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Solana domine Ethereum sur les frais, mais ETH garde la tête sur le burn

8h00 ▪ 8 min de lecture ▪ par Mikaia A.
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1,1 million de dollars de frais en 24 heures pour Solana, contre 649 423 dollars pour Ethereum. Sur 30 jours, même scénario : 23,58 millions contre 12,04 millions. Sur le papier, Solana prend donc une longueur d’avance. Puis le burn vient brouiller les cartes. Ethereum a détruit 2,80 millions de dollars de tokens sur la période, contre 2,66 millions pour son rival. Les frais racontent une histoire. Le burn en raconte une autre.

Solana et Ethereum personnifiés courent côte à côte, entourés de pièces, flammes, graphiques, immeubles et pistes lumineuses.

En bref

  • Solana domine les frais : 23,58 M$ générés sur 30 jours, presque deux fois plus qu’Ethereum.
  • Le burn change la donne : Ethereum brûle 2,80 M$, légèrement devant les 2,66 M$ de Solana.
  • Deux économies opposées : Solana mise sur l’activité, Ethereum conserve une profondeur massive en capitaux.
  • Samani parie sur SOL : le cofondateur de Multicoin voit Solana dépasser Ethereum en capitalisation durant ce cycle.
  • Le vrai test reste ouvert : adoption, capitaux et valeur captée diront si l’activité se transforme en gains durables.

Solana fait tourner la machine, mais où va l’argent ?

Solana n’a plus grand-chose de l’outsider d’il y a quelques années. Les chiffres de septembre racontent un réseau qui tourne à plein régime : 3,04 millions d’adresses actives et 113,95 millions de transactions sur la période étudiée. Côté exchanges décentralisés, le volume sur sept jours atteint 16,61 milliards de dollars, contre 9,03 milliards pour Ethereum.

Ce sont des volumes considérables, mais ils ne permettent pas encore de savoir qui profite réellement de cette activité.

Sur trente jours, les utilisateurs ont généré 23,58 millions de dollars de frais sur Solana. Pourtant, seulement 2,66 millions ont été comptabilisés comme burn. Pourquoi un tel écart ?

Le détail se trouve dans la tuyauterie. Le frais de base est de 5 000 lamports par signature. La moitié est brûlée. L’autre moitié revient au validateur. Et lorsque les utilisateurs paient davantage pour passer devant les autres, les priority fees vont eux aussi au validateur. C’est une différence importante. Un réseau peut connaître un gros coup de pression sans voir son burn suivre au même rythme.

Les applications participent aussi à cette frénésie : 7,7 millions de dollars de revenus en 24 heures dans le snapshot étudié. La blockchain fait beaucoup de bruit. La question est maintenant de savoir ce que ce bruit rapporte réellement au token.

Ethereum ne court pas : il accumule

Pendant ce temps, les capitaux restent massivement concentrés sur Ethereum. La DeFi y représente 51,53 milliards de dollars de TVL, contre 6,13 milliards sur Solana. Pour les stablecoins, l’écart est encore plus large : 146,94 milliards contre 15,40 milliards.

Même constat avec les actifs du monde réel tokenisés. On trouve 13,50 milliards de dollars sur Ethereum, contre 1,58 milliard sur Solana.

Ce sont des marchés très différents de celui des simples transactions. Une partie de ces capitaux sert de liquidité. Une autre sert de collatéral. Certains sont immobilisés dans des protocoles pendant des semaines ou des mois. Voilà pourquoi le niveau des frais ne suffit pas à mesurer la place prise par un réseau.

Le burn ajoute une couche supplémentaire. Sur 30 jours, le burn affiché atteint 2,80 millions de dollars, légèrement devant les 2,66 millions de Solana.

Ethereum détruit ses frais de base d’exécution ainsi que ceux liés aux blobs, tandis que les tips de priorité reviennent aux validateurs.

Attention toutefois au raccourci classique : brûler des tokens ne signifie pas rémunérer directement les détenteurs. Les tokens concernés sont simplement retirés de la circulation. Ils ne sont pas distribués aux personnes qui détiennent de l’ETH.

Le staking complique encore la photo. Le revenu d’un validateur dépend de plusieurs paramètres, notamment sa commission, ses performances et le montant qui lui est délégué.

Les frais donnent un indice, pas le verdict

Dans le snapshot du 22 septembre, Ethereum affiche une capitalisation d’environ 335 milliards de dollars, contre 69 milliards pour Solana.

Et pourtant, le réseau plus petit génère presque deux fois plus de frais sur 30 jours.

Ce décalage mérite qu’on s’y arrête. Solana fait payer davantage ses utilisateurs alors que son token pèse beaucoup moins lourd sur le marché. Cela peut donner l’impression que quelque chose ne colle pas. Mais les frais ne sont qu’une partie du calcul.

L’argent généré par une transaction peut rémunérer un validateur. Il peut être distribué à des stakers. Il peut être brûlé. Il peut aussi rester dans l’économie d’une application.

Une blockchain peut être extrêmement active sans capter toute la valeur créée par cette activité.

Même chose pour les adresses actives. Les 3,04 millions recensées sur Solana ne représentent pas nécessairement 3,04 millions de personnes assises derrière leur écran. Un utilisateur peut posséder plusieurs wallets. Des bots peuvent également multiplier les transactions.

C’est là que la comparaison devient moins spectaculaire, mais plus intéressante. Solana a énormément d’activité. Ethereum conserve énormément de capital. Pour départager les deux modèles, il faut regarder ce qui se passe après le paiement : émission, burn, staking, revenus des validateurs et demande pour le token.

Samani mise sur le flip, mais le terrain n’est pas vide

Kyle Samani, cofondateur de Multicoin Capital, ne voit pas simplement Solana comme un réseau qui rattrape son retard. Il pense que SOL peut dépasser Ethereum en capitalisation pendant ce cycle.

Les chiffres donnent une idée de l’ampleur du pari. Dans les données qu’il cite, Solana vaut environ 58 milliards de dollars contre 293 milliards pour ETH. Il faudrait donc presque cinq fois plus de capitalisation à SOL pour passer devant.

Samani s’appuie notamment sur l’activité actuelle. Solana génère davantage de frais sur les fenêtres de sept et trente jours, affiche plus de transactions et domine le volume DEX de la période étudiée. Il estime aussi que certaines entreprises crypto pourraient choisir cette infrastructure plutôt qu’une autre pour leurs nouveaux produits.

Mais son parcours mérite d’être gardé en tête. Il est entré dans la crypto par Ethereum en 2016 et Multicoin a ensuite participé très tôt au financement de Solana. Son regard sur le sujet vient donc aussi d’une histoire personnelle avec ces deux écosystèmes.

Cela ne rend pas sa thèse fausse. Mais cela permet de la replacer dans son contexte.

Et le contexte actuel reste partagé. Ethereum garde une avance énorme sur les stablecoins, la DeFi et les actifs du monde réel. Solana, elle, doit encore montrer que ses volumes et ses frais peuvent se transformer en demande durable pour son token.

Chiffres clés

  • 2 674 dollars : prix de l’ETH au moment de la rédaction.
  • 23,58 M$ : frais générés par Solana sur 30 jours.
  • 12,04 M$ : frais enregistrés par Ethereum sur la même période.
  • 2,80 M$ contre 2,66 M$ : burn rapporté pour Ethereum et Solana.
  • 335 Md$ contre 69 Md$ : capitalisations affichées dans le snapshot du 22 septembre.

L’adoption massive défendue par Michael Saylor ajoute une autre dimension au débat. Son idée est simple : le marché crypto finira par dépasser les seuls débats réglementaires si les usages continuent de s’étendre. C’est peut-être là que se jouera la suite. Solana attire une activité spectaculaire. Ethereum conserve une masse de capitaux considérable. Si l’adoption accélère, les frais et le burn ne suffiront plus à eux seuls : il faudra voir lequel des deux réseaux transforme vraiment ses utilisateurs en valeur durable.

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Mikaia A.

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

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