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SWIFT prêt à noyauter les CBDC

sam 30 Mar 2024 ▪ 6 min de lecture ▪ par Nicolas T.
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La société SWIFT a développé un système de paiement international pour les CBDC. Il sera opérationnel d’ici un à deux ans. Et le Bitcoin ?…

Bitcoin vs SWIFT

SWIFT mise sur les CBDC

La Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication vient d’achever son système de transferts transfrontaliers pour monnaies numériques de banques centrales (CBDC).

SWIFT est un réseau de paiement global qui traite environ 20 millions de transferts internationaux par jour. Basée en Belgique, il s’agit d’une coopérative privée où la répartition des droits de vote dépend du nombre de transactions réalisées.

Malheureusement, et contrairement au bitcoin, il est devenu un mécanisme de domination occidental servant à forcer des changements de régime par l’étranglement de leurs économies.

La décision de déconnecter la Russie du réseau SWIFT en février 2022 en est la dernière démonstration. Les historiens qui voudront faire la chronologie du déclin du dollar en tant que monnaie de réserve internationale n’oublieront pas cette date.

Le réseau SWIFT n’est plus considéré comme un réseau fiable par nombre de nations en butte à l’impérialisme occidental. D’où l’émergence de réseaux concurrents comme le CIPS chinois dont les volumes de transactions représentent déjà le dixième de ceux du réseau SWIFT.

Sans compter le SPFS russe ou encore l’Asian Clearing Union (ACU) chapeautée par l’Iran.

« La dédollarisation n’est plus un choix volontaire de certains pays, c’est une réponse inévitable à la militarisation du dollar », a déclaré le premier vice-président iranien Mohammad Mokhber l’été dernier.

Dit autrement, il n’est pas certain que les pays émergents s’en remettent de nouveau au réseau SWIFT pour noyauter les paiements internationaux en CBDC. Le club des BRICS offrant refuge aux producteurs de pétrole saoudiens, émiriens et iraniens est à ce propos très révélateur.

Autre signe qui ne trompe pas, la récente réduction drastique de la part du dollar dans ses réserves de change saoudiennes. Les déclarations du président Xi à Riyad en 2021 ne sont pas non plus passées inaperçues.

Tout changer pour que rien ne change

Nick Kerigan, responsable de l’innovation chez SWIFT, a déclaré cette semaine avoir terminé les essais ayant impliqué 38 entités comprenant des banques centrales, des banques commerciales et des chambres de compensation.

Le but est que les CBDC de différents pays puissent s’échanger entre elles, quelles que soient les technologies sur lesquelles elles reposent.

Aujourd’hui, 90 % des banques centrales travaillent sur leur propre CBDC. La Chine est bien avancée avec des essais en conditions réelles. La Banque centrale européenne travaille pour sa part sur le « Digital Euro ».

Par ailleurs, la Banque des règlements internationaux est également à la manœuvre avec son propre système : mBridge. SWIFT à toutefois l’avantage d’une infrastructure déjà existante reliant plus de 11 500 banques dans plus de 200 pays.

Enfin, n’oublions pas le FMI qui travaille sur un système similaire. C’est ce qu’a révélé la présidente du FMI Kristalina Georgieva l’été dernier :

« Les CDBC ne devraient pas être des propositions nationales fragmentées […] Nous avons besoin de systèmes qui relient les pays : nous avons besoin d’interopérabilité. »

À la question de savoir qui régulera cette plateforme, un représentant du FMI avait répondu :

« Les banques centrales restent en contrôle de leurs réserves. […] Ce n’est pas comme s’il y avait des contrôles stricts sur la façon dont ces réserves peuvent être utilisées. Les pays peuvent spécifier comment leurs monnaies sont utilisées. Le FMI peut jouer un rôle dans la gouvernance […], mais il n’est pas une banque. Le système aura besoin d’une autre entité comme la Banque des règlements internationaux ou une autre entité qui gère déjà les paiements internationaux [SWIFT]. »

Et le Bitcoin ?

La question des rails des paiements internationaux est une chose. La question de la monnaie de réserve en est une autre.

La banque centrale chinoise a notamment proposé dès 2009 que l’on remplace le dollar (en tant que monnaie de réserve internationale) par les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI.

Pour le gouverneur Zhou Xiaochuan, il était nécessaire de créer une nouvelle monnaie de réserve « non dépendante de certaines nations et capable de rester stable à long terme, éliminant ainsi les déficiences inhérentes aux monnaies nationales basées sur le crédit ».

[Les DTS furent introduits en 1969 pour soutenir le régime de taux de change fixes de Bretton Woods. Ils tombèrent immédiatement en désuétude en raison de la fin du Gold Standard de 1971.]

M. Zhou avait souligné à cette occasion avoir une dette envers John Maynard Keynes. C’est en effet l’économiste anglais qui avait fait une suggestion similaire dans les années 1940 avec le fameux « Bancor ».

En somme, la Chine est fatiguée du « privilège exorbitant » dont jouissent les États-Unis. C’est-à-dire le fait qu’ils puissent afficher une balance commerciale chroniquement déficitaire sans que cela impacte la valeur du dollar.

Le monde réclame une monnaie de réserve apatride, non censurable, non inflationniste et venant avec son propre système de paiement. Cela ne vous rappelle rien ? Le Bitcoin est la première monnaie existant en quantité absolument finie et circulant au sein d’un réseau global non censurable. Deux-en-un !

Les efforts du FMI, de la banque des règlements internationaux et de SWIFT pour faire mieux sont futiles. Aucune entité centralisée ne peut créer un système monétaire résistant à la censure. Sans parler de la tentation d’imprimer toujours plus…

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Nicolas T.

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