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Malgré les taxes de Trump, le déficit commercial américain atteint les 88,6 milliards de dollars

21h30 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
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Le déficit commercial des États-Unis a atteint 88,6 milliards de dollars en juillet, un sommet depuis mars 2025. En effet, l’écart a évolué de 24,4 % en trente jours en dépit des droits de douane instaurés par Donald Trump. Cette augmentation vient à la fois d’un rebond des importations et d’un repli des exportations. De plus, les investissements dans l’intelligence artificielle justifient une part importante du mouvement, car les sociétés américaines ont acquis davantage d’ordinateur, d’accessoires informatiques et de semi-conducteurs à l’étranger.

Donald Trump se tient au premier plan devant un gigantesque barrage industriel aux couleurs américaines. Il vient d’abaisser une énorme barrière censée retenir un torrent de conteneurs et de marchandises. Mais le flux devient tellement puissant qu’il déborde par-dessus la barrière. Trump se retourne vers le torrent, yeux écarquillés, une main encore sur le levier. Un gigantesque compteur mécanique affiche uniquement 88,6, ce qui symbolise le déficit commercial.

En bref

  • Le déficit commercial américain atteint 88,6 milliards de dollars en juillet.
  • Les importations bondissent, tandis que les exportations reculent.
  • Les investissements dans l’intelligence artificielle stimulent les achats de matériel informatique.
  • Les droits de douane de Donald Trump ne freinent pas encore le creusement du déficit.
  • Le commerce extérieur pourrait peser sur la croissance américaine au troisième trimestre.

Les importations font bondir le déficit de 17,4 milliards de dollars

Le déficit américain des biens et services est passé de 71,2 milliards de dollars en juin à 88,6 milliards en juillet. Il a donc connu une hausse de 17,4 milliards de dollars en un mois. Ce résultat demeure légèrement inférieur aux 90 milliards de dollars anticipés par les analystes.

Les importations ont augmenté de 2,8 %, à 399,3 milliards de dollars. Dans le même temps, les exportations ont baissé de 2,1 %, à 310,7 milliards. Cette progression porte le déficit à son niveau le plus élevé depuis plus d’une année.

Quelques données permettent de mesurer l’ampleur du déséquilibre :

  • Les importations de biens ont augmenté de 3,7 %, à 320,6 milliards de dollars ;
  • Les exportations de biens ont diminué de 3 %, à 201 milliards de dollars ;
  • Le déficit des seuls biens a bondi de 17,3 %, à 119,6 milliards de dollars ;
  • L’excédent des services a légèrement progressé pour atteindre 31 milliards de dollars.

Les services continuent donc de compenser une partie du déficit des marchandises. Toutefois, ils ne suffisent pas à neutraliser l’écart déclenché par la hausse des acquisitions de biens étrangers.

Les investissements dans l’IA gonflent les importations

Les biens d’équipements représentent la principale catégorie à l’origine de l’évolution des importations. Ainsi, leur montant a progressé de 14,4 milliards de dollars pour atteindre un record de 140,3 milliards de dollars, d’après les données on-chain.

Les acquisitions d’ordinateurs ont progressé de 6,9 milliards de dollars. Par ailleurs, les accessoires informatiques ont ajouté 6,6 milliards de dollars, alors que les importations de semi-conducteurs ont rebondi de 1,2 milliard de dollars. Cette demande reflète probablement les dépenses engagées par les sociétés américaines pour la construction de leurs infrastructures d’intelligence artificielle.

Le creusement du déficit ne vient donc pas exclusivement d’une augmentation de la consommation de produits étrangers. Une partie des importations équivaut à des investissements dédiés à la hausse des capacités de production et de calcul aux États-Unis. Ces dépenses amélioreraient la productivité à long terme, mais elles détériorent automatiquement la balance commerciale.

Les exportations d’énergie et d’or reculent

Le commerce extérieur américain souffre aussi d’une réduction des exportations. Ainsi, les cessions de fournitures et de matériaux industriels ont reculé de 8,7 milliards de dollars. Le pétrole brut et l’or non monétaire justifient l’essentiel de ce recul.

Néanmoins, les exportations de biens d’équipement ont progressé de 1,9 milliard de dollars. Celles de biens de consommation ont augmenté de 1,7 milliard de dollars grâce aux produits pharmaceutiques. De telles hausses n’ont pas compensé le recul des autres catégories.

Les échanges de services ont également diminué légèrement. Ainsi, leurs exportations ont reculé de 400 millions de dollars, à 109,7 milliards de dollars. Les importations ont subi un repli de 600 millions de dollars, à 78,7 milliards de dollars.

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Les droits de douane ne garantissent pas une baisse rapide du déficit

Donald Trump a instauré des droits de douane élevés en vue de diminuer les importations et de soutenir la production américaine. Les États-Unis ont toutefois enregistré en juillet dernier des déficits de biens records avec le Mexique, le Vietnam, Taïwan, la Thaïlande, la Corée du Sud et la Malaisie.

Ce résultat ne suffit pas à conclure définitivement à l’échec de la stratégie commerciale. Les sociétés accélèrent leurs commandes avant l’application de nouveaux tarifs, changer leurs fournisseurs ou continuer d’importer des produits difficiles à fabriquer aux États-Unis. Une demande intérieure importante peut également maintenir les acquisitions étrangères malgré l’augmentation des prix.

En définitive, le déficit commercial corrigé de l’inflation a évolué de 12,7 %, à 106,4 milliards de dollars. Cette progression pèserait sur la croissance américaine au troisième trimestre. Le commerce extérieur avait déjà pris 1,14 point à la croissance au trimestre précédent, tandis que le PIB avait augmenté de 1,5 % en rythme annualisé. Les statistiques d’août pourront permettre de savoir si le bond de juillet représente un mouvement temporaire ou une nouvelle tendance.

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Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.