centers et le pivot des acteurs du mining de bitcoin

Cette ruée vers le foncier électrique s’explique par un blocage réglementaire et social sans précédent sur le sol américain. Selon les données publiées par Data Center Watch, plus de 75 projets de centres de données représentant environ 130 milliards de dollars d’investissements ont été stoppés ou retardés au cours du premier trimestre de cette année, un record historique. Les groupes d’opposition locaux ont vu leur présence doubler pour couvrir 49 États, tandis que les législateurs ont déposé plus de 300 projets de loi relatifs aux data centers en l’espace de six semaines, l’État du Maine ayant manqué d’une seule voix à la Chambre l’interdiction pure et simple de ces installations.

Dans ce contexte de saturation, les anciens acteurs du mining de bitcoin disposent d’un avantage compétitif décisif grâce à leurs infrastructures déjà raccordées au réseau. C’est le cas de la société TeraWulf, cotée au Nasdaq, qui a signé en juillet 2026 un bail de 20 ans estimé à 19 milliards de dollars avec le géant de l’IA Anthropic pour lui louer son site de 401 mégawatts situé à Hawesville, dans le Kentucky.

Cette transition massive des infrastructures de mining vers l’intelligence artificielle déclenche toutefois un débat technique intense au sein de la communauté financière. Réagissant à ces grandes manœuvres, le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a tenu à clarifier les conséquences directes pour le réseau Bitcoin en rappelant que « la puissance de hachage ou l’énergie consacrée au mining de bitcoin ne détermine pas son prix (la difficulté du réseau s’ajuste si des spécialistes du secteur se déconnectent afin de maintenir le même rythme de création des blocs) ».

De son côté, Jordi Visser de chez 22 V Research apporte une note de prudence et indique que l’ère du capital facile dans l’IA touche à sa fin, tablant désormais sur des rendements normalisés d’environ 30 % par an. De plus, la valorisation des baux à long terme comme celui de TeraWulf repose sur des projections de revenus futurs qui restent tributaires de la concrétisation des livraisons d’énergie, prévues pour s’échelonner entre la seconde moitié de 2027 et le début de l’année 2028.

Des répercussions sur l’écosystème crypto

À long terme, ce redéploiement des capitaux du marché baissier vers l’infrastructure lourde pourrait redéfinir l’équilibre économique global entre l’intelligence artificielle et la blockchain.

Si l’assèchement temporaire de la liquidité sur les marchés crypto au profit de l’énergie pénalise le cours à court terme du bitcoin, la reconversion partielle des sociétés de mining en bailleurs d’électricité hautement rentables leur permet de consolider leurs trésoreries face aux incertitudes du marché.

Toutefois, la pérennité de ce modèle reste subordonnée au maintien de la rareté foncière et à la capacité des acteurs à honorer leurs engagements contractuels d’ici 2028. La grande interrogation pour les trimestres à venir réside dans la possibilité de voir ces bénéfices colossaux réinjectés ultérieurement dans l’écosystème des cryptos, marquant ainsi le retour de la liquidité vers son marché d’origine une fois la tension sur les infrastructures d’IA stabilisée.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.