Trump joue une carte inattendue après la mort d’un sénateur pour sauver le CLARITY Act
Trump a posté lundi sur Truth Social un appel au Sénat pour voter le CLARITY Act « en hommage » à Lindsey Graham, sénateur décédé samedi à l’âge de 71 ans. Un appel qui intervient alors que la majorité républicaine, fragilisée, ne dispose plus des 60 voix nécessaires pour faire adopter la réforme crypto. Cette stratégie suffira-t-elle à rallier les démocrates ?

En bref
- Donald Trump a appelé le Sénat à voter le Digital Asset Market Clarity Act le lundi 13 juillet, au lendemain de la mort du sénateur Lindsey Graham, décédé à 71 ans.
- La majorité républicaine tombe à 51 sièges contre 47 après le décès de Graham et l’hospitalisation de Mitch McConnell, rendant nécessaire le soutien d’au moins neuf démocrates pour atteindre les 60 voix requises.
- Cinq sénateurs démocrates ont réclamé un audit de la déclaration de patrimoine de Trump pour 2025, dans laquelle il déclare 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux crypto.
L’hommage contesté, Graham, vrai partisan du CLARITY Act ?
La mort de Lindsey Graham, combinée à l’hospitalisation de Mitch McConnell, fragilise la majorité républicaine au Sénat, désormais réduite à 51 sièges contre 47. Dans ces conditions, les républicains devront convaincre au moins neuf sénateurs démocrates pour atteindre le seuil des 60 voix nécessaire à l’adoption du CLARITY Act.
C’est dans ce contexte que Donald Trump a appelé les sénateurs à voter le texte « en hommage » à Lindsey Graham, qu’il présente sur Truth Social comme « un fervent partisan » du CLARITY Act.
Or, les éléments disponibles ne corroborent pas cette affirmation. Élu de Caroline du Sud depuis 2003, Graham ne siégeait ni à la commission bancaire ni à la commission de l’agriculture lors de cette législature, les deux commissions chargées d’examiner le projet de loi. Il n’a par ailleurs participé à aucun vote portant sur le CLARITY Act et n’a jamais exprimé publiquement son soutien à ce texte.
Son seul engagement officiel en faveur d’une législation liée aux cryptomonnaies remonte à 2025, lorsqu’il avait voté en faveur du GENIUS Act consacré aux stablecoins. Aucune déclaration publique ne permet toutefois d’établir qu’il soutenait également le CLARITY Act.
La sénatrice républicaine Cynthia Lummis a néanmoins appuyé les propos de Donald Trump sur X, affirmant que Lindsey Graham était « passionné par l’idée de garantir que le leadership américain reste à l’avant-garde dans tous les domaines, y compris celui des actifs numériques ». Le bureau de Lummis n’avait pas répondu aux demandes de précisions de Cointelegraph au moment de la rédaction.
Avant le 7 août, huit jours législatifs pour agir
Le Sénat dispose de huit jours législatifs avant la suspension estivale du 7 août. La version fusionnée du CLARITY Act devrait paraître dès la semaine du 13 juillet, avant un vote ciblé le 20 juillet.
Les chefs de file républicains, Tim Scott à la commission bancaire et John Thune en tête de la majorité, coordonnent néanmoins leurs efforts pour tenir ce calendrier.
Nous ne pouvons plus nous permettre de retarder les choses.
Patrick Witt, conseiller crypto de la Maison-Blanche
Plus de 200 entreprises du secteur crypto, dont Coinbase et Ripple, avaient déjà réclamé début juillet un vote rapide avant la pause estivale. Selon Galaxy Research, les chances d’un cadre réglementaire fédéral sur les crypto d’ici fin 2026 sont pourtant tombées à 50-50. La Maison-Blanche, de son côté, n’a ni validé la version fusionnée ni participé aux dernières négociations.
Conflits d’intérêts, les démocrates posent leurs conditions
Les démocrates conditionnent leur soutien à une disposition éthique : interdire aux hauts responsables gouvernementaux, y compris le président, d’entretenir des liens d’affaires avec le secteur crypto. Deux sénateurs pourtant favorables au texte en commission bancaire menacent de retirer leur appui tant que ce volet reste flou.
Trump déclarait environ 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux crypto dans sa déclaration de patrimoine 2025. La semaine dernière, cinq sénateurs démocrates ont réclamé un audit de ce document, estimant que ces chiffres « renforcent les inquiétudes » quant aux pressions exercées sur le Congrès pour adopter une législation qui profite précisément au secteur dont il tire profit.
Le transfert prévu des pouvoirs de surveillance des actifs numériques de la SEC vers la CFTC reste au cœur du texte. Mais les tensions internes au camp républicain compliquent également son passage à la Chambre des représentants, étape indispensable après un éventuel vote au Sénat.
Pour l’industrie crypto, la fenêtre du 13 juillet au 7 août représente la dernière chance réelle d’obtenir une réglementation des actifs numériques aux États-Unis avant les élections de mi-mandat. La majorité républicaine ne compte désormais que 51 sièges, rendant tout vote impossible sans les démocrates. Ces derniers attendent des garanties éthiques que la Maison-Blanche tarde à offrir. Le mois de juillet sera décisif.
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