OpenAI réduit sa levée de fonds de 10 milliards $ face aux doutes sur l’IA
OpenAI aurait réduit de 10 milliards de dollars son objectif de levée de fonds. L’entreprise derrière ChatGPT chercherait désormais 20 milliards de dollars, contre 30 milliards initialement. Sa valorisation visée recule également de 1 400 à 1 250 milliards de dollars. Une révision qui intervient alors que les investisseurs deviennent plus prudents face aux dépenses colossales dans l’IA.

En bref
- OpenAI ramène son objectif de financement de 30 à 20 milliards de dollars, selon le Financial Times.
- Sa valorisation visée baisse de 150 milliards de dollars.
- La chute des actions technologiques et la concurrence d’Anthropic compliquent la levée de fonds.
OpenAI réduit de 10 milliards $ ses ambitions dans l’IA
Le changement est important. Fin septembre, OpenAI cherchait encore à obtenir 30 milliards de dollars auprès d’investisseurs, avec une valorisation proche de 1 400 milliards. Cointribune avait alors rapporté les ambitions financières d’OpenAI, quelques mois après une précédente levée de 122 milliards de dollars conclue en mars.
Un mois plus tard, les conditions ont changé. D’après le Financial Times, qui cite plusieurs personnes proches des discussions, OpenAI vise désormais environ 20 milliards de dollars. L’objectif initial a donc été réduit d’un tiers.
La valorisation proposée aux investisseurs passe parallèlement à 1 250 milliards de dollars. C’est 150 milliards de moins que le montant envisagé en septembre, soit une baisse d’environ 10,7 %. Les investisseurs devaient communiquer leurs engagements avant le vendredi 30 octobre. Toutefois, cette première clôture financière pourrait rapporter moins que les 20 milliards recherchés.
Certains participants auraient réduit les montants qu’ils prévoyaient d’investir. OpenAI n’a pas officiellement confirmé ces nouveaux objectifs. Sollicitée par les médias, l’entreprise n’a pas fourni de commentaire détaillé sur les informations rapportées.
Cette révision intervient après plusieurs mois de croissance rapide des revenus d’OpenAI. L’entreprise reste l’un des principaux développeurs de modèles d’intelligence artificielle, mais elle doit financer des besoins informatiques particulièrement élevés.
Wall Street commence à douter des dépenses dans l’IA
Le 30 octobre, le Nasdaq 100 a perdu 3,5 %. L’indice américain, fortement exposé aux entreprises technologiques, avait brièvement reculé d’environ 10 % par rapport à son record du 6 octobre. Les fabricants de semi-conducteurs et plusieurs entreprises liées aux infrastructures d’IA ont également subi des ventes importantes.
Les investisseurs s’interrogent notamment sur la rentabilité des centaines de milliards de dollars consacrés aux centres de données, aux puces et à l’électricité nécessaire pour faire fonctionner les modèles.
Ce débat n’est pas nouveau. Le 22 octobre, le milliardaire Ken Griffin avait déjà alerté sur les risques d’une bulle financière liée à l’IA. Le fondateur de Citadel estime que les investissements dans les capacités de calcul pourraient dépasser les besoins réels de certaines entreprises.
Chez OpenAI, les dépenses prévues restent considérables. D’après des projections internes, l’entreprise envisageait près de 856 milliards de dollars de dépenses informatiques et d’infrastructures cumulées d’ici 2030.
Ses prévisions faisaient également apparaître environ 278 milliards de dollars de flux de trésorerie disponibles négatifs cumulés sur la période 2026-2030. Ces chiffres sont des projections, pas des pertes déjà réalisées. OpenAI prévoit une forte progression de ses revenus grâce aux abonnements ChatGPT, aux services destinés aux entreprises et à l’utilisation de ses modèles par les développeurs. Mais les investisseurs regardent désormais de plus près le rapport entre la croissance attendue et les capitaux nécessaires pour la financer.
Anthropic complique encore le financement d’OpenAI
OpenAI doit aussi composer avec un concurrent particulièrement actif. Anthropic, l’entreprise derrière Claude, prépare une introduction en Bourse qui pourrait intervenir dès novembre 2026. Sa valorisation pourrait atteindre au moins 1 500 milliards de dollars. Le montant reste indicatif et dépendra des conditions de marché. Les deux entreprises sollicitent en partie les mêmes grands investisseurs.
OpenAI chercherait à finaliser sa levée de fonds avant l’arrivée d’Anthropic sur les marchés. Sa propre introduction en Bourse reste envisagée pour 2027, sans calendrier définitivement confirmé. Cointribune avait déjà examiné les projets boursiers d’OpenAI et d’Anthropic, ainsi que les possibilités d’exposition à leurs valorisations avant leur cotation.
Malgré la réduction de son objectif, OpenAI disposerait toujours de plusieurs soutiens importants. Un consortium d’investisseurs des Émirats arabes unis, comprenant le fonds MGX, pourrait devenir le principal participant de cette opération. L’accord envisagé donnerait également à OpenAI la possibilité de louer de nouvelles capacités informatiques dans la région.
Founders Fund, Coatue, Sequoia Capital, Andreessen Horowitz et SoftBank figurent parmi les autres investisseurs pressentis. Une seconde phase pourrait ensuite permettre à de grandes fortunes privées de participer au financement.
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Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
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