la crypto pour tous
Rejoindre
A
A

Washington veut saisir un milliard de dollars en cryptos lié à l’Iran

9h00 ▪ 6 min de lecture ▪ par Luc Jose A.
S'informer ▪ Géopolitique
Résumer cet article avec :

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, affirme que les États-Unis pourraient saisir cette semaine un milliard de dollars de cryptos liées à l’Iran. Aucun portefeuille ni détenteur n’a toutefois été identifié publiquement, et le gouvernement n’a pas précisé si ce montant s’ajoute aux saisies annoncées depuis avril.

Au premier plan, des agents fédéraux américains prennent le contrôle d’un immense coffre contenant des bitcoins et d’autres crypto. Le chiffre 1 000 000 000 souligne l’ampleur exceptionnelle des fonds visés. À l’arrière-plan, le Capitole et le drapeau américain symbolisent l’autorité de Washington, tandis que le drapeau iranien et les conteneurs maritimes évoquent les liens financiers internationaux au cœur de l’affaire. Le personnage iranien, représenté dans l’ombre, incarne la tension géopolitique entre les deux pays, sans identifier une personne précise.

En bref

  • Les États-Unis pourraient saisir un milliard de dollars en cryptos liées à l’Iran, selon Scott Bessent.
  • Washington affirme avoir localisé les fonds, sans révéler les portefeuilles concernés ni confirmer leur saisie.
  • Le montant annoncé reste incertain, notamment par rapport aux précédentes opérations américaines.
  • Le gel des cryptos ne signifie pas leur confiscation, qui nécessite une procédure juridique distincte.
  • Les plateformes crypto iraniennes subissent une pression croissante, dans le cadre des sanctions américaines contre Téhéran.

Washington dit avoir localisé les cryptos iraniennes

Scott Bessent a présenté l’opération lors du Newsmax Policy Summit, organisé jeudi à Washington. Selon lui, elle s’inscrit dans une campagne destinée à couper les sources de financement du pouvoir iranien.

Le secrétaire au Trésor a déclaré :

Nous allons probablement saisir un milliard de dollars de cryptos cette semaine.

« Nous savons où elles se trouvent et nous les isolons », a-t-il ajouté, sans fournir d’adresses blockchain ni préciser la nature des actifs.

Les informations disponibles laissent plusieurs questions ouvertes :

  • Le montant annoncé atteint environ un milliard de dollars ;
  • Les portefeuilles visés n’ont pas été communiqués ;
  • Le rôle éventuel d’exchanges ou d’émetteurs de stablecoins reste inconnu ;
  • Aucune saisie de ce nouveau montant n’a encore été confirmée officiellement ;
  • Scott Bessent n’a pas indiqué si la somme s’ajoute aux opérations précédentes ;
  • Les actifs pourraient être gelés avant une procédure judiciaire de confiscation.

Le responsable américain décrit une campagne d’isolement absolu qui dépasse les cryptos. Elle comprend aussi des restrictions commerciales, financières, aériennes et maritimes imposées dans le contexte du conflit avec l’Iran.

Une saisie diffère d’un gel sous sanctions

Une sanction de l’Office of Foreign Assets Control ne transfère pas automatiquement la propriété d’un actif au gouvernement américain. Elle impose généralement le blocage des fonds sous juridiction américaine et interdit aux personnes ou entreprises américaines de les mettre à disposition de l’entité visée.

Un émetteur de stablecoin peut également placer certains tokens sur une liste noire. Les actifs restent alors visibles sur leur adresse, mais leur détenteur ne peut plus les transférer. Ce gel technique ne constitue pas nécessairement une confiscation définitive au profit de l’État.

La saisie suppose que les autorités prennent le contrôle des actifs en vertu d’un mandat ou d’une autre autorisation judiciaire. La confiscation définitive intervient normalement après une procédure au cours de laquelle le gouvernement doit établir le lien entre les fonds et une infraction.

Cette distinction compte pour le milliard évoqué par Scott Bessent. Son propos annonce une opération probable, mais ne permet pas encore de savoir si les fonds sont déjà bloqués, placés sous contrôle américain ou seulement localisés.

Les chiffres précédents restent difficiles à rapprocher

En avril, Scott Bessent avait annoncé la saisie de près de 500 millions de dollars en cryptos liées à l’Iran. Un mois plus tard, il avait porté cette estimation à environ un milliard de dollars, affirmant que les autorités avaient « directement pris le contrôle des portefeuilles ».

Les documents publics n’ont pas établi une liste complète permettant de rapprocher ces déclarations des actifs effectivement saisis. Le nouveau milliard pourrait donc représenter une somme supplémentaire, une nouvelle étape visant les mêmes fonds ou une estimation actualisée.

Tether a indiqué avoir gelé environ 550 millions de dollars en USDT en 2026 dans le cadre des sanctions américaines contre l’Iran. Ce total inclut près de 344 millions de dollars bloqués en avril. Les fonds gelés par l’émetteur ne doivent cependant pas être automatiquement comptabilisés comme des actifs confisqués par Washington.

En juillet, des sanctions américaines ont entraîné le gel d’environ 130 millions de dollars supplémentaires. Des analystes on-chain ont relié cette mesure à quatre adresses Tron qui détenaient près de 131 millions de dollars en USDT.

Les exchanges iraniens au centre de la pression américaine

Le Trésor américain a sanctionné sept plateformes crypto iraniennes depuis juin. Nobitex, Wallex, Bitpin et Ramzinex ont été ciblées en premier, avant Shelbit et Aban Tether en août, puis BitBank en septembre.

Washington accuse ces entreprises d’avoir facilité le contournement des sanctions ou le financement des Gardiens de la révolution. BitBank aurait notamment transféré plusieurs centaines de millions de dollars en bitcoins vers cette organisation entre juin et juillet. Ces affirmations proviennent des autorités américaines et ne constituent pas toutes des décisions judiciaires définitives.

Une procédure distincte montre le parcours juridique nécessaire. En septembre, le ministère de la Justice a demandé la confiscation civile de 61 millions de dollars en cryptos provenant, selon sa plainte, de ventes clandestines de pétrole iranien. Le réseau concerné aurait traité plus de 1,5 milliard de dollars.

Le ministère rappelle lui-même qu’une plainte en confiscation ne constitue qu’une allégation tant qu’un tribunal n’a pas statué. Cette prudence s’applique aussi à la nouvelle annonce : Washington affirme avoir localisé les fonds, mais la saisie du milliard reste à confirmer par des actes officiels identifiables.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.



Rejoindre le programme
A
A
Luc Jose A. avatar
Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d'une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j'ai rejoint l'aventure Cointribune en 2019. Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l'économie, j'ai pris l'engagement de sensibiliser et d'informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu'elle offre. Je m'efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l'actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.